Fadi Swidan,

Les paroles des Musulmans sont-elles inaudibles ?

On se plaint souvent, à juste titre, en Occident, que les musulmans ne se démarquent pas assez de leurs frères qui tuent ou appellent à tuer au nom de l’islam. Cependant, sommes-nous à même d’entendre ces mêmes musulmans qui, en Israël et au Proche Orient parlent et rapportent la vérité ?

Pourtant, ils ont nombreux à décrire une réalité autre que celle rapportée par les ennemis d’Israël et de l’Occident ou par les médias. Encore faut-il pouvoir entendre leur voix et leurs témoignages.

A voir enterrer ces derniers, on peut même se demander ce qui est le plus difficile, au final, à faire passer comme message de la part des Juifs.

La menace qui pèse sur eux lorsque le danger vient des islamistes, ou la parole des musulmans qui vient contredire les mensonges proférés sur les Juifs.

Contredire les mensonges proférés sur les Juifs, c’est l’un des objectifs que poursuivent Nicole Riahi et son association IsraelandYoo.

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises la démarche de cette association, qui veut donner la parole aux principaux intéressés qui vivent en Israël.

Car qui d’autre qu’eux peut le mieux décrire ce qui s’y passe ?

IsraelandYoo, qui recueille des témoignages sur la vie quotidienne en Israël, est donc amenée à interviewer des juifs et des non juifs.

S’agissant des non-juifs, nous avons déjà rapporté les propos très intéressants de bédouins ou de druzes.

Ainsi d’Elham Al Kamlat, femme au foyer de la communauté bédouine de la ville de Rahat, au sud d’Israël, qui n’imagine pas habiter ailleurs qu’en Israël.

« Je pense que j’ai beaucoup de chance d’être née en Israël, car je sais que dans beaucoup de pays autour de nous, les femmes n’ont aucune des opportunités que j’ai. Pour moi, être israélienne, c’est pouvoir dispenser mon  savoir et aider les autres femmes à devenir indépendantes financièrement, et leur faire comprendre que chacune a en elle les ressources nécessaires pour vivre en harmonie dans la société israélienne. ».( http://www.israelandyoo.com/video/bedouins-elham-al-kamlat/)

Ou du représentant de la communauté Druze, le cheikh Dr. Fayez Azzam, qui fait partie de la dixième génération druze vivant en Israël.

« Les Druzes en Israël depuis la création de l’Etat se sont intégrés directement que ce soit en politique, sur le plan économique ou sécuritaire du pays, et c’est pour cela qu’ils ont compris l’importance d’être des citoyens fidèles. Ils s’engagent à l’armée comme tous les juifs et pensent qu’Israël doit être un pays démocratique dans lequel toutes les religions et cultures puissent vivre en paix et en harmonie. Je me considère comme Israélien-Druze, j’aime le pays et je me mobilise pour sa sécurité, je veux son développement et sa réussite. » (http://www.israelandyoo.com/video/druze-fayez-azzam/)

Voir notre article Interview Exclusive : Israël Tel Quel ©

Ou encore de Naama Al Sana,

« Auparavant les bédouines vivaient sous la tente de façon traditionnelle. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Elles travaillent dans le social, elles sont médecins, infirmières, avocates, tout en s’occupant de leurs foyers. Les projets de notre association s’intéressent aux jeunes filles et aux jeunes gens pour les aider à avancer dans la vie, à bénéficier de bourses, de subventions, en cela aidées par nos amies juives.

Il nous faut impulser les changements à notre communauté avec la difficulté de ne pas le faire trop vite. Nos liens avec la communauté juive nous aident à avancer la main dans la main… »

Tsahal a rapporté combien partie des bédouins se sont impliqués dans l’armée israélienne, pour défendre leur pays.

Le Lieutenant Alhuashalah, par exemple, qui a fait partie des soldats réservistes qui ont mené l’Opération Plomb Durci. Une fois celle-ci terminée, il décide de rester dans l’armée :

« Je pense que l’intégration du secteur bédouin est très important pour la société. J’encourage tous les membres de la communauté bédouine à s’enrôler dans l’armée et à devenir l’un des nôtres. »

Lire notre article : Les bédouins : nouvel outil de propagande contre Israël©

Nous pensons indispensable de rapporter d’autres témoignages, de musulmans, vivant en Israël ou en Cisjordanie.

