Je n’avais que 14 ans à l’époque, un peu plus d’un an après ma Bar Mitzva (*) et pourtant je me souviens encore parfaitement de cette effrayante nouvelle qui nous parvint à Rabat : des Juifs avaient été massacrés à Oujda (frontière algéro-marocaine) et à Djérada le 7 juin 1948, trois semaines après la déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël !
Ce jour-là, sans raison particulière apparente, quoique…, des Arabes, en médina d’Oujda, assassinèrent 5 Juifs et un non-Juif, détruisant des boutiques et des maisons appartenant à des Juifs. La police n’intervint pas et des « mokhaznis », supplétifs marocains de la police, au lieu de défendre les victimes, se joignirent aux émeutiers.
Le même jour, à Djérada, ville minière à 50 kilomètres d’Oujda, d’autres émeutiers, ou peut être les mêmes d’ailleurs, assassinèrent 43 Juifs et en blessèrent 155 (hommes, femmes, vieillards, enfants, bébés) dont un Rabbin (Moïse Cohen) et toute sa famille (sa femme et ses 5 enfants dont le plus jeune n’avait que quelques mois……………comme à Itamar).
Le pacha d’Oujda, qui assista aux obsèques des victimes, fut lui-même poignardé dans la grande mosquée par un des émeutiers assassins de ces malheureux Juifs.
Nous étions naturellement à l’époque du Protectorat et, malgré que le Général Juin, Résident Général de France au Maroc, se soit rendu à Oujda pour faire savoir à la population que justice serait rendue, l’Administration française ne fit rien……………….ou pas grand chose.
Ce massacre rappela aux anciens ce qui se passa à Constantine (Algérie) en 1934, année de ma naissance. Le 5 août, 28 Juifs (hommes, femmes, vieillards, enfants, bébés) furent assassinés, des dizaines grièvement blessés, des maisons et boutiques juives saccagées.
Contrairement à ce que certains Juifs d’Afrique du Nord veulent bien croire, ou faire croire, surtout ceux qui conservent encore des « coutumes arabes » comme ces « you-you » qu’on peut entendre jusque (scandaleusement) dans des Synagogues » (**), les relations entre Juifs et Arabes furent émaillées de certaines émeutes similaires, certes moins graves que celles d’Oujda et Djérada, comme ce fut le cas par exemple à Mekhnès et Sefrou.
Ces dramatiques événements ne doivent cependant pas nous faire oublier la courageuse attitude du Sultan du Maroc (devenu le Roi Mohammed V après l’Indépendance du Maroc en mars 1956) pendant la sombre période de la collaboration de l’ex-maréchal traître Pétain avec les allemands. Il (le Sultan) refusa en effet d’obéir aux ordres de Vichy qui voulait étendre au Maroc le statut des Juifs décrété en France. Mais aurait-il pu résister longtemps sans le débarquement américain au Maroc en novembre 1942, débarquement auquel s’opposa le Général Noguès, Résident Général de France ? Rien n’est moins sûr !
Le souvenir de ce sinistre 7 juin 1948 fut non pas oublié mais atténué par un autre 7 juin, en 1967 celui-là, au 3ème jour de la Guerre de Six jours, lorsque le Général Motha Gur, à la tête de ses parachutistes, arriva au Kotel (Mur occidental) et libéra Jérusalem.
Notes :
(*) On disait couramment « communion » comme on disait « galette » et non « matsa », « calotte » et non « kippa », « Pâques » et non « Pessah »……………….
(**) Tout dernièrement encore, j’assistai à une Bar Mitzva et, tant à la Synagogue que dans la salle de fêtes, on pouvait entendre des « you-you », les mêmes que ceux que les femmes arabes poussent, joyeusement et hystériquement, dans les rues de Gaza, Ramallah ou d’autres villes arabes lorsque des Juifs israéliens sont assassinés. Souvenons-nous de ces horribles « cris » de joie de femmes arabes lorsque l’assassinat de la famille Fogel (Z’’L) fut connu !
Par Charles-Etienne Nephtali.
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{{ » Ils peuvent nous raconter ce qu’ils veulent nous étions des dhimmis . Point barre « .}}
{{Armand Maruani}}
{{ Nos rapports avec les arabes de Tunisie , vu par un arabe tunisien .}} {{Une curiosité comme une autre .}}
{{Le destin tragique du Juif Baittou : L’Histoire n’oublie pas}} !
