Le dirigeant de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a menacé samedi d’intervenir dans le conflit syrien pour protéger la vie des civils kurdes de Syrie.
Ce nouveau rôle d’intervenant et de protecteur régional, que M. Barzani est prêt à joué, s’inscrit dans le contexte de l’autonomie croissante des Kurdes de Syrie et de l’ouverture d’un front anti-islamiste au Nord de la Syrie. Qul que soit le vainqueur de ces années de plomb de la guerre civile syrienne, il est peu probable que les Kurdes acceptent jamais de se ranger sous la bannière d’Assad ou des rebelles Sunnites. Une entité autonome kurde à l’ouest du Kurdistan irakien protège la frontière de celui-ci et lui offre un atout supplémentaire pour prendre son indépendance, vis-à-vis de Bagdad, avec, pour principal allié naturel : Israël. Nous reviendrons sur cette prospective géopolitique d’un Etat kurde non-déclaré qui se profile au Levant.
Le Kurdistan irakien, qui partage une frontière avec la Syrie, est largement autonome et dispose de sa propre force militaire. Des combats opposent dans le nord syrien des groupes jihadistes hostiles au régime de Damas à des forces d’auto-défense kurdes qui tentent de forger leur propre autonomie dans les zones sous leur contrôle.
Fin juillet, des groupes jihadistes liés au réseau el-Qaëda ont pris en otages environ 200 civils kurdes après de violents combats avec des combattants kurdes dans deux villages du nord-est de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

M. Barzani a appelé dans un communiqué les partis du Kurdistan irakien à établir la véracité des informations faisant état de l’intention « de terroristes » de tuer des Kurdes en Syrie. « Si de telles informations étaient avérées, et que des citoyens kurdes innocents, des femmes et des enfants, étaient menacés de mort et de terrorisme, la région du Kurdistan irakien mettra en oeuvre toutes ses capacités pour défendre les innocents », a affirmé M. Barzani.
(Pour mémoire: Les Kurdes appellent à la « mobilisation générale » contre les jihadistes)

Les Kurdes, qui comptent pour environ 10% de la population syrienne, ont cherché à se maintenir à l’écart du conflit qui déchire leur pays, mais des combats ont éclaté après que des milices kurdes ont chassé des jihadistes d’Al-Nosra de la ville de Ras al-Aïn, à la frontière turque. ‘

M. Barzani avait annoncé le mois dernier que sa région autonome se préparait à accueillir en août une conférence réunissant des partis kurdes d’Irak, de Syrie, d’Iran et de Turquie pour discuter de l’avenir de la région.
lorientlejour.com Article original
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