La blogosphère s’est enchantée de découvrir ce Cheikh jordanien Ahmad Adwan qui cite les passages du Coran, où la promesse d’une terre faite aux Juifs par Allah est non-négociable, pour tout croyant musulman et qui traite les Palestiniens de menteurs historiques invétérés et, pour le coup, d’Infidèles.
Cheikh Ahmad Adwan.

Ce religieux bédouin, il est vrai, n’y va pas avec le dos de la cuillère pour fustiger un peuple palestinien Article original qui, comme durant Septembre Noir, en Jordanie (1970) met femmes et enfants en première ligne pour faire face à une armée régulière, qu’elle soit jordanienne, autrefois, ou israélienne, lors du début de la Seconde Intifada. De tels propos, moins virulents, mais s’appuyant aux versets et sourates traitant de la Grande Promesse, ont été tenus, à maintes reprises, par l’Imam Palazzi de Rome, proche de la Communauté juive, ou des collectifs d’Arabes modérés. Même l’Imam Chalgoumi, en France, ne se risque pas à aller aussi loin.

Mais on imagine mal un dignitaire religieux isolé dire tout le contraire de la rhétorique de ses collègues, dans l’ensemble du monde arabo-musulman , sans l’aval de ses autorités de tutelle et une protection discrète de leurs services.

Deux jours plus tôt, lors de la Conférence sur la Sécurité, à Munich, le Prince saoudien Turki al Faiçal al Saoud a, également, eu des formules apaisantes envers Israël, affirmant qu’il s’agit d’un acteur important au Moyen-Orient, qu’à condition d’un bon accord avec les Palestiniens et de s’approcher du plan saoudien (dont il a pu être un des instigateurs), Israël est promis à un rôle de tout premier plan, dans la région. Après avoir stipendié le régime Assad, l’Iran nucléaire, la Russie et la Chine , chefs d’orchestre des désordres en Syrie et au Moyen-Orient, le Prince a fait l’éloge des efforts de Tzipi Livni (actuellement sous le feu des critiques palestiniennes Article original), lui demandant pourquoi Israël n’adopte pas son plan, tout en exhortant Saeb Erekat, pour qu’il s’en tienne aux conditions de l’accord de Taba, en mars 2001, où les fameux « paramètres Clinton » avaient été présentés, en pleine Intifada al Aqsa.

Cette diplomatie arabo-jordanienne va, cependant, plus loin, quand elle contrebalance les prétentions et intransigeances, tant du Sieur Abu Mazen qu’elle réclame instamment des modifications du plan Kerry. Dans le même temps, on peut se douter que les navettes vers Téhéran, comme celle effectuée la semaine passée, par Jibril Rajoub, au nom de l’OLP, sont diversement perçues dans les capitales arabes sunnites et du Golfe arabique.

D’autre part, l’histoire prenant Israël pour cible, en tant « qu’emêcheur de paix », occulte très largement que la Charte de l’OLP de 1968, confirmée plus tard, vise l’instauration d’une « Palestine historique » qui ne s’arrête pas au Jourdain, mais le franchit allègrement jusqu’en Irak (Mésopotamie).

Ainsi la Jordanie invoque son propre traité de paix avec Israël, en 1994, pour contrer les exigences de l’homme de Ramallah, concernant, aussi bien la Vallée du Jourdain que la Ville Sainte de Jérusalem.

John Kerry s’est, en effet, une fois encore, cogné la tête contre une autre réalité moyen-orientale qu’il tend à jeter aux oubliettes : le processus israélo-palestinien n’est pas « la mère des batailles » diplomatiques, pour la bonne raison qu’il existe, déjà, d’autres traités signés : celui avec l’Egypte, en 1979, et celui avec le Roi Hussein de Jordanie, en 1994. Or, l’Amérique s’est déjà brouillée, par maladresse et réprimandes, avec les Egyptiens d’Al Sissi, qui veillent, à leur façon, au maintien anti-jihadiste de l’accord avec Jérusalem (par la coopération anti-terroriste).

Les sources de Debkafile au Moyen-Orient révèlent que le Roi Abdallah II a émis une ferme protestation contre le plan Kerry et le risque d’échec de diverses clauses sécuritaires et politiques, présentes dans son accord-cadre, et qui traitent aussi de problèmes impliquant l’avenir politique et sécuritaire du royaume Hachémite. Par-dessus tout, le Roi fustige ce plan Kerry pour avoir délibérément omis de prendre en compte le facteur jordanien, qui, quant à lui, repose sur des traités déjà signés et approuvés, avec, à l’époque, l’encouragement américain, ce que semble passer aux pertes et profit l’actuelle démarche du Département d’Etat.

