Le Pakistan entre dans la danse syrienne. Il se joint à l’Arabie Saoudite et se met l’Iran à dos. Cette prise de position radicalise un peu plus le conflit régional selon des lignes de fratures sunnites/chi’ites à implications diverses, en matière de « non-prolifération »… Le Pakistan est doté de l’arme nucléaire, mais il a aussi des accords avec l’Iran (puisque c’est lui qui lui a confié les premiers composants)…


à l’ombre des jeunes filles en fleurs.

Le Pakistan a rompu avec sa position de non-aligné, au sujet de la guerre civile en Syrie, en prenant officiellement parti pour l’Arabie Saoudite, selon des reportages dans divers journaux régionaux. Au cours d’une rencontre entre le Ministre saoudien de la défense et une délégation de responsables pakistanais de haut-rang, dont son Premier Ministre, ces deux pays se sont mis d’accord sur un communiqué qui soutient largement le camp saoudien, dans la guerre civile syrienne.

L’Express Tribune rapporte Article original :

Un communiqué conjoint rendu public après la rencontre entre le dignitaire saoudien et les cercles dirigeants civils et militaires à Islamabad suggère clairement un changement de la politique pakistanaise à l’égard de la Syrie. Jusqu’à présent, Islamabad n’avait pas pris parti, en tentant de maintenir un équilibre fragile, dans ses liens avec Riyad aussi bien qu’avec Téhéran, qui sont aux antipodes, concernant le conflit syrien.

Des sources officielles ont affirmé à l’Express Tribune, que le récent florilège de visites d’officiels saoudiens de haut-rang avait pour objectif de persuader Islamabad de soutenir Riyad en Syrie, après sa perte de confiance en l’Administration américaine pour chasser Assad du pouvoir.

Cela fait un moment que le Pakistan soutient secrètement Article original les efforts saoudiens dans la guerre civile syrienne. Très contrariée par le manque d’action américaine dans le soutien aux rebelles syriens contre le régime Assad, l’Arabie Saoudite s’est tournée vers le Pakistan pour l’aider à les entraîner et les armer.

Maintenant, cela dit, le soutien pakistanais aux efforts saoudiens en Syrie est officiel. Une partie du communiqué commun, publié au cours de la visite du Ministre saoudien de la Défense, déclare que les deux pays travailleront pour « la formation d’un organisme de gouvernement transitoire ayant les pleins pouvoirs exécutifs, lui permettant de prendre en charge les affaires du pays » – l’implication étant qu’Assad ne devrait plus gouverner.


L’Arabie saoudite, qui tente d’unifier et de renforcer les rebelles syriens, est en pourparlers avec le Pakistan pour leur fournir des armes anti-aériennes et anti-chars capables d’inverser le rapport de forces sur le terrain, selon des sources proches du dossier. – Sezayi Erken/AFP

L’alignement pako-saoudien survient à un moment particulièrement difficile dans les relations entre Islamabad et l’Iran, qui arme et approvisionne le régime Assad contre les rebelles financés par l’Arabie Saoudite. Des soldats iraniens ont récemment été kidnappés par des insurgés opérant dans la province pakistanaise éloignée du Baloutchistan. L’Iran a menacé d’envahir le territoire pakistanais dans le but de venir à leur secours, un acte dont le Pakistan dit qu’il est absolument hors de question. Jusqu’à présent, ces soldats demeurent introuvables.


Il ne fait pas bon être Pasdaran au Baloutchistan.

Mais l’accord avec les Saoudiens pourrait avoir des effets négatifs pour le Pakistan. D’une part, le projet de pipeline de gaz naturel Article original, entre l’Iran et le Pakistan, qui pourraient apporter d’énormes bénéfices au réseau électrique vétuste du Pakistan, sera probablement reporté.

S’aligner sur l’Arabie Saoudite pourrait aussi aliéner l’importante population chi’ite du Pakistan (la deuxième plus importante communauté dans le monde après celle de l’Iran), qui, parfois, regarde l’Iran comme son protecteur. Les Chi’ites pakistanais se rappelleront que c’est l’argent des Emirats du Golfe qui a alimenté les Madrassas au Pakistan, lors de la montée en puissance des Taliban.

Mais, tout bien pesé, l’accord saoudien avec le Pakistan ne fait que refléter l’état de peau de chagrin du leadership de l’Administration Obama au Moyen-Orient et en Asie Centrale. Riyad est prêt à se chercher d’autres amis susceptibles de l’aider bien mieux dans ses efforts pour renverser le Boucher Assad, et le Pakistan s’est montré fort désireux de le faire.

Publié le : 20 février 2014 3:59 pm

the-american-interest.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski

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Syrie: l’Arabie cherche à équiper les rebelles d’armes pakistanaises


Le Manpad Anza qui fait cruellement défaut aux rebelles pour abattre l’aviation syrienne.

