Jeudi soir, deux catholiques à la fibre populaire ont rivalisé pour être vice-président des États-Unis.L’unique débat entre les candidats à la vice-présidence américaine, le sortant démocrate Joe Biden et le républicain Paul Ryan, oppose deux hommes très différents et devrait donner le ton du deuxième débat entre Barack Obama et Mitt Romney la semaine prochaine. Deux hommes, deux partis, deux styles et surtout une expérience politique contrastée entre les deux débatteurs, c’est ce qu’attendent de voir des millions de téléspectateurs jeudi, lors du débat dans le Kentucky.

SAUL LOEB / AFP »>Article original
A 69 ans, Joe Biden est un habitué des débats et un « très bon orateur », selon Reince Preibus, un des dirigeants du Parti républicain.
Pour Paul Ryan, 42 ans, ce sera l’épreuve du feu sur la scène nationale. Il n’a plus participé à un débat de campagne depuis sa première élection à la Chambre des représentants en 1999. Héros des conservateurs, il doit présenter une stature d’homme d’Etat mais pourrait être trop à droite pour beaucoup d’Américains, notamment sur sa volonté de réduire les coûts liés à la santé et d’interdire totalement l’avortement.

Les débats de vice-présidents n’ont jamais été un événement majeur dans l’histoire politique américaine mais les enjeux sont importants dans cette course serrée entre les deux candidats, à moins d’un mois de l’élection du 6 novembre prochain.
De plus en plus dangereux
Si Biden sortait grand gagnant du débat, cela pourrait aider Obama à rattraper sa mauvaise performance lors du premier duel présidentiel à Denver la semaine dernière.
Si au contraire Ryan repartait vainqueur, cela pourrait confirmer l’image de Romney, relancé par son propre débat, en tant qu’adversaire de plus en plus dangereux pour Obama.

En 2008, le face à face entre Joe Biden et la conservatrice haute en couleur Sarah Palin avait réuni plus de 70 millions de téléspectateurs, soit plus que les rencontres Obama-John McCain. Biden n’avait pas osé s’attaquer à une femme, et ce ne sera pas le cas avec Ryan. « Nous nous attendons à ce que le vice-président se lâche contre moi », a déclaré Paul Ryan cette semaine.
Le colistier de Romney devra surmonter son manque de connaissances en politique étrangère, mais il pourra se rattraper sur sa connaissance du budget. « Paul Ryan est un type de Washington intelligent et passionné de politique. Il connaît le budget mieux que personne », assure Jennifer Granholm, qui avait préparé Sarah Palin lors du débat de 2008.
Mais Joe Biden ne manquera pas d’interroger le jeune élu sur les propositions de Romney concernant les impôts, les dépenses et la politique de santé. Pour les démocrates, le budget proposé par les républicains prévoit de vastes coupes budgétaires inacceptables pour beaucoup d’électeurs.
« Il aura le choix entre admettre les conséquences négatives du budget et des prévisions d’impôts qu’il a élaborés avec Romney, et continuer à nier l’évidence comme l’a fait Mitt Romney la dernière fois », a analysé Chris Van Hollen, un démocrate qui siège à la commission budgétaire de la Chambre des représentants avec Ryan.
Distances
Surtout, le candidat républicain à la vice-présidence devra se poser en défenseur de Mitt Romney plutôt que de ses propres convictions, sur l’avortement et les réductions de dépenses notamment. Romney a récemment pris des distances avec certaines positions controversées de son colistier.

