selon certaines estimations des services de police chargés de la répression des fraudes, les paris illégaux en Israël réaliseraient un chiffre d’affaires proche de 15 milliards de shekels par an, soit environ 3 milliards d’euros. En revanche, les paris légaux totalisent un revenu de 6,5 milliards de shekels, soit 1,3 milliard d’euros.
Autrement dit, les fonds drainés par les paris illégaux sont deux fois plus importants que ceux misés sur les jeux officiels.
Paradoxalement, l’Etat incite ses citoyens à parier dans le cadre des loteries officielles, tout en lui interdisant les jeux qui n’ont pas reçu son aval, notamment les jeux sur Internet.
Les paris légaux en Israël s’effectuent à travers deux organismes: la loterie nationale (ou Mifal Apais) et les paris sportifs (ou Toto) gérés par le Comité d’organisation des Jeux sportifs.
Si le Mifal Apais revendiquait un chiffre d’affaires de 4,7 milliards de shekels en 2011 (950 millions €), les paris sportifs ont attiré 1,5 milliard de shekels en 2011 (300 millions €), et ils bondiront à 1,9 milliard en 2012 (380 millions €).
En ce qui concerne les paris illégaux, il n’existe pas de chiffres officiels mais des estimations basées sur les enquêtes de police et l’expérience étrangère. Le chiffre d’affaires annuel de cette activité atteindrait près de15 milliards de shekels par an, soit environ 3 milliards d’euros.
En 2011, la police a intenté 1.300 actions en justice contre des parieurs qui s’adonnent à des jeux clandestins.
Les paris illégaux rapportent gros, et pas seulement en Israël, loin s’en faut.
Selon le cabinet d’audit financier Ernst & Young, les paris illégaux dans le monde ont totalisé 358 milliards de dollars en 2008, et ils augmentent au rythme de 6% l’an.
Si le chiffre est un peu ancien, les sommes misées en jeux en 2012 doivent être supérieures de 25% à celles de 2008, soit la somme astronomique de 450 milliards de dollars.
Et quelle est la place de l’Internet dans le boom des jeux illégaux?
Selon les experts de l’association du jeu en ligne RGA (Remote Gambling Association), il existait en 2009 environ 2.500 sites de jeux de hasard en ligne, dont les sites israéliens 888 et Playtech.
Les sommes drainées sur les sites de jeux clandestins totalisaient environ 30 milliards de dollars en 2009, soit 8% seulement du chiffre d’affaires total de cette activité dans le monde.
La folie des jeux clandestins sur Internet semble donc relativement marginalisée.
Il reste qu’en Israël, les paris sont le monopole de l’Etat.
Celui-ci est le seul habilité à délivrer des licences.
Ce monopole lui assure de confortables revenus, qui permettent aussi de financer des infrastructures publiques (écoles, sport, culture, etc.).
Par le passé, des députés ont déposé des projets de loi visant à autoriser les casinos privés en Israël, sans succès jusqu’à ce jour.
Jacques Bendelac (Jérusalem)/ Israel Valley Article original
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