Le roi Abdallah II de Jordanie se rendra à Ramallah en Judée-Samarie lundi pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas, a annoncé dimanche soir un haut responsable palestinien.
Le même soir, le numéro deux du département d’Etat américain, William Burns, était reçu par M. Abbas avant de rencontrer lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
L’agence jordanienne Petra a confirmé de sources officielles palestiniennes et jordaniennes la visite du roi Abdallah, sa deuxième dans les territoires palestiniens et la première sous la présidence de M. Abbas.
« Le roi Abdallah II effectuera une visite en Cisjordanie lundi pour rencontrer le président Abbas », a déclaré à l’AFP le haut responsable palestinien qui a requis l’anonymat.
« Nous considérons cette visite comme un important soutien de la part du roi Abdallah au président Abbas sur l’orientation politique palestinienne ainsi qu’au peuple palestinien, en particulier dans ces circonstances », a affirmé ce responsable.
La visite intervient dans le cadre « du soutien aux efforts pour réaliser la paix et la création de l’Etat palestinien indépendant dans les frontières de 1967 et sur la base d’une solution à deux Etats », selon l’agence Petra.
De son côté, M. Burns s’est entretenu dimanche soir avec M. Abbas qui lui a réaffirmé être prêt à reprendre des pourparlers de paix si Israël arrêtait la colonisation et acceptait les lignes de 1967 comme base de discussions, a indiqué à l’AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.
Le président Abbas a en outre souligné que la réconciliation palestinienne était un intérêt national supérieur, a ajouté M. Erakat qui a démenti que « M. Burns soit porteur de messages de menaces de l’administration américaine contre la réconciliation palestinienne ».
Selon le quotidien israélien Maariv, la mission « d’urgence » de M. Burns a été décidée à la suite de l’annonce d’une importante rencontre cette semaine au Caire entre M. Abbas qui dirige le parti Fatah, et le chef du Hamas Khaled Mechaal.
Elle a été décidée après que M. Netanyahu eut menacé de rompre toute coopération sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne si un gouvernement palestinien d’unité nationale voyait le jour.
Selon le Maariv, M. Burns devait mettre en garde l’Autorité palestinienne contre la création d’un gouvernement d’union qui ne renoncerait pas « au terrorisme et la violence », menaçant de couper les aides américaines en ce cas.
Le sommet entre MM. Abbas et Mechaal vise à mettre en oeuvre, après un long retard, l’accord conclu le 27 avril entre le Fatah et le Hamas, qui contrôlent respectivement les zones autonomes de Judée-Samarie et la bande de Gaza, paraphé le 3 mai par l’ensemble des mouvements palestiniens.
Cet accord – dont les grandes lignes ont déjà été acceptées secrètement au Caire récemment par les deux parties, selon des sources palestiniennes prévoit la constitution d’un gouvernement intérimaire composé de personnalités indépendantes, chargé d’organiser des élections législatives et présidentielle en mai 2012.
La Jordanie et le Hamas entretiennent des relations difficiles depuis 1999, date de l’expulsion par Amman de la direction du mouvement islamiste, dont son actuel chef Khaled Mechaal.
Ces relations s’étaient encore détériorées en 2006, Amman ayant accusé le Hamas de trafic d’armes à partir de la Syrie vers son territoire.
RAMALLAH (Territoires palestiniens), 20 nov 2011 (AFP)
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