{{C’est l’histoire banale d’un Tunisien qui a insulté l’Islam au milieu du siècle dernier. Une insulte, comme on en commet partout tous les jours, mais qui lui a valu une condamnation à mort. Parce qu’il ne s’agit pas d’un Tunisien tout court, mais d’un Tunisien qui, sans le vouloir, appartenait à la communauté juive. De ce fait divers, Hatem Karoui tire un livre dans lequel il nous raconte une période de la Tunisie où toutes les communautés vivaient en paix et avaient, comme dans toutes les communautés, leurs différends.}}
{{Un plaidoyer pour la paix ? Un rappel historique que Juifs et Musulmans ont vécu ensemble en paix ? Une simple histoire d’un ordinaire sujet du Bey ? Le destin tragique du Juif Baittou, roman de Hatem Karoui, édité récemment, est peut-être tout cela à la fois. Il raconte l’histoire d’un Tunisien, appartenant à la communauté juive, condamné à mort pour avoir insulté la religion musulmane. Avec Baittou, l’auteur, délicieusement, nous plonge dans la Tunisie des années 50 du XIXème siècle où différentes communautés maltaises, siciliennes, juives et musulmanes vivaient en toute quiétude, mais où aussi on réglait certains comptes politiques en utilisant la justice et le glaive.}}
{{En attendant sa condamnation puis son exécution, Baittou revient sur son passé, et c’est ce passé qui nous est servi sur près de 200 pages. Non pas celui de Baittou uniquement, mais de tout son entourage, composé de différentes communautés et d’une kyrielle de cultures.}}
{{Ce que nous découvrons (ou redécouvrons) dans cette lecture est une vie des plus ordinaires entre des personnes ordinaires que la religion n’est pas arrivée à séparer. Quoi de plus normal, en effet, qu’un Musulman collabore et coopère avec un Israélite, tous deux sujets du Bey ?}}
{{Hatem Karoui relate donc cette vie et ce quotidien des Tunisiens avec tous les odeurs et parfums de l’époque. Plongeon parmi les Musulmans et les Juifs, mais aussi dans la Grana, dans la Hara, au Djellaz ou encore à Malta Sghira. Plongeon parmi le Bey, le khaznadar, le caïd, le cadi et les différentes dynasties tunisoises musulmanes et juives. Plongeon dans les belles demeures ou aussi dans les oukalas et la misère qui y sévissait. Plongeon avec les karakouz, les bach krarsi, le rabbin, l’imam etc. Plongeon également dans les lois de l’époque, le fikh, la sharia, les condamnations à mort (pendaison ou décapitation), flagellations par le fouet etc.}}
{{En fin de compte, et comme l’indique l’auteur lui-même sur la couverture de son livre, il s’agit d’un roman historique où se mêlent, agréablement, politique, religion, faits divers, amour, séduction, commerce, affaires sociales, entre les communautés d’un même peuple. La religion n’a jamais été synonyme de citoyenneté à cette époque. L’amalgame n’avait alors aucune place possible.}}
{{Au milieu des conflits communautaires et religieux qui marquent le début du XXIème siècle —et celui d’avant— une pareille rétrospective n’est pas de trop pour rappeler aux extrémistes de tous bords qu’une vie paisible est possible, dès lors qu’on le veut. Un hymne à la tolérance, au respect du droit à la différence de l’autre, en somme, à travers une injustice subie par un cocher juif tunisien qui a été déterminante pour la mise en œuvre d’une batterie de réformes fondamentales dans la Tunisie en 1857 et les années d’après. Une injustice que l’humain a peut-être oubliée, mais que l’histoire a rattrapée avec l’ouvrage de Hatem Karoui.}}
{{Le Destin tragique du Juif Baittou de Hatem Karoui, 200 pages, édité à compte d’auteur – 12 dinars.}}
http://harissa.com/D_Histoire/ledestintragiquedujuifbaittou.htm
{{Ils peuvent nous raconter ce qu’ils veulent nous étions des dhimmis . Point barre .}}
{{Merci Monsieur Nephtali pour ce tristes rappel .}}
{{Evénements douloureux à rajouter dans le livre noir des Juifs d’Afrique du Nord quand nous n’étions que des dhimmis .}}
{{Intéressant :
De Carthage à Jérusalem : la communauté juive de Tunis}}
{{Par Robert Attal et Claude Sitbon}}
http://www.chemla.org/Tunisie.html