Des chars de l’armée syrienne ont pris d’assaut dimanche à l’aube la ville de Deir Ezzor dans l’est du pays, ont indiqué à l’AFP des militants des droits de l’Homme.
Les chars ont pénétré dans plusieurs quartiers de la ville et des bombardements ont été signalés dans au moins trois secteurs, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) basé à Londres.
« Les obus résonnent dans plusieurs quartiers », a indiqué M. Abdel Rahmane. Selon lui, quelque 250 chars et transports de troupes blindés participent à l’offensive.
Les Comités de coordination locaux (LCC), qui coordonnent les manifestants anti-régime en Syrie, ont pour leur part affirmé que l’armée a pénétré dans neuf quartiers de Deir Ezzor et que de « très fortes explosions » ont été entendues dans la ville.
L’attaque à Deir Ezzor a été menée quelques heures seulement après que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exhorté lors d’un entretien téléphonique le président syrien Bachar el-Assad de mettre fin à la campagne militaire contre les opposants.
« Au cours d’une conversation téléphonique avec le président Assad de Syrie aujourd’hui, le secrétaire général a exprimé sa profonde inquiétude et celle de la communauté internationale à propos de la violence croissante et du bilan des morts en Syrie ces derniers jours », a indiqué le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky.
Mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté une déclaration « condamnant » la répression des manifestations d’opposants par les autorités syriennes.
Mais Washington, Paris et Berlin envisagent de nouvelles mesures contre Damas, tandis que les monarchies du Golfe ont pour la première fois réclamé samedi la fin de l' »effusion de sang ».
L’OSDH avait affirmé vendredi que Deir Ezzor connaissait depuis mercredi un vaste mouvement d’exode de ses habitants fuyant l’offensive attendue de l’armée syrienne.
L’armée syrienne avait lancé le 31 juillet une vaste offensive dans la ville rebelle de Hama, dans le centre du pays, où des dizaines de personnes ont été tuées, selon les militants des droits de l’Homme.
L’OSDH avait indiqué samedi que les chars de l’armée syrienne cernaient aussi la grande ville du Homs, également dans le centre du pays.
Au moins 2.038 personnes, dont 389 militaires et agents de sécurité, ont péri en Syrie depuis le début du soulèvement à la mi-mars contre le régime du président Bachar el-Assad, selon l’OSDH.
La sanglante répression de ce soulèvement se poursuit en dépit de promesses répétées de réformes par le régime.
Ainsi, le ministre des Affaires étrangères Walid al-Mouallem a assuré samedi que des élections législatives « libres et transparentes » auraient lieu avant la fin de l’année.
NICOSIE, 7 août 2011 (AFP)
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