Le gouvernement japonais n’avait pas officiellement confirmé, ce samedi soir, la décapitation de Haruna Yukawa, l’otage dont Daech a revendiqué l’exécution dans une vidéo.

Les Etats-Unis ont en revanche condamné ce «meurtre brutal». Tous appellent à libérer le second otage ainsi que «tous les autres».

L’Etat islamique a-t-il fait une nouvelle victime?

Pour les Etats-Unis, cela ne semble pas faire de doute. Barack Obama a ainsi «fermement» condamné samedi «le meurtre brutal du citoyen japonais Haruna Yukawa par le groupe terroriste Etat islamique. «Nous renouvelons notre appel à la libération immédiate de Kenji Goto et de tous les autres otages. Nous nous tenons aux côtés de notre allié japonais et applaudissons son dévouement pour la paix et pour le développement dans une région loin de ses frontières», a ajouté Obama. «Nous continuerons à travailler ensemble pour traduire ces meurtriers en justice et continuerons à mener des actions pour affaiblir et au final éliminer l’EI», a-t-il conclu.

Cette exécution n’a toutefois pas été confirmée par le Japon. Le gouvernement japonais vérifie en ce moment une vidéo annonçant l’exécution d’un des deux Nippons otages du groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

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Capture d’écran de la vidéo non authentifiée 

«Des images présentant (le premier otage) Kenji Goto portant une photo de Haruna Yukawa (le deuxième otage) apparemment tué ont été postées sur internet (…), nous rassemblons les informations afférentes», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un point de presse un peu après minuit.

Selon ce document, Yukawa aurait été exécuté par ses ravisseurs djihadistes. «L’image montrant Yukawa apparemment assassiné est en cours d’examen, nous devons encore l’analyser», a précisé ensuite le ministre de la Défense, Gen Nakatani.

«Les services de renseignement travaillent à l’authentification de cette vidéo», a renchéri dans un communiqué le porte-parole adjoint du Conseil américain de sécurité nationale (NSC), Patrick Ventrell, en réitérant «le plein soutien des Etats-Unis envers le Japon». «Nous condamnons fortement les actes de l’EI et exigeons la libération immédiate de tous les otages restants», a-t-il ajouté.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a lui aussi dénoncé des procédés inadmissibles, à l’issue d’une réunion de crise tenue en urgence. Il a juré de répondre fermement. «Nous allons continuer de combattre le terrorisme, avec la communauté internationale», a-t-il déclaré à l’ouverture de ce conciliabule peu après 01H00 à Tokyo (18 heures à Paris), selon les images diffusées à la télévision.

Une authenticité contestée

Abe a également une nouvelle fois demandé la libération immédiate du ou des otages restants. L’authenticité du nouveau document combinant photo et message sonore n’est pas établie.

Selon un expert de la chaîne publique NHK et d’autres spécialistes, il présenterait diverses étrangetés (mise en scène inhabituelle, absence de «logo» du groupe Etat islamique, pas de références religieuses).

Cette vidéo était en outre contestée sur les réseaux sociaux par des internautes soutenant l’EI.

Ce nouveau développement est intervenu près de 36 heures après l’expiration de l’ultimatum de 72 heures posé mardi dernier par les islamistes de l’EI qui menaçaient d’exécuter les deux Japonais à moins de recevoir une rançon de 200 millions de dollars.

Abe avait déjà présidé une réunion de crise dans la journée de samedi, et téléphoné en fin d’après-midi au roi Abdallah II de Jordanie pour lui demander à nouveau son aide, selon un communiqué officiel.

Le gouvernement, qui subit aussi la pression des dirigeants étrangers pour ne rien lâcher, a réaffirmé sa détermination à «ne pas céder aux menaces terroristes», ainsi que son engagement à lutter contre, avec d’autres pays, même si le Japon ne peut fournir que des soutiens non militaires à la communauté internationale, du fait de l’interdiction constitutionnelle de passer à l’offensive.

Le Figaro

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