… Et pourquoi c’est pourtant bien ce qu’il s’apprête à faire…

Que faire en Irak?

On s’accorde largement à penser que l’effondrement de l’Irak serait un désastre pour les intérêts américains, la sécurité du Moyen-Orient et du monde qui l’entoure. Il semble aussi qu’on suppose qu’il n’y a rien que les Américains puissent faire, actuellement, pour empêcher ce désastre, sinon que le meilleur pari qu’ils puissent faire serait de soutenir l’Iran contre Al Qaïda. Ces deux hypothèses sont totalement erronées. Ce serait irresponsable d’adopter un fatalisme prématuré concernant l’Irak. Et cela serait préjudiciable et contre-productif de consentir à une transformation des alliances et relations des Etats-Unis au Moyen-Orient, au bénéfice du régime de Téhéran. Il existe une troisième alternative.

Cette alternative consisterait à agir de façon audacieuse et décisive, pour aider à stopper l’avance des forces de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) – sans, pour autant, déléguer une légitimité et un pouvoir d’intervention à l’Iran. Cela signifierait qu’il faudrait poursuivre une stratégie en Irak et en Syrie qui travaille à renforcer les « modérés », parmi les Sunnites et les Shi’ites, sans prendre aucun des partis sectaires ou confessionnels. Cela voudrait dire qu’il faut viser à l’expulsion des combattants étrangers, autant des terroristes d’Al Qaïda que des forces spéciales et régulières iraniennes et libanaises du Hezbollah, hors d’Irak.

Cela devrait nécessiter la volonté d’envoyer, encore une fois, des forces américaines. Cela voudrait dire qu’il ne suffirait pas, simplement, de mener des frappes aériennes américaines, mais aussi qu’il faudrait accompagner ces frappes par des opérations spéciales, et peut-être, même, des unités militaires américaines sur le terrain. C’est la seule chance que nous ayons de persuader les Arabes sunnites d’Irak qu’il leur reste une alternative au fait de se joindre à al Qaïda ou d’être à la merci d’un gouvernement s’appuyant sur les escadrons de la mort entraînés par l’Iran, et que nous ne prendrons pas fait et cause pour les Iraniens. C’est aussi la seule façon de regagner de l’influence sur le gouvernement irakien et de stabiliser les forces de sécurité irakiennes en des termes qui nous permettraient d’exiger le démantèlement des milices chi’ites et d’avancer vers une limitation de l’influence de l’Iran et d’avoir un atout pour marchander avec l’Iran, afin d’insister sur un retrait de leurs forces si et quand la situation irait en se stabilisant.

Cette voie n’a rien d’aisée, mais toutes les autres alternatives seront bien pires dans leurs conséquences. Ne rien faire signifierait la certitude d’être confrontés à une guerre sectaire et interconfessionnelle totale – une sorte de Super-Syrie dopée aux stéroïdes – avec des millions de réfugiés et des dizaines ou des centaines de milliers de morts ou plus, en même temps qu’une expansion massive du contrôle iranien sur le sud de l’Irak et un sanctuaire d’Al Qaïda s’étendant du Tigre jusqu’au beau milieu de la Syrie.

Mettre tout notre poids derrière l’Iran dans le combat contre l’EIIL en Irak, comme certains le suggèrent, ne rendrait la situation qu’encore bien pire.

Mener des frappes américaines sans déployer de forces spéciales américaines et d’autres forces terrestres consisterait en définitive à faire en sorte que les USA ne deviennent que la force aérienne de l’Iran. Une telle approche serait d’une myopie extrême. La menace des affidés d’Al Qaïda est très grande en Irak, et les Etats-Unis doivent mener une action contre elle. Mais appuyer les Iraniens veut dire soutenir les milices chi’ites qui ont été les principaux vecteurs de la guerre sectaire, pour ne rien dire du fait qu’on tournerait le dos aux modérés des deux camps qui souffrent le plus cruellement. Permettre à l’Iran de pouvoir effectivement étendre ses frontières de plusieurs centaines de kms vers l’Ouest avec de véritables déploiements de troupes, constituerait un désastre stratégique.

En outre, les Etats-Unis seraient perçus comme en train de devenir les alliés de la République Islamique d’Iran contre toutes les forces du monde Arabe sunnite, en concédant la Syrie à Bachar al Assad soutenu par l’Iran et en acceptant l’émergence prochaine d’une hégémonie iranienne, bientôt en possession de l’arme atomique.

Et, au bout du compte, l’Iran n’est pas en mesure de s’emparer des zones sunnites de l’Irak – ce qui ferait qu’on finirait, à la fois, par renforcer l’Iran sans pour autant, vaincre l’EIIL.

Il ne s’agit pas, aujourd’hui, de réexaminer la décision d’envahir l’Irak, en 2003 ni la décision de s’en retirer en 2011. La crise est urgente, et il serait utile de se concentrer sur une façon d’en sortir, plutôt que de se mettre des cendres sur la tête et d’incriminer telles ou telles responsabilités. Toutes les voies possibles sont chargées de difficultés, y compris le chemin que nous préconisons d’entreprendre. Mais les alternatives consistant à permettre une victoire d’Al Qaïda et/ou à renforcer l’Iran seraient toutes également désastreuses.

11:45 AM 16 JUIN 2014 • PAR FREDERICK W. KAGAN ET WILLIAM KRISTOL

Frederick W. Kagan, rédacteur du Weekly Standard, est expert permanent à l’ American Enterprise Institute et directeur du Projet sur le Menaces critiques de l’ AEI. William Kristol est rédacteur en chef du Weekly Standard.

weeklystandard.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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yacotito

Il y a une autre voie que d’ailleurs Obama a choisit car elle lui va comme un gant:

…………………………………………………NE RIEN FAIRE

Laissons les s’entretuer, c’est peut-etre ce qui va sauver l’occident
C’est la main de D. qui les fait se battre ainsi.

D’ailleurs l’Iran n’a nul besoin d’aide: elle a les ressources pour une lutte de longue haleine avec les terroristes.
Une fois que les fanatiques de tous bords se seront occis, que les ecces de testostérone se seront répandus dans le caniveau, ils penseront moins à emmerder les autres.

En outre la flambée des prix du petrole à prévoir va obliger l’occident à exploiter son gaz de chiste, ce qui est une bonne chose.

Maguid

Voilà pourquoi Sidi Hussein d’Américanie, actuel squatter de la Maison Blanche, hypocritement, comme à son habitude, fera semblant de répondre favorablement à la demande de Al Maliki, mais ne le fera pas, en réalité. Comment peut-on imaginer que ce Obama ira guerroyer contre ses alliés islamistes? Au contraire, il est sûrement content de l’avancée des Oslamistes, pardon Islamistes. Quoique que c’est pareil OSLO ou ISLAM. Au fond ces 2 vocables ont peut-être la même racine?