Des conseillers américains et israéliens sont sur place pour tenter de concilier les 2 camps au Sud-Soudan.Depuis son lieu de vacances à Hawaï, le Président Barack Obama a menacé, samedi 21 décembre, de retirer le soutien américain et d’autres pays au Sud-Soudan, si les violences se poursuivent, à la suite des tirs contre trois avions américains, venus du sol, alors qu’ils survolaient la ville de Bor, détenue par les rebelles, afin d’en évacuer des citoyens américains. 4 Américains ont été blessés, dont l’un de façon critique. Obama a souligné la responsabilité des dirigeants du pays, dans la protection qu’ils doivent assurer aux Américains.

Le Président Salva Kiir.
DEBKAfile: l’avertissement américain s’applique aussi aux Israéliens qui jouent un rôle important dans l’aide apportée et la tentative de résoudre les différends entre le Président Saval Kiir et son adjoint limogé, Riek Machar, qu’il a accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat, la semaine dernière. On craint que la lutte au pouvoir entre les hommes de la tribu de Kiir, les Dinkas et le groupe ethnique des Nuers, auquel appartient Machar, ne dégénère en guerre civile. Le Président américain a dit envoyer à Juba l’Ambassadeur Donald Booth, son envoyé spécial au Sud-Soudan, alors que les Etats-Unis et d’autres puissances étrangères accentuent les pressions sur les factions du pays, lancées dans une vendetta , pour qu’elles réduisent leurs différends. La faction de Machar a, durant ce temps, pris possession des champs de pétrole, qui sont la principale source de revenus du Sud-Soudan.

Un Osprey CV-22 US, dont 6 exemplaires ont été fournis à Israël.
Obama est intervenu après que des efforts de médiation américano-israélienne entre les deux dirigeants, ont commencé à battre de l’aile. Les forces rebelles qui ont conquis Bor, la capitale de la province de Jonglei, ont tiré contre trois CV-22 Osprey américains, envoyés pour évacuer des ressortissants américains, réfugiés dans le bastion de l’ONU, dans cette ville. Tous les trois ont été endommagés, apparemment par de simples armes légères. La mission a avorté et les Osprey ont rebroussé chemin vers Entebbe, en Ouganda, avec 4 membres du personnel de vol blessés, qui ont été transportés vers Nairobi, au Kenya, pour être pris en charge sur le plan médical.