Pour commencer, l’histoire de Maram Mansour, cette jeune femme créatrice de bijoux à Tir, dont le père et le mari sont musulmans

« Je suis née dans une famille mixte, ma mère est juive et mon père musulman. Je suis mariée à un musulman.

J’ai des amis arabes et des amis juifs.

Ce que je veux, c’est montrer mon art à travers le monde. Mon travail est influencé par mes deux cultures. Beaucoup de gens de cultures différentes viennent, des européens, des israéliens juifs et arabes.

En tant qu’israélienne, j’aime être ici.

J’ai reçu beaucoup de soutien, venant principalement d’amis juifs.

Ils m’aident et m’encouragent à être ici et faire ce que je veux faire et si moi je peux le faire, beaucoup d’autres le pourront aussi. »

Tout aussi interessants, les propos de Fadi Swidan, Jafar Sabbah, Faris Janhsan, Sami Layani, sur la collaboration entre juifs et musulmans dans le domaine des starts-up et de la technologie.

 

Encore plus éloquentes, les paroles entendues dans un reportage de la chaîne israélienne Arutz2.

Nous partageons ici le reportage tel qu’il a été diffusé sur les réseaux sociaux, et retranscrivons le texte sous-titré par Manu Schwab.

« Le journaliste :

Le Cheikh Mohamed Jaber était un homme du Hamas. Il a été emprisonné pendant plusieurs années dans les geôles israéliennes, pour avoir programmé avec un ami un attentat à la voiture piégée contre une base de Tsahal à Beer Sheva.

(Il raconte que) Durant un passage de reconnaissance devant les lieux, un des soldats israéliens leur avait demandé ce qu’ils faisaient là.

« On cherche à manger« , ont-ils répondu.

Le soldat est alors allé dans la cuisine de la base militaire, s’est assis avec de la nourriture et leur a donné à manger.

« J’ai regardé mon ami et je lui ai dit : comment peut-on vouloir tuer un homme aussi bon ? Non seulement il ne nous a pas tiré dessus, mais en plus il nous a aidés en nous offrant à manger.

Les soldats israéliens ne sont pas méchants comme peuvent le dire nos représentants et nos cheick.

Nous étions petits, nous étions des enfants…

Grâce à ce qui s’est passé, grâce au bien qu’a fait ce soldat, il y a eu un déclic dans ma tête ».

C’est donc à ce moment là que tout a basculé dans sa tête.

Nous l’avons rencontré cette semaine à Hevron, et ensemble nous sommes entrés en zone palestinienne.

Dans la ville la plus religieuse et où le Hamas est le plus implanté, dans les territoires (Judée-Samarie), la ville qui a connu le plus d’attaques terroristes ces deux dernières années.

Le lieu où les nouvelles positions du Sheikh sont un défi plus grand que tout le reste.

Le journaliste : « Comment est-ce que les habitants de Hevron se comportent avec toi ? Comment réagissent-ils à tes nouvelles positions politiques ?« 

« Ils les acceptent difficilement à cause de la situation politique. Et au final c’est à un enfant, un enfant à qui les hommes religieux ont dit : Si tu tues des Juifs, tu iras au paradis. Et cet enfant il sort pour aller au Paradis, il ne sait pas ce qu’il fait. Et il sort pour mourir. Et avant d’arriver au Checkpoint il sort son couteau. Et il dit au soldat : je vais te poignarder pour que le soldat lui tire dessus. »

S’ensuit alors une conversation entre le journaliste, des adolescents et le Cheikh Mohamed Jaber

« -les adolescents : Quel dommage de se sacrifier pour ces juifs là.

-pourquoi ?, demande le journaliste

parce que ce sont des chiens, c’est dommage que des jeunes de notre âge meurent comme cela. Quand tu entends que quelqu’un est allé poignarder, ça nous rend triste, rétorquent-ils.