Kerry lui a répondu en ordonnant une réévaluation du plan de sécurité, échafaudé par le Général américain John Allen, ancien commandant de l’OTAN en Afghanistan, avec l’assistance d’une équipe 90 experts des renseignements US, travaillant à Washington et en Israël. Les arrangements sécuritaires proposés, pour la Vallée du Jourdain. Il consisterait à remplacer la présence physique d’unités israéliennes par des systèmes électroniques de surveillance, dont des drones, des satellites et d’autres moyens de sécuriser la zone de la frontière jordanienne.


Le Général John Allen.

Israël objecte, de façon insistante, à tout retrait de ses troupes de cette Vallée stratégique, ou d’évacuer ses implantations, en se fondant sur le fait que, sans présence militaire effective, même les moyens les plus sophistiqués de surveillance ne suffisent pas à réagir efficacement aux incursions .

Mais ce danger est devenu beaucoup plus aigü, depuis que les Jihadistes de l’Etat Islamique en Irak et au Levant ont pris le contrôle des territoires de l’Ouest irakien, particulièrement, parce que ces Jihadistes maintiennent des filiales en Jordanie, les deux pays ayant des frontières perméables. Jordaniens comme Saoudiens constatent, d’un très mauvais oeil, les carences sécuritaires d’un pays occupé, il y a deux ans encore, par l’Armée américaine.

Les objections de la Jordanie portent sur 4 points essentiels :

1. D’abord, les systèmes de surveillance électroniques américains mettraient le Royaume tout entier sous l’oeil des Etats-Unis. Le même argument s’appliquerait, en cas d’acceptation de la dernière proposition d’Abbas, d’un déploiement des forces de l’OTAN. Aucun pays souverain n’en voudrait, connaissant leur inefficacité légendaire.

2. A aucun prix Amman ne veut voir de forces palestiniennes d’aucune sorte prendre position le long du fleuve Jourdain. Cette objection très claire a été soulignée maintes et maintes fois, par une série de messages envoyés à Washington.

3. La question même de Jérusalem pose un autre type de problème, puisque Kerry ignore, tout simplement, le Statut de la Jordanie, en ce qui concerne les Lieux Saints, particulièrement le Mont du Temple. Or, ce statut spécial sur le Mont du Temple est reconnu formellement par l’accord Hussein-Rabin, de 1994.

En 2013, Mahmoud Abbas a signé un pacte d’entente avec Amman, reconnaissant ce même Statut spécial. Depuis lors, c’est la Jordanie qui couvre les salaires des organismes palestiniens chargés de l’entretien des lieux et l’autorité du Waqf, responsable de l’administration et de la maintenance des mosquées, sur un site saint, autant pour les Juifs qu’il ne peut être indifférent aux Chrétiens.

Autre source de légitimité branlante, pour un futur Etat palestinien : s’il peut réclamer une capitale administrative, à Jérusalem-Est ou autour de Jérusalem (Abou Dis?), il ne saurait, jamais, s’en prévaloir comme « Gardien des Lieux Saints », gérés par d’autres, se réclamant comme originaires d’Arabie Saoudite, qu’ils soient Hachémites (Jordaniens) ou Wahhabites,à Médine et la Mecque. Cela réduit d’autant une prétention à la centralité ou la sacralité de ce conflit, élevé à ce rang par les chancelleries occidentales. Or, ce point de centralité est crucial et irréfutable, en ce qui concerne l’autre partie, le peuple Juif dans son Etat et sur sa Terre.

Le Roi Abdallah exige la préservation et l’incorporation de ces deux documents dans toute proposition américaine faite aux deux camps.

4. Il a aussi insisté sur le fait que toute solution ne devait pas occulter le problème des réfugiés palestiniens en Jordanie, car c’est la Jordanie qui supervise la communauté palestinienne la plus vaste, qui représente environ 2 millions de membres. Ceux-ci sont mieux formés et mieux intégrés que les Palestiniens de Syrie ou du Liban, comme on le voit dans le Camp d’El-Haweh, source de groupes terroristes de différentes obédiences, aujourd’hui, contre le Hezbollah.

La Jordanie craint d’être considéré comme l’Etat Palestinien de facto, par opposition à un Etat Juif reconnu par les Accords de Paix, et c’est à ce titre qu’il se refuse à reconnaître Israël comme l’état du peuple juif.

