Catherine Millet et Catherine Deneuve dénoncent le “puritanisme” apparu après l’affaire Weinstein

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70th Cannes Film Festival - Event for the 70th Anniversary of the festival - Red Carpet Arrivals - Cannes, France. 23/05/2017. Actress Catherine Deneuve poses. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

“Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste”, écrit un collectif de 100 femmes dans Le Monde de ce 9 janvier 2018.

Dans cette tribune, ces femmes s’inquiètent de la “libération de la parole” qui a suivi l’affaire Weinstein qui “se retourne aujourd’hui en son contraire: on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices!”

Parmi les signataires de cette tribune, on retrouve par exemple l’écrivaine Abnousse Shalmani qui compare le féminisme au stalinisme, la philosophe Peggy Sastre qui veut “en finir avec le féminisme”, également auteure d’un livre “La domination masculine n’existe pas”, Sophie de Menthon qui avait fait polémique en 2015 en disant qu'”être sifflée dans la rue est plutôt sympa“. Mais aussi Elisabeth Lévy, la directrice de la rédaction de Causeur, qui juge #BalanceTonPorc “infect” et parle d'”harcèlement féministe” à l’égard des hommes.

Catherine Deneuve prend elle aussi une nouvelle fois position contre le hashtag #BalanceTonPorc en adhérant à ce texte. Fin octobre, elle disait déjà son incompréhension: “Je ne trouve pas que ce soit le moyen le plus juste pour faire bouger les choses. Après ce sera quoi? Balance ta pute? Je trouve que ce sont des termes qui sont très excessifs. Et je trouve surtout que ça ne résout pas le problème.”

Cette tribune est également co-signée par Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet.

L’inquiétude de ces femmes concerne “l’indispensable liberté d’offenser” et “d’importuner” qu’il faudrait, selon elles, défendre. Elles s’insurgent contre ce féminisme qui “prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité”. Elles en veulent pour exemple qu’une femme “peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement”.

Sandra LorenzoJournaliste responsable de la rubrique C’est La Vie

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