Les élections que nous venons de vivre en Iran, ont été marquées par l’incontestable succès du nouveau président Hassan Rohani, élu au premier tour avec plus de 50% des voix, et le très important taux de participation..C’est-à-dire que le peuple iranien, lassé par la paranoïa du président sortant, les sanctions économiques sévères qu’il subit du fait de sa course à l’arme atomique et sa politique agressive à l’égard des pays occidentaux, lassé par le mode vie qu’on lui impose, s’est engouffré comme un seul homme dans la brèche qui s’ouvrait devant lui, pour élire le seul des candidats qui se qualifiait de réformateur.
Est-ce à dire que ce grand peuple a cru un seul instant qu’il pourrait par son vote renverser le régime des ayatollahs ?

Certainement pas.
Mais il a voulu signifier son raz-de-bol à ceux qui gouvernent en fait le pays, c’est-à-dire le tout puissant ayatollah Khamenei, les gardiens de la révolutions et les milices islamiques, signifier qu’il en avait assez, qu’il souhaitait mener une vie normale .
Quelles chances a-t-il de voir bouger les choses ?
Théoriquement pas énormes.
A moins que les maitres de l’Iran soient sensibles à la puissance de cette lame de fond et décident d’en tenir compte.
Il y aura alors quelques réformettes et un semblant de main tendue à l’Occident.
Mais rien ne dit qu’il y aura du nouveau du coté du programme nucléaire ni du soutien au Hezbollah et à bachar Al Assad ni de la haine pathologique de l’état d’Israél que le nouveau président s’est empressé de désigner comme, l’ennemi à abattre, reprenant ainsi à son compte l’héritage d’Ahmadinejad .

Qu’en sera-t-il des libertés publiques, du statut de la femme ?
Rohani a-t-il la volonté et surtout la possibilité de modifier en profondeur une république islamique vieillissante et anachronique ?
Rien de moins sûr !
On va probablement assister à une formidable partie d’échecs avec les puissances occidentales, dans un style plus feutré, plus policé peut-être que celui qui prévalait avec l’ancien président.
Le risque d’une intervention militaire américaine ou israélienne va probablement s’éloigner, Rohani essaiera d’alléger les sanctions , mais cela ne l’empéchera pas d’avancer dans la possession de la bombe atomique si telle est la volonté du guide suprême
Alors au final, lui ou un autre, est-ce bonnet blanc blanc-bonnet, comme on le laisse entendre dans la presse israélienne ?
Peut-être pas tout à fait, car les Iraniens qui avaient contesté massivement dans la rue, au péril de leur vie il y a quatre ans la réélection frauduleuse d’Ahmadinejad ont fait de nouveau entendre leur voix et le pouvoir sera bien obligé d’en tenir compte.

André Nahum

TAGS: Iran Elections Rohani Nucléaire Hezbollah Assad

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