Le Rav Shmouel Marciano, conseiller municipal (Shass) à la mairie de Jérusalem est celui qui a ouvert la synagogue hier matin et qui a découvert le saccage. Si ce lieu de prière existe aujourd’hui c’est grâce à un long combat qu’il a mené face à la mairie alors qu’il n’y siégeait pas encore.
Joint par LPH, il raconte l’histoire de cette communauté francophone, touchée de plein fouet par une violence qu’on ne pensait pas voir dans le pays des Juifs:
”Il y a quelques années, j’ai fait une demande pour un local à Kiryat Yovel, afin de créer une synagogue rattachée à mon association Darkei Eliahou, qui s’occupe des olim de France. Pour des raisons liées à l’opposition de certains laïcs du quartier et peut-être d’autres éléments, la mairie n’a jamais donné suite à cette demande”.
Puis s’est produit le drame de l’attentat à l’école Ozar Hatorah, de Toulouse. Le Rav Marciano connaissait bien le Rav Yonathan Sandler, H’yd.
En sa qualité de responsable associatif francophone et de proche des victimes, la mairie s’est adressée à lui pour organiser l’enterrement et la shiva.
”Je savais donc quand le maire de Jérusalem prévoyait de venir vers une visite de condoléances. Ce jour-là, avec Eva Sandler, nous l’avons pris à part et l’avons mis au pied du mur. Ce local vide devait nous être alloué pour y faire une synagogue”. 48h plus tard, l’autorisation municipale était donnée.
“Ce qui a permis de faire enfin aboutir ce projet, c’est, malheureusement, le drame de Toulouse. Donc nous avons apposé une plaque commémorative à l’entrée et nous abritons le kollel et les activités pour les enfants du Beth Sandler”.

Ce mardi matin, c’est le rav Marciano qui a ouvert la synagogue. Il nous décrit les images terrifiantes qu’il voit devant lui: ”Il y avait 4 sifré Torah à terre. J’ai tout de suite pensé aux quatre âmes pures qui sont parties dans ce terrible attentat: le Rav Sandler, Arié et Gabriel et la petite Myriam Monsonégo. Cette vision des Sifré Torah à terre m’a fait l’effet de quatre corps à terre. Puis, me sont aussi venues à l’esprit les images que l’on voit à Yad Vashem, et qu’on ne pensait pas voir sur notre terre”.
C’est tremblant, qu’il a appelé la police: ”Je ne sais pas comment j’ai eu les forces d’agir pendant cette journée”.
L’élan de solidarité qui s’en est suivi l’a beaucoup touché: ”religieux, laïcs, nombreux sont ceux qui sont venus sur place pour aider à débarasser, à nettoyer. Le soir même nous avons pu tenir l’office d’Arvit, en présence du Grand Rabbin, le Rishon Letsion, Rav Shlomo Amar”.
Pour le Rav Marciano, cet épisode tragique doit nous amener à réfléchir: ”Bien entendu, la police doit faire son travail, trouver les coupables et ceux-ci doivent être punis. Mais, nous, en tant que peuple, nous devons dépasser cela et s’interroger. Je laisse aux Rabbanim le soin de nous guider sur cette voie”.
S’il comprend ceux qui disent qu’ils ne sont pas venus vivre en Israël pour assister à cela, le Rav Marciano répond: ”Cela a aussi été ma première pensée.
Mais passé le choc, on se dit que malgré tout, c’est en Israël notre place, parce que nous y sommes toujours mieux qu’ailleurs, c’est notre terre”.
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