Joe Biden, gaffeur patenté, est attendu sur son franc-parler et sa tendance à mettre les pieds dans le plat. Il a déclaré la semaine dernière que la classe moyenne avait été « enterrée » durant les quatre dernières années, une remarque interprétée par les républicains comme une attaque contre Obama bien qu’il ait essayé de corriger le tir aussitôt après.
Mais pour les démocrates, ce franc-parler est un gage d’authenticité, une qualité très appréciée des électeurs. « Si vous cherchez quelqu’un qui comprend la classe moyenne américaine et la famille américaine, Joe Biden est la meilleure personne que vous puissiez trouver », assure Chris Coons, qui a succédé à Biden au siège qu’il a occupé durant des décennies au Sénat.
Très au point sur les questions internationales, Biden a également l’oreille d’Obama. Il est l’une des rares personnes que le président consulte pour les décisions importantes. « Joe doit juste être Joe », a dit Obama sur la chaîne ABC News mercredi soir.
« Tous les débats sont difficiles », a confié Joe Biden à des journalistes dans l’Iowa au lendemain du débat présidentiel de Denver. « Vous pouvez être assis là et vous dire j’aurais fait ça ou ça. Mais vous ne savez pas ce que c’est d’être devant 30, 40, 50, 60, 70 millions de personnes », a-t-il souligné.
Vision très différente
Biden dit avoir révisé les positions de Ryan, étudié des vidéos de ses discours et participé à des faux débats pour s’entraîner. « Nous avons une vision très différente sur un grand nombre de sujets », a-t-il rappelé.
Après la terne prestation de Barack Obama à Denver, son vice-président devra jouer la carte de l’agressivité et se montrer accessible.
« Biden a deux choses à faire lors de ce débat: premièrement, critiquer de façon claire et nette le programme de Ryan, deuxièmement, être bref. Il a très bien fait ça lors du débat de 2008 », estime Matt Bennett, un stratège du Parti démocrate qui a conseillé le vice-président Al Gore.
(afp/Newsnet)
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Jeudi soir, deux catholiques à la fibre populaire ont rivalisé pour être vice-président des États-Unis.
Vingt-sept ans séparent ces deux «gladiateurs» politiques. Paul Ryan était encore un bambin de trois ans tandis que Joseph Robinette Biden amorçait à 29 ans, en 1973, sa longue et prestigieuse carrière dans le cénacle du Sénat, où il serait réélu six fois de suite. Le cadet terminait à peine le lycée que l’«oncle Joe» tentait déjà sa première course présidentielle en 1988. Autant dire que le duel télévisé des candidats à la vice-présidence, jeudi soir dans le Kentucky, promettait un vrai choc de générations.
«Cela devrait profiter au vice-président sortant», en concluaient les partisans d’Obama, pariant sur l’expérience du vieux Joe, politicien chevronné de presque 70 ans, encore très vert sous son casque de cheveux blancs. «Ryan devrait y gagner», répliquait le professeur Timothy Stanley, de l’université d’Oxford, invoquant l’énergie et le physique avantageux de ce séduisant quadra de 42 ans, aux cheveux bruns et aux yeux bleus.
Né en 1942, Joseph Biden, surnommé communément «oncle Joe», est un enfant des années Roosevelt, ce président qui incarne le New Deal, le renforcement de l’État et la mise en place d’une protection sociale – une référence fréquente pour Obama. Catholique issu de la génération Vatican II, d’ascendance irlandaise comme Ryan, il professe une foi liée à un engagement de justice économique et sociale, voyant un lien logique entre les programmes gouvernementaux de protection des plus démunis et la charité chrétienne. Son approche est également très tolérante, certains diraient laxiste, sur les grands sujets de société comme la contraception et le mariage homosexuel.
Ryan, catholique lui aussi, est par contraste un enfant de la génération Jean-Paul II, très méfiante vis-à-vis du libéralisme de l’Église américaine. Élu représentant à l’âge de 28 ans (encore plus jeune que Biden à ses débuts), il se réclame d’une théologie morale qui parle plus de liberté que de justice sociale et voit l’avortement comme le meurtre d’êtres vivants, même s’il s’est déclaré d’accord pour l’autorisation de l’IVG en cas de viol ou d’inceste. Fervent adepte des économistes de l’école de Chicago, Von Hayek et Friedman, Ryan s’est aussi nourri d’une vision du monde reaganienne, en opposition avec l’approche rooseveltienne. «L’État est le problème, pas la solution», ne cesse-t-il de répéter. De son propre aveu, ses idées politiques ont été inspirées, dès l’adolescence, par la lecture des livres d’Ayn Rand, romancière juive russe émigrée après la révolution bolchevique – dont le roman-fleuve Atlas Shrugged («Atlas haussa les épaules»), virulent pamphlet contre l’idéologie socialiste, est très critiqué par les démocrates mais reste un best-seller.
Si l’empoignade promettait d’être plus animée que le premier débat des candidats présidentiels, c’est que les deux colistiers sélectionnés pour la vice-présidence ont en commun un franc-parler et une fibre populaire que l’on ne retrouve ni chez l’intellectuel Obama, ni chez le patricien Romney, plus retenus. Joe Biden est un maître du «théâtre» politique, surtout en meeting. Chaleureux, très physique, il est connu pour sa capacité à connecter avec les électeurs, n’hésitant pas à leur passer le bras autour du cou pour les rassurer. Issu des classes moyennes, Biden évoque souvent la brutale chute sociale de sa famille, quand son père perdit son travail et dut se reconvertir en vendeur de voitures. La famille Biden avait dû retourner vivre avec les grands-parents, expérience qui met «Joe» naturellement en phase avec les ouvriers blancs déclassés. Il est aussi connu pour adorer les batailles de pistolets à eau contre les journalistes de la Maison-Blanche, lors du pique-nique annuel qu’il donne en leur honneur. Bref, ce politique est un sacré luron, qui suscite une sympathie naturelle.
«Nullement intimidé»
Mais l’envers de cette médaille tient à ses gaffes, fréquentes et souvent embarrassantes. Émotif, Biden a tendance à déraper. Récemment, il expliquait que «la classe moyenne avait été enterrée»par la crise économique «ces quatre dernières années», une drôle de manière de défendre le bilan d’Obama. Au printemps, il avait pris position sur le mariage gay sans prévenir le président, qui avait finalement été forcé de suivre son numéro 2. Biden «est passé par-dessus ses skis», avait dit Obama… visiblement agacé.
Plus intellectuel et plus maîtrisé par instinct, Ryan, le moine des dossiers financiers du Congrès, n’en a pas moins, lui aussi, un côté «terroir» qui plaît. Il adore pêcher le poisson-chat à mains nues et chasse avec un arc et des flèches, comme l’héroïne du best-seller Hunger Games. Volontiers vêtu de vestes polaires noires confortables, il est à l’aise et charismatique en meeting, malgré une voix curieusement placée.
Jeudi soir, cette étoile montante du Parti républicain avait beaucoup à perdre, alors que son candidat est en train de revenir dans le jeu. Aura-t-il réussi le grand écart que le recentrage politique de Mitt Romney exige de lui, sans apparaître comme un lâche reniant ses idéaux conservateurs? Sera-t-il parvenu à conforter son image de «Mr Austérité», résolu à sauver l’avenir pour les générations futures, mais attentif aux affres des générations présentes?
«Je m’attends à ce que Biden m’attaque comme un boulet de canon», a déclaré Paul Ryan à l’hebdomadaire Weekly Standard avant le duel. Mais «nullement intimidé», il confiait aussi s’être méticuleusement préparé, étudiant soigneusement son adversaire et guettant ses faux pas, «comme à la chasse: un archer sait qu’il faut être prêt. Mon précepte est le suivant: si vous devez attaquer (une proie), faites-le bien».
Par Laure Mandeville – Le Figaro.fr Article original
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Obama dehors, vite !!! Romney DOIT être élu, pour le retour de la croissance aux Etats Unis et pour la sécurité d’Israël.