L’Union européenne a apporté son plein soutien aux décisions de la Ligue arabe, qui a annoncé samedi la suspension de la Syrie et a menacé le pouvoir syrien de sanctions s’il continue à ignorer le plan de règlement élaboré par l’institution panarabe.
« Nous soutenons pleinement les décisions prises par la Ligue arabe aujourd’hui, qui montrent l’isolement croissant du régime syrien », a déclaré à l’AFP un porte-parole du chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton.

« Nous saluons l’offre de la Ligue arabe de mettre fin aux violences et de mettre en oeuvre les réformes que le peuple syrien a réclamées courageusement au cours des derniers mois », a déclaré Michael Mann, le porte-parole de Mme Ashton.

Samedi, la Ligue arabe a suspendu l’adhésion de la Syrie jusqu’à « l’application dans sa totalité du plan arabe de sortie de crise accepté par Damas le 2 novembre ».

Elle a également appelé à des sanctions économiques et politiques contre le pouvoir de Damas, et invité l’opposition syrienne à se réunir au siège de la Ligue arabe dans trois jours pour des consultations.

Damas avait dit accepter le 2 novembre le plan arabe qui prévoit la fin des violences, la libération des détenus, le retrait de l’armée des villes et la libre circulation des médias, avant l’ouverture d’un dialogue national.

Mais, selon des organisations syrienne de défense des droits de l’homme, le pouvoir du président Bachar al-Assad a depuis cette date intensifié la répression contre les manifestants, faisant des dizaines de morts en particulier à Homs (centre), un haut lieu de la contestation.

Par ailleurs, selon des diplomates, l’UE réfléchit à de nouvelles sanctions et envisage notamment un gel des crédits accordés par la Banque européenne d’investissement (BEI) à la Syrie.

Selon une source diplomatique, la BEI pourrait suspendre tout nouveau crédit et geler le versement de toute nouvelle tranche de crédits en cours, tout en mettant fin à son assistance technique comprenant notamment des études de faisabilité.

Une décision doit être prise lundi lors d’une réunion des 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.

L’UE a déjà adopté sept séries de sanctions contre Damas, notamment un embargo sur les armes et une interdiction des importations de pétrole syrien et des nouveaux investissements dans le secteur pétrolier syrien.

Des sanctions portent également sur le gel des avoirs et une interdiction de voyager pour 56 personnalités syriennes impliquées dans la répression et 19 sociétés et institutions.

BRUXELLES, 12 nov 2011 (AFP)

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