L’Arabie saoudite, qui tente d’unifier et de renforcer les rebelles syriens, est en pourparlers avec le Pakistan pour leur fournir des armes anti-aériennes et anti-chars capables d’inverser le rapport de forces sur le terrain, selon des sources proches du dossier.

Les Etats-Unis imposent jusqu’à présent un veto à la fourniture de telles armes par leurs alliés aux rebelles, de crainte qu’elles ne tombent aux mains d’extrémistes, mais l’échec des négociations de paix de Genève les encourage à changer de position, d’après des opposants syriens et des analystes.

Lors d’une visite éclair la semaine dernière dans le nord de la Syrie, le chef de la coalition nationale de l’opposition, Ahmad Jarba, a promis aux rebelles que « des armes performantes vont bientôt arriver ».

« Les Etats-Unis pourraient permettre à leurs alliés d’équiper les rebelles d’armes anti-aériennes et anti-char, après l’échec des négociations de Genève et le regain de tension avec les Russes », estime Abdel Aziz Al Sager, directeur du Gulf Research Center.

« Permettre aux alliés des Etats-Unis de fournir de telles armes (aux rebelles) réduirait la pression sur les Etats-Unis à court terme. Mais le principal souci à long terme est que ces Manpad (système d’arme sol-air portable) ne tombent entre d’autres mains et soient utilisés pour abattre un avion civil quelque part dans le monde », explique pour sa part Simon Henderson, directeur du programme Golfe et politique énergétique au Washington Institute for Near East Policy.

Une source proche du dossier indique, sous couvert d’anonymat, que l’Arabie saoudite va se procurer ces armes auprès du Pakistan, qui fabrique sa propre version de ces systèmes sol-air à très courte portée (Manpad) nommés Anza et des armes anti-chars.

Elle souligne que le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le général Raheel Sharif, s’est rendu début février dans la première visite de ce genre en Arabie saoudite, où il a rencontré le prince héritier Salman ben Abdul Abdel Aziz.

Le prince Salman, accompagné d’une importante délégation, s’est à son tour rendu la semaine dernière au Pakistan.

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de l’armée pakistanaise et des autorités saoudiennes.

Les rebelles affirment que des armes anti-aériennes et anti-char leur permettraient de changer le rapport de forces sur le terrain, le régime disposant pour le moment de la suprématie aérienne et ayant recours au procédé particulièrement meurtrier de lancement à partir d’hélicoptères de l’armée de barils d’explosifs sur les zones civiles.

Selon cette même source, la fourniture d’armes serait accompagnée de facilités de stockage en Jordanie.

– Partage en zones d’influence –

L’Arabie saoudite jouit d’une forte influence sur le front sud, où elle coordonne son action avec la Jordanie, et a encouragé l’unification des combattants rebelles dans cette zone, selon des opposants syriens.

Par contre, le Qatar et la Turquie sont chargés de la coordination avec les rebelles sur le front nord, frontalier de la Turquie, indique un responsable de l’opposition syrienne qui ne veut pas être nommé.

Il assure que ce « partage en sphères d’influence » a été décidé par ces pays qui sont les principaux soutiens de l’opposition, tout en reconnaissant que les divergences entre Doha et Ryad « affaiblissent » les rebelles.

La perte d’influence de Doha au profit de Ryad avait déjà été illustrée par l’élection en juillet dernier d’un proche du royaume, Ahmad Jarba, à la tête de la Coalition nationale de l’opposition.

Elle est aujourd’hui consacrée par la mise à l’écart du chef du conseil militaire suprême (CMS), qui chapeaute l’Armée syrienne libre (ASL), le général Selim Idriss, le 17 février, indique cet opposant.

Selon une source de l’opposition, le principal reproche fait au général Idriss était « la mauvaise distribution des armes » ainsi que « des erreurs dans les combats ».

Le général Idriss, considéré comme proche du Qatar et qui a refusé son limogeage, a été remplacé par le général de brigade Abdel Ilah al-Bachir, chef du conseil militaire rebelle pour la région de Qouneitra, dans le sud de la Syrie.

Sur le plan intérieur, le royaume a par ailleurs retiré la gestion du dossier syrien au chef des services de renseignement, le prince Bandar, et en a principalement chargé le ministre de l’Intérieur et fer de lance de la lutte contre Al-Qaïda, le prince Mohammed ben Nayef, selon un diplomate occidental en poste dans le Golfe.

La gestion par le prince Bandar du dossier syrien avait été critiquée par les Etats-Unis, selon des sources diplomatiques.

Ce changement, dont il est pour le moment difficile d’évaluer l’impact sur le terrain, devrait apaiser les Etats-Unis, à l’approche d’une visite en mars du président Barack Obama dans le royaume, qui reproche à son allié américain son absence de fermeté sur le dossier syrien, d’après les analystes.

AFP

lejdc.fr Article original

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