Le 36ème anniversaire de Radio J, que de nombreuses personnalités étaient venues célébrer hier, était inévitablement marqué par l’actualité récente, de la résolution de l’UNESCO aux propos de François Fillon du même jour.

Le philosophe Alain Finkielkraut était venu manifester son soutien à Radio J ce 23 novembre -soutien urgent selon son secrétaire général Guy Rozanowicz, qui indique que cette radio indépendante connaît depuis 3 ans un équilibre précaire maintenu par les donations des auditeurs-, parmi beaucoup d’autres personnalités de la communauté, politiques ou associations.

Ainsi, le député-maire du XVIème arrondissement de Paris (LR) Claude Goasguen et son adjoint Jérémy REDLER, le député de la 8ème circonscription des Français établis hors de France (UDI) Meyer Habib, le conseiller auprès du Président du Parti Radical Jean-Jacques CURIEL.  L’avocat Gilles-William Goldnadel. Le Directeur des Relations Publiques à l’Ambassade d’Israël en France Ido Bromberg. Le Grand Rabbin Michel Gugenheim. La directrice d’EL AL Liat Yahav. Et beaucoup d’associations : le KKL, le MDA, le LIBI, l’association KELIAH, l’Agence Juive, le BNVCA, l’UPJF, le TAGLIT, le Casip-Cojasor, Europe-Israel, l’OSM, la FEUJN, le Technion…

Le fondateur de Radio J Serge Hajdenberg, après avoir félicité Frédéric Haziza qui a obtenu une 6ème condamnation au tribunal pour incitation/provocation à la haine raciale d’Alain Soral, puis rendu hommage à Claude Hampel, qui nous a quittés le 11 novembre et qui assurait de plus une chronique sur la radio, a évoqué la campagne pour les primaires du droite et du centre, et notamment les propos des deux candidats François Fillon et Jean-Frédéric Poisson.

Jean-Frédéric Poisson, rappelons-le, avait fait polémique et provoqué le scandale en déclarant dans l’édition du 19 octobre du quotidien Nice-Matin : « la proximité de Mme Clinton avec les superfinanciers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France »

Scandalisé par cette affaire : « comment peut-on tenir de tels propos en 2016 ? », Serge Hajdenberg a ensuite évoqué le cas de François Fillon, candidat victorieux au premier tour des primaires du 20 novembre.

François Fillon a en effet déclaré hier à l’antenne d’Europe 1 :

« Il faut combattre cet intégrisme, et il faut le combattre comme d’ailleurs dans le passé je le rappelle on a combattu une forme d’intégrisme catholique ou comme on a combattu la volonté des Juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République Française ».

Phrase qui a beaucoup ému et choqué jusqu’au Grand Rabbin Haim Korsia qui a répliqué quelques heures plus tard :

«le communautarisme juif qui a pu exister par le passé n’était en rien le fait ni le choix des citoyens de confession juive, mais la conséquence de la non-acceptation par la société française d’alors de leurs semblables». en rappelant par ailleurs « le rôle du Grand Sanhédrin mis en place par Napoléon en 1806, qui n’est autre que la proclamation de la garantie de pouvoir vivre le judaïsme dans le respect des lois de la République».

Serge Hajdenberg a de son côté tancé également Jean-Pierre Elkabbach, qui a enchaîné sur les propos de François Fillon par les mots « aucune tolérance à l’égard des intolérants » et à qui « un cours d’histoire et de journalisme serait bien utile ».

Propos condamnés également par Claude Goasguen.

Celui-ci, après avoir félicité Radio J – « dès qu’on a besoin de faire passer un message, Radio J est là » -, dit qu’il a reproché à François Fillon son erreur d’analyse du passé et ce qui est au fond avant tout une très grande maladresse.  En même temps, « les hommes politiques en France ne sont pas toujours justes envers la communauté juive ». Même Nicolas Sarkozy, lorsqu’il a fait entrer la Palestine à l’UNESCO, UNESCO qui a rendu ces deux résolutions infâmes. Et pourtant « je reste convaincu que Nicolas Sarkozy était celui qui comprenait le mieux Israël ».

