Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a annoncé dimanche le rappel de l’ambassadeur saoudien à Damas pour « consultations », dans un communiqué consacré à la crise syrienne et publié à Ryad.
« L’Arabie saoudite annonce le rappel de son ambassadeur pour des consultations », a déclaré le souverain, qui a appelé les dirigeants syriens à « arrêter la machine de mort et l’effusion de sang, et à faire valoir la raison avant qu’il ne soit trop tard ».
« Le royaume saoudien ne peut aucunement accepter ce qui se passe en Syrie. L’événement ne se prête à aucune justification », a ajouté le roi, estimant que « la direction syrienne peut mettre en oeuvre des réformes globales et rapides » pour sortir leur pays de la vague de violence qui le secoue.
Selon lui, la répression des protestataires syriens qui a fait « un grand nombre de martyrs (…) contrevient à la religion, aux valeurs (humaines) et à la morale ».
« La Syrie n’a que deux choix pour son avenir: opter volontairement pour la sagesse, ou s’enliser dans le chaos et la violence », a-t-il encore dit dans ce communiqué au ton inhabituellement sévère à l’égard des dirigeants syriens.
« Aujourd’hui, l’Arabie saoudite se trouve face à ses responsabilités historiques à l’égard de ses frères pour leur demander d’arrêter la machine de mort » et « appliquer des réformes », a-t-il poursuivi.
La déclaration du roi Abdallah est intervenue au surlendemain d’un pressant appel des monarchies du Golfe, dont l’Arabie saoudite, à la Syrie pour mettre fin l' »effusion de sang » et entreprendre de « sérieuses réformes ».
Dans un communiqué, le Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Koweït, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Qatar) avait appelé à « la raison et à l’introduction de réformes sérieuses et nécessaires protégeant les droits et la dignité du peuple (syrien) et répondant à leurs aspirations ».
« Le rappel de l’ambassadeur saoudien de Damas pourrait être suivi par des mesures similaires de la part des autres pays du CCG », a déclaré à l’AFP l’analyste saoudien, Jamal Khachogji.
L’Arabie saoudite, qui opte d’habitude pour la discrétion dans ses activités diplomatiques, « va agir publiquement avec d’autres pays aux plans régional et international afin d’exercer des pressions sur le régime de Damas pour qu’il arrête le bain de sang » en Syrie, a-t-il ajouté.
A cet effet, « une réunion regroupant Saoudiens, Américains et Turcs notamment devrait se tenir prochainement dans une capitale de la région », a indiqué M. Khachogji, proche des cercles officiels saoudiens.
Pour sa part, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a appelé dimanche les autorités syriennes « à mettre fin immédiatement à tous les actes de violence et aux campagnes sécuritaires contre les civils ». Il s’est toutefois gardé de demander le départ du dirigeant syrien comme l’exigent les manifestants syriens mobilisés contre le régime depuis la mi-mars.
Au moins 2.000 personnes ont trouvé la mort en Syrie depuis le déclenchement le 15 mars d’un mouvement de contestation du régime, selon les militants des droits de l’Homme.
Les forces de sécurité syriennes ont à nouveau réprimé dimanche dans le sang le mouvement de contestation, tuant 54 personnes, selon les militants des droits de l’Homme, malgré un concert de critiques internationales.
Le président Bachar al-Assad a pour sa part justifié les interventions sanglantes du régime par une lutte contre des « hors-la-loi ».
RYAD, 8 août 2011 (AFP) –
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