400% plus efficace: le Celera 500L, une révolution pour l’aviation?

Du neuf (beaucoup) et des promesses (immenses).

«Ça change tout», clame sobrement, mais sans complexe, le site officiel d’Otto Aviation, jeune pousse américaine de l’aéronautique. «Ça», c’est le Celera 500L, un aéronef de petite taille doté de technologies inédites, que la firme, tout comme The Drive, présente comme une innovation susceptible de bouleverser le secteur dans son ensemble.

Le Celera 500L, dont on conseille à ses concepteurs de changer de nom pour le marché français, est un appareil étonnant. Il a été dévoilé officiellement pour la première fois en 2020, mais il est en développement depuis quelques années déjà.

Sa particularité tient d’abord à sa forme en goutte d’eau, ou en obus, intégralement pensée pour augmenter de manière drastique l’écoulement laminaire de l’air autour du fuselage. Selon The Drive, la finesse aérodynamique du Celera 500L lui permet d’économiser 59% de traînée par rapport à un avion de forme plus traditionnelle.

Son autre point fort est sa propulsion, assurée non par des réacteurs, mais par une hélice, placée à l’arrière de l’appareil et que fait tourner le RED A03 de Raikhlin Aircraft Engine Developments, un monstrueux moteur V12 à pistons et turbocompresseur.

Lui aussi conçu pour atteindre une efficience jamais atteinte auparavant, il peut en outre être alimenté par du diesel, du kérosène ou du biocarburant –des versions hybrides ou électriques du système de propulsion sont également prévues à l’avenir.

L’avion n’en est qu’à ses premiers tests en vol, mais ceux-ci s’avèrent concluants, à en croire Otto Aviation. «Plusieurs vols ont atteint des vitesses de plus de 400 kilomètres/heure à des altitudes allant jusqu’à 15.000 pieds, avec des projections menant vers une vitesse de 740 kilomètres/heure à 50.000 pieds», explique un communiqué de l’avionneur.

Que le Celera 500L vole est une bonne nouvelle. Mais la vraie révolution, c’est la réduction des frais liés aux trajets que cet aéronef permet de réaliser. Otto Aviation espère que son joujou atteindra une très confortable portée de 7.200 kilomètres.

Low cost

Le coût horaire de vol pour cet appareil très spécial sera de 328 dollars (290 euros). Il faut débourser 2.100 dollars pour des avions similaires – qui ne disposent généralement pas d’une telle endurance. Voilà de quoi bouleverser bien des aspects du secteur du transport aérien.

«Dans le monde des avions de ce type, on réussit parfois à gagner quelques pourcents d’efficacité ici ou là, expliquait l’an passé David Bogue à Air & Space. Dans le cas du Celera 500L, on parle de 400% d’efficacité en plus. C’est fantastique!»

À mettre encore à son crédit: il est beaucoup plus sobre sur le plan énergétique et environnemental: l’avionneur parle d’une réduction de 80% d’émissions de gaz à effet de serre par rapport à un appareil traditionnel du même genre.

Capable d’emporter six passagers et présenté comme un «taxi des airs», l’étonnant engin d’Otto Aviation devrait d’abord aller se frotter au marché des jets privés. Malgré l’aberration environnementale que représentent ces appareils et les millions de vols qu’ils effectuent, ils connaissent actuellement un succès tel qu’ils se retrouvent en situation de pénurie.

L’entreprise voit plus loin: elle a déjà dessiné un Celera 1000L. Il sera tout aussi efficace, mais les dimensions de sa cabine font le double de celles de son petit frère. Il permettra d’emporter deux fois plus de passagers ou de fret, un marché bouillant et aux besoins croissants que pourrait également viser l’avionneur.

Otto Aviation espère multiplier le nombre de vols tout en faisant chuter le prix des billets et en limitant l’impact environnemental: ses appareils pourraient être de véritables «games changers» pour le marché dans son ensemble.

Surtout, Otto Aviation n’ignore pas que les budgets consacrés à la défense ont tendance à être colossaux dans le monde entier: pour le transport rapide de personnels ou de matériels, les caractéristiques si particulières du Celera pourraient s’avérer d’un grand intérêt. Une version drone est également au programme. Reste à confirmer si toutes ces belles promesses résisteront à l’épreuve du temps.

Repéré par Thomas Burgel sur The Drive

18/11/2021 à 6h54

Fin comme un tonneau. | Otto Aviation

Source: korii.slate.fr

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