Bruxelles: «Mais pourquoi attaquer les pompiers? Ça n’a pas de sens»Des pompiers ont été la cible de jets de cocktails Molotov samedi soir au cours d’une intervention dans le quartier des Marolles.
Une voiture et des déchets ont été incendiés, les vitres d’une crèche brisées. – Belga.
Par Lorraine Kihl
Journaliste au service Société
Il est environ 21 h 30, samedi, lorsque les secours sont contactés pour intervenir sur deux départs de feu quasi simultanés dans les Marolles à Bruxelles : une camionnette rue du Lavoir et des déchets dans la rue Terre-Neuve adjacente. Deux autopompes se rendent sur place. « De part et d’autre, les pompiers ont tout de suite essuyé des jets de cocktails Molotov. Une des bouteilles a éclaté devant leur pied », raconte Walter Derieuw, porte-parole des pompiers de Bruxelles. Personne n’a été blessé et les véhicules des pompiers n’ont pas subi de dommage. « On a fait appel à la police pour sécuriser les lieux avant d’intervenir. » Quant à savoir s’il s’agissait d’un guet-apens, « c’est à l’enquête de le déterminer. » Dans le même temps, la police était, elle, appelée alors que des « jeunes » tentaient de casser les vitres d’une crèche, juste à côté. Une trentaine de personnes ont été dispersées, sans interpellation. Le calme est revenu après une heure. En fin de soirée, la police procédait à des fouilles dans les habitations. Les stigmates des échauffourées étant toujours visibles : traces de feux, façade abîmée, bulles à verres retournées. « La police est là »La violente soirée de samedi s’inscrit dans une série d’échauffourées qui ont agité le quartier au cours de la semaine. Vendredi soir déjà, vers 22 h, deux jeunes majeurs ont été arrêtés administrativement alors que des objets ont été jetés sur quatre véhicules de police (trois ont été endommagés). Quelques jours plus tôt, c’est une patrouille venue en soutien d’une intervention pour violences interfamiliales qui a fait l’objet de cinq tirs de feux d’artifice. « Il y a une tension en ce moment autour de la présence de la police, qui n’est pas appréciée », observe le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles. Une présence renforcée que le bourgmestre compte bien garder comme telle dans les prochains jours. « Il semble que la présence de la police perturbe certains dans leurs trafics (drogue, recel…) mais on veut maintenir un signal clair : la police est là », assure Philippe Close. « J’espère que le parquet et la justice seront fermes car on touche à l’autorité de l’Etat. On a visé des pompiers qui sont là pour servir la collectivité, la police qui assure la sécurité des citoyens. Et s’attaquer à une crèche ! Rien ne peut justifier qu’on s’attaque à une crèche. Les premières victimes, ce sont les habitants. » Violence gratuiteLa semaine passée, à Molenbeek cette fois, une équipe avait déjà été caillassée depuis des immeubles après avoir été appelée pour maîtriser un feu de poubelle, relève Walter Derieuw. « Les pompiers ne comprennent pas du tout être la cible d’une violence gratuite. On a l’impression que tout ce qui porte un uniforme aujourd’hui, qui représente l’autorité, est victime de violences. Les pompiers doivent déjà lutter contre le feu, les autres incidents… ; si en plus, ils doivent surveiller ce qui se passe autour d’eux… Les collègues ont été fort choqués émotionnellement », poursuit le porte-parole des pompiers qui précise que la « stress team » a été mise à disposition. En cas de nouvelles interventions dans le quartier, une coordination avec les services de police sera systématiquement assurée au moins pour les jours qui viennent. Réagissant aux événements, le SLFP a relancé un préavis de grève dénonçant l’insécurité croissante des opérations. « Le nombre d’incidents est croissant : 31 en 2018, 43 en 2019 (et une vingtaine en 2020 à ce jour, NDLR). Le politique, qui a fourni ces chiffres, en a parfaitement conscience mais rien ne se passe. Tous les jours, les pompiers interviennent dans certains quartiers en ayant la peur au ventre », assure Eric Labourdette. Le secrétaire d’Etat Pascal Smet (SP.A), en charge des pompiers, aurait déjà proposé aux syndicats de constituer un groupe de travail. « Mais ce dont on a besoin, c’est de mesures concrètes : qu’on arrête d’abandonner ces quartiers, qu’on assure une réelle prévention et qu’on sanctionne les personnes qui ont fait cela. » De son côté, la députée bruxelloise Bianca Debaets (CD&V) a réclamé la convocation en urgence d’une commission parlementaire et demande de « travailler sur un plan d’action coordonné entre les six zones de police bruxelloises ». Après les tensions d’avril, le calme était revenu
L.K.
Les Marolles avaient été le lieu de tensions avec la police au début du confinement, dans la foulée de la mort d’Adil, à Anderlecht (le garçon est décédé au cours d’une course-poursuite à scooter). Mais le calme était revenu après une réunion avec la Ville qui avait conduit à une réduction des contrôles, souligne Bilal Chuitar, responsable du foyer des jeunes des Marolles, qui peine à comprendre ce qui a pu dégénérer : « Les jeunes se plaignaient que des déchets sauvages ne sont pas enlevés et attirent les rats, cela pourrait expliquer des feux mais certainement pas les cocktails Molotov, je ne comprends pas. »
Avec la collaboration de MICHEL LUSSAN-Loïtzanski, notre correspondant à Bruxelles
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Eh oui, un bon retour de manivelle, avec votre immigration incontrôlable, on a le même genre de gouvernement en France.