En 2008, un historien israélien, Shlomo Sand, publia un ouvrage (Comment le peuple juif fut inventé, Fayard), bientôt suivi de deux autres textes (Comment Israël fut inventée et Comment j’ai cessé d’être juif, Flammarion). Ces ouvrages, visant tous à dénoncer la « fiction » de « l’être juif » et de la « légitimité » de l’Etat hébreu, connurent un grand retentissement – surtout en France. Le livre de Claude Klein se donne un double but : démonter, en historien, l’absurdité des thèses de Shlomo Sand et surtout, analyser les raisons qui, en France, ont rendu ces « thèses » si populaires. Extrait de « Peut-on cesser d’être juif ? », publié chez Grasset (2/2).
Aux premières pages du dernier livre de sa « trilogie », Comment j’ai cessé d’être juif, Shlomo Sand commence par discuter et critiquer longuement le fait que l’État d’Israël (lui) impose de se recenser comme « juif » de nationalité, tout en soulignant que cet État « s’auto- désigne comme l’État du “peuple juif” », choisissant soigneusement une terminologie à résonance clairement péjorative (cet État s’auto- désigne… Quelle prétention !). Le ton est donc donné dès l’abord.

De fait, la critique de Sand est double : d’une part sur le plan collectif (l’État s’autoaffirme…), d’autre part sur le plan individuel (l’État veut m’obliger à me reconnaître comme juif).
La présente partie porte sur le premier point, c’est- à- dire sur la prétention de cet État à se définir comme « juif » et sur la signification de cette attitude.
Par auto- désignation, il faut, selon Sand, entendre l’affirmation de l’État d’Israël à constituer un État juif ou, plus précisément, l’État des Juifs. Dans la formulation de Sand, « ses »>Article original fondateurs et législateurs ont considéré cet État comme étant la propriété collective des “juifs 2 du monde”, qu’ils soient ou non croyants, et non pas comme l’expression organique de la souveraineté démocratique du corps citoyen qui y réside. »
Oui, l’État d’Israël se présente bien comme l’État des Juifs, ce qui revient à dire qu’il se définit comme l’État- nation du peuple juif. Une affirmation qui se traduit par une longue série de mesures constitutionnelles et législatives.
Soulignons cependant que celle- ci trouve d’abord sa source dans la reconnaissance internationale qui a conduit à la création de l’État en 1948 et qu’il n’est sans doute pas inutile de rappeler dans ses grandes lignes pour en dégager la signification précise.
Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique publie le document désormais connu sous le nom de Déclaration Balfour :
Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un
La dernière partie de la Déclaration introduit ce que l’on appelle les « réserves », bien moins connues que le corps même de la Déclaration. Celles- ci sont de deux ordres et concernent d’une part les Juifs dans le monde et d’autre part les communautés « non juives » de Palestine (cela vise bien entendu les Arabes). Pour calmer l’appréhension des Juifs qui, dans leurs pays d’établissement, ne se reconnaîtraient pas dans le projet sioniste, c’est- à- dire des Juifs parfaitement intégrés dans leurs différents pays, la Déclaration précise qu’il ne sera pas porté atteinte à leurs droits (des droits chèrement acquis, au prix d’un combat séculaire). On voit donc, dès 1917, poindre ici la future polémique sur la volonté qu’aurait Israël de
Pour les puristes, il faut aussi indiquer que la nature juridique contraignante de cet engagement ne saurait provenir de son édiction unilatérale par le gouvernement anglais en 1917 (à un moment où la Grande- Bretagne n’a encore aucun titre sur la Palestine, elle n’est alors que puissance occupante), mais de son inclusion dans l’accord de mandat signé en 1922 entre la Grande- Bretagne et la SDN, conférant officiellement à Londres le mandat sur la Palestine, à charge, pour la puissance mandataire, de « mettre en oeuvre la Déclaration du 2 novembre 1917 » et de « favoriser l’immigration juive ». Par ailleurs, n’en déplaise à Shlomo Sand, on trouve, dans le Préambule du texte, la formule suivante, dépourvue de la moindre ambiguïté : « Considérant que cette déclaration comporte la reconnaissance des liens historiques du peuple juif avec la Palestine et des raisons de la reconstitution de son foyer national en ce pays. » Le sionisme n’acquiert- il pas ainsi une pleine reconnaissance de la communauté des nations ?
Certains ne manqueront pas de rappeler que cet accord entre la SDN et le Royaume- Uni traduit une vision politique et diplomatique d’un autre âge, c’est- à- dire d’une période dominée par le colonialisme. Cela est indéniable. Telle est cependant la légalité internationale, renforcée par les décisions de l’ONU en 1947-48. Il n’y en a pas d’autre. Or c’est cette légalité- là qui est à l’origine de l’État d’Israël tel qu’il est conçu aujourd’hui et qui forme donc sa personnalité internationale.

