Cet islamologue, ancien directeur de recherche au CNRS, était poursuivi après des tweets polémiques sur le conflit israélo-palestinien, notamment.

L’islamologue et politologue François Burgat, 77 ans, ancien directeur de recherche au CNRS et ex-dirigeant de l’Institut français du Proche-Orient, a été relaxé ce mercredi 28 mai des accusations d’apologie du terrorisme par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
La justice reprochait au chercheur retraité une succession de messages polémiques sur les réseaux sociaux concernant le Hamas et la situation à Gaza mais aussi le verdict du procès de l’assassinat de Samuel Paty.

Le politologue François Burgat a été relaxé ce mercredi 28 mai 2025 par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Jugé le 24 avril 2025 pour apologie du terrorisme après des publications sur X liées au Hamas, il risquait huit mois de prison avec sursis, 4 000 euros d’amende, deux ans d’inéligibilité et la suspension de son compte X.

À l’énoncé du jugement, Burgat a esquissé un large sourire avant de quitter la salle poing levé. La présidente a conclu avec ironie : « Les réseaux sociaux, c’est comme l’alcool : à consommer avec modération ! « 

 

L’universitaire s’est félicité de la décision tout en appelant à la prudence : « Beaucoup d’autres n’ont pas eu ma chance. »

Rappel des faits

«Un boulevard pour condamner». C’est ainsi que le substitut du procureur de la République d’Aix-en-Provence clôturait l’audience où comparaissait, le 24 avril dernier, l’islamologue François Burgat pour «apologie publique d’un acte de terrorisme».
François Burgat est accusé d’avoir publié différents messages sur X pour défendre le Hamas après les attentats massifs du 7 octobre en Israël.

Le premier date du 2 janvier 2024. Alors que le New York Times venait de publier une longue enquête sur les crimes sexuels du mouvement terroriste, l’islamologue a relayé un communiqué de démenti du groupe palestinien, dans lequel il était notamment loué «la virilité et l’honneur» de l’attaque du 7 octobre.
Lors de l’audience, il a assumé «faire plus confiance à la version du Hamas». Dans un second tweet, François Burgat avait également affirmé avoir «infiniment plus de considération pour les dirigeants du Hamas que pour leurs homologues israéliens».

«Un mécanisme de résistance»

Pour ces propos, l’islamologue avait fait l’objet d’une plainte de l’Organisation juive européenne, Avocat Sans Frontière et de la Licra et avait été placé en garde à vue pendant sept heures en juillet 2024 sur signalement de la DGSI.
Une nouvelle incrimination était venue s’ajouter en décembre 2024, après la condamnation à 13 et 15 ans de prison du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui et de Brahim Chnina, le père de la collégienne dont le mensonge avait déclenché l’assassinat de Samuel Paty.
Les deux hommes, qui ont fait appel, étaient accusés d’avoir influencé le tueur, Azim Epsirkhanov, sans le connaître, mais François Burgat avait pris leur défense dans un autre message publié sur X, où il estimait que la France était «sortie de l’État de droit». «Nous sommes tous des ’terroristes’», écrivait-il alors.

Arabophone et fin connaisseur de l’islam, François Burgat ne s’est jamais caché de son soutien actif à la cause palestinienne. Après le 7 octobre, il avait déjà retweeté une publication qui justifiait l’attaque, affirmant que «résister à un occupant est légitime». «On ne peut pas renvoyer dos à dos agresseur et agressé, colonisateur et colonisé. Je suis désolé, mais (l’attaque du Hamas, NDLR) était un mécanisme de résistance à une oppression physique militaire».

Ce tropisme pro-palestinien se double d’une forme de complotisme anti-juif, a plusieurs fois souligné Conspiracy Watch dans des rapports. Comme lorsqu’il appelle, en juillet 2014 sur Facebook, à «la séparation du Crif et de l’État». Une manière d’estimer que le Conseil représentatif des institutions juives de France pourrait tirer les ficelles de la République. Ou encore en octobre 2018, lorsqu’il parle des «chaînes de la ’télavivision’ française», contraction de «Tel Aviv» et de «télévision», qui induit que les médias français sont sous le contrôle d’Israël.

Accusations de liens avec les Frères musulmans

Islamologue reconnu, François Burgat est une figure de l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM). Désormais retraité, il fut également directeur de recherche au CNRS, président du conseil scientifique et administratif du Centre arabe de recherches et d’études politiques (CAREP) et demeure membre du comité de rédaction de la revue L’Orient XXI. Spécialiste reconnu des dynamiques politiques et des courants islamistes dans le monde arabe, il est aussi régulièrement accusé de se faire le relais de discours islamistes et de montrer une certaine complaisance envers l’islam politique. Tout au long de ses ouvrages, il s’emploie notamment à démontrer que «la violence dite islamique ne vient pas de l’islam», comme il le résume dans une interview donnée à Mediapart en 2016.

Ainsi, Bernard Rougier, autre grand islamologue, disait de lui dans un entretien à L’Express daté de 2021 qu’il «s’est identifié à son objet d’étude, traduisant dans le domaine universitaire ce que les acteurs militants lui ont confié, et reprenant à son propre compte le discours des islamistes».
«Souvent, quand j’interrogeais des figures islamistes en Égypte ou au sein du Hamas, ils me demandaient des nouvelles de leur ’frère’ Burgat», y explique-t-il, regrettant que ses travaux soient empreints d’une «apologétique de l’islamisme».
La chercheuse au CNRS Florence Bergeaud-Blackler a également mis en cause les proximités de son confrère avec la mouvance des Frères musulmans, dans une longue enquête publiée en janvier 2023 et intitulée Le Frérisme et ses réseaux, l’enquête.
À la suite de la publication, l’anthropologue avait subi une campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux avec menaces de mort, ainsi que des tweets quotidiens de François Burgat qui fustigeait des «élucubrations hors sol», une «victimisation bidon», un «naufrage» ou encore un «anti-islamisme obsessionnel».

François Burgat s’est aussi régulièrement porté en défenseur de Tariq Ramadan, dont il est réputé proche, après les accusations de viol qui l’ont visé. 
Après la condamnation de l’islamologue suisse, il avait signé une pétition dénonçant une «partialité» de la justice française.


JForum.fr avec 
www.lefigaro.fr, laprovence et leparisien.fr

«Je suis heureux mais je reste prudent, car dans tous les cas de relaxe qui ont précédé mon cas, le parquet a fait appel», a commenté François Burgat après sa relaxe. AFP/Doha Forum/Ammar Abd Rabbo

 

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2 Commentaires
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steinberg

je le dit haut et fort la gauche est antisémite

Filouthai

Francois Burgat est un islamiste convaincu, proche des Frères Musulmans, et sans doute adepte de la charia pour la France. Laicard comme de nombreux gauchistes sans cervelle, il se réjouit du massacre de chrétiens et de juifs par les adeptes de l’Islam , ce dogme qui a autant de considération pour la paix et la tolérance que pouvait en avoir Hitler.