-pourquoi ?

a nous rend tristes, on a de la peine pour eux qu’ils soient morts pour ces juifs là. Les juifs sont comme des chaussures, ils ne valent rien.

pourquoi tant de haine ? Le journaliste te parle avec courtoisie, demande le Cheikh Mohamed Jaber

je parle des juifs.

Il te parle avec courtoisie, parle lui sans insulte. »

« Cette haine, c’est la cause de tous nos problèmes, reprend le Cheikh Mohamed Jaber.

Les responsables religieux utilisent Dieu pour justifier leurs crimes. Tous les fanatiques religieux, qu’ils soient juifs, musulmans, chiites, sunnites, chrétiens, sont des menteurs

Ils utilisent le nom de Dieu pour justifier leurs crimes.

J’ai commencé à réfléchir. J’ai commencé à chercher la vérité. Ce que les représentants religieux m’ont dit ne m’a pas du tout plu. Tuer ne donne pas droit au Paradis. Et si tu crois l’inverse, je suis là pour t’expliquer que tu te trompes. »

« –Le Cheikh ici présent est un Ahmadi. Quel est ton avis sur cette mouvance de l’islam ? demande le journaliste à un religieux croisé sur le chemin. C’est quoi un Ahmadi ? répond ce dernier.

Nous sommes contre les meurtres aveugles, contre l’assassinat d’innocents. La solution ne viendra pas de l’effusion de sang, répond le Cheikh Mohamed Jaber.

« Le journaliste continue son reportage en déclarant : cela va peut-être vous étonner, en tout cas ça a été le cas pour nous, ce qu’il dit contre le terrorisme et la violence rencontre parois un écho positif dans cette capitale du terrorisme. Même face aux caméras. C’est alors que le journaliste interroge un Palestinien :

« –Nous n’avons pas la paix, nous sommes sous occupation. Nous vivons deux occupations, une par les Juifs, et une autre au nord de la ville (Hevron).

-Par qui ? L’autorité Palestinienne ?

Oui par l’Autorité palestinienne. L’Autorité Palestinienne nous affame.

-Tu n’as pas peur que les hommes de la sécurité palestinienne viennent demain et t’arrêtent à cause de ce que tu viens de dire ?

Je dis des choses évidentes. Nous avons faim ! Nous sommes affamés. A l’époque où les Juifs géraient la ville, nos vies étaient magnifiques.On regorgeait de marchandises. L’essence était à 15-20 shekels.

-ça veut dire qu’aujourd’hui si tu pouvais choisir tu reviendrais à l’époque d’avant la 1ère intifada ?

Personnellement, oui ! Je pense qu’il est préférable pour nous que les Juifs soient aux commandes. Nous étions heureux. Lorsque la dernière jeep israélienne a quitté cette zone, et que l’Autorité Palestinienne a pris le contrôle des lieux, nous aurions dû nous attacher à la jeep et partir avec elle. »

Ainsi donc, non seulement des musulmans peuvent défendre les israéliens, mais en plus ils n’ont plus peur de le dire.

Seulement, voilà, quels sont les médias en Occident à ramener ces paroles ?

Tabou sur l’antisémitisme musulman, tabou sur l’antisionisme musulman.

Ici comme là-bas, on ne veut entendre ni les juifs s’inquiéter de la montée de l’antisémitisme musulman et de ses nombreuses manifestations depuis Copernic jusque Sarah Halimi, ni les musulmans qui veulent démonter les contre-vérités sur les israéliens.

On commence tout juste à nier toute différence entre antisémitisme et antisionisme.

Il faudra encore un peu de temps pour clamer que ces deux maux qui n’en sont qu’un ont dépassé depuis bien longtemps le cercle de l’extrême droite.

Le sort des Palestiniens, auxquels on commencera à s’intéresser réellement, s’en trouvera peut être amélioré dès lors qu’on ne les manipule pas contre les Juifs.

©Solange Hendi pour JFORUM

1 COMMENTAIRE

  1. Je n’en doutais pas, en effet, les Druzes et les Bédouins sont pro-israéeliens, mais les arabes israéliens qui circulent parmi nous en ville et dans tout le pays ?
    C’est ceux-là qui m’intéressent, ceux qui mettent le feu aux poudres !

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