Ce point est une autre pierree d’achoppement du plan Kerry, sur le « droit au retour ». Passe encore que le futur Etat absorbe quelques portions d’une population revenant de Jordanie. Mais l’afflux de millions de Palestiniens de Syrie et du Liban mènerait l’économie précaire d’une Autorité Palestinienne, tout juste capable de se maintenir la tête hors de l’eau, au bord de l’implosion. De plus, il est clair que les Palestiniens syriens et libanais ont pour formation de base l’idéologie et les techniques terroristes éprouvées ailleurs et qu’ils représenteraient, autant, un danger pour l’actuelle administration palestinienne qu’à terme, pour Israël. La stricte application d’un droit de cette nature, dans l’état actuel des rapports au Moyen-Orient, conduirait le plan Abbas-Kerry à la faillite économique, politique et sécuritaire . C’est ce que Steven J. Rosen appelle « la Bombe de la Paix » Article original concoctée par Kerry-Obama.

C’est alors que, pour se sortir d’affaires, Kerry se serait, selon les sources de Debkafile, tourné vers le Ministre des Affaires étrangères égyptien, Ismaïl Fahmi, pour savoir s’il pouvait persuader le Ministre de la Défense, le Général Abdul-Fattah El-Sissi de l’aider à dégager trop d’obstacles sur le chemin de son accord-cadre. Mais la réponse du Caire, comme il aurait dû s’y attendre, a été clairement négative.

Par Marc Brzustowski, avec Sources : debka.com Article original ; israel-flash.com Article original ; ynetnews.com Article original

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« Nous ne reconnaissons pas Israël comme Etat juif »

La Jordanie craint de devenir un Etat palestinien « de facto »; réitère ses positions sur le dossier palestinien


Mandel Ngan (AFP)

« La Jordanie ne reconnaîtra pas Israël en tant qu’Etat juif », a affirmé le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh dimanche soir, lors d’une session exceptionnelle dédiée au processus de paix israélo-palestinien et à la visite dans le royaume de son parrain, John Kerry.

« Celui qui pense que la Jordanie deviendra l’Etat alternatif de quelqu’un délire! », a lancé le ministre.

Judeh a également fustigé la proposition du secrétaire d’Etat américain d’inclure la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif dans le traité de paix israélo-palestinien.

« Cette proposition est inacceptable et la position de la Jordanie est constante » (la Jordanie n’ayant jamais reconnu le caractère juif d’Israël, ndlr), a ajouté le ministre.

Suite à ces déclarations, Judeh a exposé les principes jordaniens concernant les négociations israélo-palestiniennes. C’est à ce jour la déclaration publique la plus explicite du Royaume, qui est resté jusque-là assez discret.

Le ministre a largement fait écho, dans son discours, à la position des Palestiniens, mais a averti que la Jordanie n’accepterait aucun accord-cadre « qui ne répondrait pas pleinement aux intérêts suprêmes du Royaume ». Judeh a ainsi rejeté implicitement la naturalisation de millions de réfugiés palestiniens et de leurs descendants, par la Jordanie et a fait référence aux dispositifs de sécurité le long de la frontière d’un futur Etat palestinien dans la vallée du Jourdain.


Problème démographique Mandel Ngan (Pool/AFP)

Depuis l’abandon de sa revendication sur la Cisjordanie en 1988, le gouvernement jordanien a révoqué la citoyenneté de milliers de Palestiniens qui sont originaires de la région à travers une série de mesures bureaucratiques complexes. Quelques 200.000 réfugiés en provenance de la bande de Gaza n’ont jamais reçu la citoyenneté jordanienne.

Soucieuse d’un changement démographique en faveur des Palestiniens, la Jordanie a récemment bloqué l’entrée de réfugiés palestiniens fuyant la guerre civile en Syrie.

Officiellement, la Jordanie craint que la définition d’Israël comme un Etat juif puisse éventuellement conduire à l’expulsion forcée des Palestiniens vivant à présent en Israël vers l’est du Jourdain.

Selon certaines estimations, environ la moitié de la population de la Jordanie (soit 6,4 millions) ne possèdent pas la citoyenneté jordanienne. De nombreux réfugiés palestiniens figurent notamment parmi ces « non-citoyens », mais aussi des réfugiés irakiens et syriens.

Plus de 3 millions de personnes résidant en Jordanie sont d’origine palestinienne, avec près de 2 millions enregistrés comme réfugiés auprès de l’Agence onusienne, l’UNRWA.

i24news.tv Article original

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