On pense qu’au moins 2.000 citoyens étrangers sont pris au piège par les combats en cours, à Bor, dont au moins 1.000 Kenyans et probablement un certain nombre d’Israéliens. Deux casques bleus indiens (ONU) ont été tués, la semaine dernière, dans une attaque contre la mission de l’ONU.
La Grande-Bretagne a annoncé samedi soir qu’elle enverrait un avion, censé emmener définitivement tous ses citoyens encore présents sur le territoire de ce pays en état de guerre.
Cette tentative de médiation américano-israélienne souligne l’importance stratégique du Sud Soudan.
Les Etats-Unis et, plus discrètement, Israël travaillent de concert pour éviter que ce nouvel état, le Sud-Soudan, -indépendant depuis juillet 2011, ne glisse vers ce que le Président Obama a appelé : « le précipice de la guerre civile », alors que les affrontements ont éclaté dans la capitale Juba, jeudi 19 décembre, pour se répandre dans tout le pays. Environ 400 à 600 personnes ont été tuées dans des combats tribaux et ethniques, depuis le week-end dernier, quand le Président Salva Kiir a accusé son rival congédié, Riek Machar, de tentative manquée de coup d’Etat.
Des officiers de haut-rang américains et israéliens ont tenté de restaurer la discipline au sein de l’armée sud-soudanaise et de poursuivre les efforts de médiation, afin d’apaiser les querelles qui ont déclenché des combats d’une grande brutalité, entre les tribus Dinka du Président et le groupe ethnique des Nuers de Machar.
Les affrontements sanglants ont poussé 100.000 personnes à quitter leurs maisons. Plus de 30.000 réfugiés ont rejoint les camps de la Mission de l’ONU au Sud-Soudan, à Akobo, dans la province de Jonglei, où deux casques bleus ont été tués.
Obama a déployé 45 militaires américains pour protéger les citoyens et les biens américains.
Israël a toujours été méfiant, concernant les activités développées dans cette nouvelle république. Cependant, des sources du renseignements ont mentionné l’arrivée d’une solide délégation d’officiers de Tsahal et d’experts des renseignements, dont certains sont des réservistes, à Juba, jeudi, prêts à utiliser leur expérience de longues années de coopération avec le Président et son ex-adjoint, datant de la période qui a précédé l’indépendance du Sud-Soudan, pour les aider à résoudre leurs différends.
Le plan américano-israélien consiste à rattacher auprès de Kiir et Machar les officiers israéliens qu’ils connaissent personnellement et en qui ils ont confiance, en tant qu’anciens conseillers, pour tenter de trouver un terrain d’entente commun entre eux, dans l’intérêt d’une réconciliation inter-tribale et nationale.
L’une des constantes de la politique étrangère israélienne, sous tous ses gouvernements, a consisté à cultiver des relations d’amitiés avec les enclaves non-musulmanes fidèles du continent africain – et particulièrement, sur sa côte Est. Le Sud Soudan contrôle aussi la plupart des réserves de pétrole de l’ensemble du pays et une partie des sources du Nil, la « ligne de vie » de l’Egypte.
Les centres d’intérêts israéliens dans cette région sont fluctuants. A l’heure qu’il est, cette présence est utile pour suivre à la trace l’extension de l’influence iranienne dans cette partie du continent – et de façon plus pressante encore, pour garder à l’œil la construction d’un port iranien de navigation militaire et une base logistique sur les côtes de la mer Rouge, au Nord-Soudan.
Grâce à cette base, Téhéran est parvenu à construire un complexe industriel pour la fabrication d’armes, dont des missiles, à l’extérieur de Khartoum. A partir du Soudan, ces armes ainsi produites ont un chemin relativement court à faire, avant d’atterrir entre les mains des principaux alliés terroristes de l’Iran, le Hezbollah libanais, le Hamas et le Jihad Islamique Palestiniens.
De là à évoquer une tentative de déstabilisation , il n’y a qu’un pas :
Selon un reportage, les rebelles parrainés par le régime de Khartoum, qui ont pour mission de combattre ce nouveau pays, le Sud-Soudan, ont reçu des armes chinoises et iraniennes.
« Des inspections minutieuses, des interviews avec des déserteurs et la comparaison de milliers d’échantillons, relevés sur les lieux de conflits, à travers le Soudan et le Sud-Soudan, révèlent qu’une vaste quantité d’armes, principalement, fabriquées en Chine, en Iran et au nord-Soudan sont passées des mains des forces de sécurité soudanaises (Nord), à celles des insurgés du Sud-Soudan« , selon le Bulletin de surveillance des armes légères.
Dans un rapport récent, intitulé « Le mouvement de Pendule : Grandeur et Décadence des Milices insurgées au Sud-Soudan« , ce bulletin déclare que le Soudan d’Omar el Béchir s’est tourné vers la Chine et l’Iran pour son approvisionnement en armes, contournant l’embargo et les sanctions américaines contre le régime d’El Bechir. En échange, Khartoum fournit du pétrole à la Chine.
Les milices appuyées par le Soudan (Nord) ont reçu des fusils d’assaut chinois de type 56, autant que des lanceurs -RPG-7. La plupart des roquettes et grenades à propulsion (RPG-7) sont fabriquées en Iran et au Soudan .
La Surveillance des armes légères a identifié trois types de lance-roquettes et grenades :
1) Des lances-roquettes produits au Soudan qui ressemblent étroitement au RPG-7 soviétique.
2) Des lance-roquettes RPG 7 fabriqués en Iran avec des poignées distinctes.
3) Des lances-roquettes hybrides, probablement assemblés à Khartoum, ayant des caractéristiques aussi bien iraniennees que soudanaises.
Ce rapport, datant de novembre 2013, est survenu à la suite d’un accord entre Juba et Khartoum, en novembre 2012. Khartoum a accusé le Sud-Soudan – lui-même déchiré par une mutinerie au sein de l’armée – de soutenir les rebelles dans la province occidentale du Darfour au Nord-Soudan.
« Il y a des rapports, selon lesquels des armes supplémentaires ont continué de transiter, au moins jusqu’au 8 août », d’après ce rapport.
Sources : debka.com Article original ;
worldtribune.com Article original
Adaptation : Marc Brzustowski.
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