Claude Klein est professeur à la faculté de droit de Tel Aviv. Spécialiste de l’histoire du sionisme, il a publié de nombreux ouvrages consacré à la théorie du droit et à l’histoire d’Israël. Il enseigne également dans de nombreuses universités étrangères en France et aux Etats-Unis, au Canada et en Suisse.
Source http://www.atlantico.fr Article original
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Chacun fait fait fait fait c’qui lui plait plait plait plait…..chanson pop ‘ulaire 2eme moitié du XX eme siècle !
J’ai vu des commentaires antisémites sur BFM avec la référence au livre de S.Sand, après le drame belge.
Cela donne la nausée.
à Valtremont
Si vous vous êtes « convertie » au christianisme c’est que vous ne connaissez absolument rien du judaïsme et que sans doute vous avez été endoctrinée. Sachez cependant que vous êtes toujours juive! Car la réponse à la question posée « peut-on cesser d’être juif? » est NON!! Impossible de sortir de l’Alliance! Impossible. Et pourquoi? tout simplement parce que le juif a en lui une parcelle de la divinité, une parcelle d’Elokim. Comme il est dit « Vénefesh hashenit béIsraël hi ‘helek héloka mimaal mamash ».
J’espère pour vous (et aussi pour tout le peuple juif car nous ne formons qu’un seul corps) que, un jour prochain vous vous intéresserez de nouveau à vos sources en les étudiant d’une façon profonde. Vous constaterez alors qu’elles n’ont rien mais vraiment rien à envier à celles que vous avez choisies.
Le proverbe chinois: « Quand tu donnes des coups de marteau sur un clou, tu l’enfonces » s’applique pleinement. Si le peuple juif n’a pas disparu dans la masse des nations, comme tous les autres peuples qui se sont succédés en France, par exemple (Ligures, Ibères, Celtes, Francs, Normands, Romains), c’est en raison des mesures d’exclusion qui l’ont frappé pendant des millénaires. Et pourtant la France est de loin le pays le plus assimilateur, à voir la proportion de mariages mixtes. Mais un cuistre ignare comme Sand est incapable de le comprendre, car incapable de se confronter à une histoire qu’il ne connaît pas. Seule l’adversité et les persécutions ont été à même de maintenir la cohésion d’un peuple aussi anarchiste que les Juifs, mais cette explication est inacceptable pour les persécuteurs et leurs larbins.
@valtremont
{{En effet vous avez tous les droits , nul n’a le droit de vous critiquer de vous être convertie au christianisme .}}
{{L’avantage si demain vous vous convertissez à l’islam vous pourrez dorénavant dire que vous êtes d’origine chrétienne .}}
Je me suis convertie au catholicisme depuis 20 ans et je dois dire que mon identité juive a été passée à la moulinette pour mon baptême. Ma conversion a été une démarche purement spirituelle comme les premiers chrétiens. Les juifs de mon entourage ont trouvé la démarche singulière ou l’on qualifié de trahison. Les chrétiens sont septiques ou repoussants. Les musulmans respectent les lois de la chria même si ils se disent modérés en considérant que les juifs ne peuvent pas se convertir. L’identité juive donnée par les nazis est bien une réalité. Volontaire ou non ma démarche a été acceptée ou rejetée de tous les côtés. Je considère pour ma part que je suis chrétienne d’origine juive comme tous les chrétiens. Une réalité qui me va bien mais qui ne plaît pas aux antisémites, aux nazis, aux islamistes et aux juifs radicaux. Un juif a le droit de vivre où il veut et d’adopter toutes les religions qui lui conviennent. C’est ce qu’on appelle une société démocratique. La société mixte ne veut pas dire uniquement les chrétiens et les musulmans en Europe.
Rien n’oblige des personnages comme Shlomo Sand de se considérer comme juif, et rien ne l’oblige à mettre les pieds en Israel. Bon vent, nous n’avons nul besoin de juifs honteux qui en abondant dans le sens de ceux qui nous haïssent dans l’espoir insensé se faire aimer d’eux. Ils sont attients du syndrome de Stockholm.
Rien ne nous empêchera non plus de voir en Israel le pays que D. nous a promis et rien de nous fera oublier Jérusalem : him echkah Yerushalayim, tichkakh yamini !
Rien n’empêchera la réalisation de la prédiction exprimée en son temps par Ezekiel:
{{וֵנַתַתִי רוּחַי בַּכֵמ וֵחַיִיתֵם וֵהַנַחְתִי אֵתְכֵם עַל אַדַמַתְכֵם}}
Et je mettrai mon souffle en vous, et vous revivrez, et je vous ferai reposer sur votre propre terre. Amen !