Moins tendre envers Alain Juppé, Claude Goasguen rappelle que le dernier ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy a poussé, avec le Quai d’Orsay, à se tourner vers le Hezbollah en permanence. « S’il y a bien quelqu’un qui est le modèle du Quai d’Orsay, c’est Alain Juppé ».

«  »Notre » pire ennemi, celui qui oriente la politique française contre Israël depuis 30 ans c’est le quai d’Orsay.

« Si nous sommes des amis d’Israël, et je suis un ami d’Israël, jamais nous ne devons pas accepter que le Quai d’Orsay mène cette politique au nom de la France. » 

« En France, on construit plein de mosquées, dans le XVIème à Paris on va construire une synagogue. Et si on y est arrivés, c’est que nous avons une très belle communauté, solidaire… tellement en phase avec l’arrondissement, où il n’y a pas d’intolérance, ni d’animosité. »

Alain Finkielkraut, qui clôturait la soirée, a évoqué quant à lui la fracture de la société : « un ennemi a frappé, et face à lui une communauté s’est formée ou reformée ». « Le 11 janvier 2015, les manifestants disaient « je suis Charlie, je suis juif, je suis flic, je suis la République. Après les attentats de novembre 2015, ils ont rajouté: « je suis la Nation. »  Un « nous » s’était donc défini. Mais il n’était pas unanime. Certains n’ont pas voulu s’associer à cette condamnation de l’ennemi. Pire, une partie de l’intelligentsia a cherché des excuses à ceux qui dans les banlieues se trouvaient assez exclus ou défavorisés pour ne pas respecter la République.

 Alors que les Juifs et la France sont tous deux désignés par l’ennemi.

Solange Hendi

2 Commentaires

  1. Il faut féliciter Radio J de ne jamais faire de publicité afin de se rendre dans un pays arabe, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour les 3 autres stations de la fréquence juive parisienne (94.8).
    Mais pas de félicitations par contre pour ces heures de musique arabe diffusées alors qu’on sait très bien qu’il n’y a pas de musique juive sur les ondes arabes.
    Pas de félicitations non plus et surtout pour avoir choisi comme invité d’honneur pour le 36ème anniversaire de Radio J le vulgaire naïf Finkielkraut, membre de JCALL, qui, sur R C J, se permit de qualifier Monsieur Trump de « gros con qui ne paie pas d’impôts, de milliardaire impénitent, d’inculte » et autres gentillesses.
    En employant cette vulgarité, Finkielkraut
    – Voulait-il imiter la racaille ?
    – Ou cet ancien président qui promit de nous en débarrasser avec un nettoyeur haute-pression de marque allemande, qui n’en fit rien et qui se distingua lors d’un Salon de l’Agriculture ?
    – Ou Monsieur Brassens dans quelques unes de ses chansons ? Je n’en sais rien mais, en tout cas, peine perdue, n’est pas Monsieur Brassens qui veut !
    A-t-il eut, lui, l’élégance de ne pas accepter sa prime d’académicien comme le fit Monsieur Trump en renonçant à ses 400.000 $ de salaire ? J’aimerais bien le savoir.
    Oui, ce naïf Finkielkraut qui se permit de demander, avec d’autres personnes juives, a être reçu par le négationniste antisémite Abbas/Mazen le 26 septembre 2010. Voir :
    http://www.desinfos.com/spip.php?article20952
    Ce Finkielkraut qui se commet toutes les semaines avec Mme Lévy (Causeur), cette dame qui, allant voir le spectacle de « l’humoriste » Dieudonné, déclara en sortant qu’elle s’était « bien amusée ». Voir :
    http://www.causeur.fr/dieudonne-dans-les-clous-25812
    Je ne pense pas que le grossier jugement de Finkielkraut sur Monsieur Trump « relève de la liberté d’expression ».

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