Alors que la situation empire de jour en jour, le régime syrien a décidé de mettre fin à la loi d’urgence en vigueur dans le pays depuis 1963.

Les manifestations en Syrie auraient déjà fait plus de 120 morts.La loi d’urgence devrait être levée en Syrie. Mise en place dès l’arrivée du parti Baas au pouvoir, cette loi permet, entre autres, de surveiller et contrôler les médias et les communications. En vertu de cette loi, plusieurs centaines d’individus ont été emprisonnés, considérés comme « suspects ou personnes menaçant la sécurité ». 

Cette loi d’urgence sera donc abrogée. « Mais je ne sais pas quand elle (cette abrogation) sera mise en application », a déclaré dimanche la conseillère du président syrien Bachar al-Assad, précisant que « toutes les personnes arrêtées en vertu de cette loi seront libérées ». Dans les faits, cependant, le pouvoir en place a déjà commencé à libérer certains prisonniers. Dix-sept militants arrêtés il y a deux semaines, au début des manifestations, ont été remis en liberté dimanche.


Le président, très discret depuis le début des troubles en Syrie, devrait prochainement s’adresser à son peuple et préciser les mesures qu’il entend prendre pour son pays. 

Pas sûr cependant que ce discours suffise à calmer la révolte. La situation en Syrie est pour le moins tendue. Vendredi, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. Vingt-quatre manifestants auraient été tués selon les militants des droits de l’homme. Deux jours plus tôt, 100 personnes auraient été tuées à Deraa. 

Dimanche, l’armée syrienne a été déployée à Deraa et dans le port de Lattaquié, dans le nord du pays. 

France Soir Infos

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Proche-Orient/Syrie : Le mur de la peur s’est fissuré, mais va-t-il tomber ?

Ce n’est pas la première fois que la rue syrienne s’élève contre ses dirigeants. Ce fut le cas dans les années 60, 70 du siècle dernier, mais surtout en 1982 où le pouvoir en place s’est senti directement menacé. Sa réaction fut impitoyable. Il n’y a pas de chiffres officiels du carnage perpétré alors par les forces de sécurité syriennes à Hama, fief de la rébellion à Hafez el-Assad.

L’estimation va du simple au double : de 15000 à 30000 morts. Ce qui est sur, par contre, c’est que depuis, le régime syrien a verrouillé son système de domination : censure renforcée, surveillance accrue, arrestations arbitraires, liquidations d’opposants, justice à la botte, médias muselés… L’arrivée à la tète de l’Etat, quelque peu malgré lui, de Bachir el-Assad avait suscité des espoirs de changement. Lui-même, donnant avec son épouse l’image d’un couple moderne à l’occidental, avait multiplié les déclarations en ce sens, promis davantage de justice sociale, de libertés individuelles, d’égalité des chances, de battre en brèche la corruption consubstantielle au système de gestion du pays.

Des promesses qui se sont avérées de gascon ! Bachir el-Assad a viré au dictateur, à l’imitation de son père, mais sans la sagesse politique de celui-ci. Il a ainsi accroché la minorité gouvernante alaouite –d’essence chiite- à la politique d’eschatologie religieuse iranienne, ce qui a relégué au second plan cette fierté nationaliste arabe syrienne, tissée par son père.

Ce qui vient de l’amener à commettre une autre bêtise de taille, à savoir faire appel au Hezbollah, et aux membres des Gardiens de la révolution iranienne agissant au Liban, pour briser le mouvement de protestation qui se propage dans tout le pays. Comme s’il craignait que l’armée, du moins sa base, lui fasse défection au moment crucial. Car ce qui ressort des manifestations en cours , c’est que, primo, la peur qui tenaillait la société civile syrienne est tombée et que, secundo, les manifestants sont passés d’une aspiration à des réformes, à plus de libertés, à une exigence de démocratie qui implique la chute du régime en place depuis 40 ans. Tout comme en Tunisie. Tout comme en Egypte. Et tout comme au Yémen, ou le président est en passe de se démettre.

Côté israélien, les évènements en Syrie sont suivis avec davantage d’attention que ce qui vient de se passer en Egypte. Pour deux raisons pour le moins. Et d’une, c’est que la Syrie est un rouage essentielle dans la stratégie iranienne visant à l’hégémonie régionale, tant politique que religieuse. La Syrie est devenue, en quelque sorte, une maison de passe par où transitent les armes – du fusil d’assaut aux missiles sophistiqués, de la cartouche aux explosifs – destinés à l’islamisme radical au Liban et dans la bande de Gaza. L’interception du cargo Victoria, voici une quinzaine, est une belle illustration du rôle imparti à Damas.


Et de deux, des informations qui filtrent, il apparaît que les opposants au régime sont en majorité des jeunes, sunnites pour la plupart, avec une moyenne d’âge de trente ans (ce qui n’étonne pas dans la mesure où le chômage frappe surtout les jeunes issus des universités), dépourvus de meneurs, de leaders. Ce vide ouvre la porte à tous les opportunismes.

Réapparait ainsi le nom de l’oncle du président, Rifa’at el-Assad, qui n’a pas digéré d’avoir du s’effacer devant un « freluquet ». Ou encore, celui d’Abdel Halim Khadam, ancien vice-président de Hafez el-Assad. Des noms qui sont bien connus à Jérusalem et qui pour cela peut-être posent interrogation. Mais, et nul ne peut écarter ce mais dans le Proche-Orient d’aujourd’hui, il n’est pas dit que Bachir el-Assad soit à conjuguer au passé. C’est cette incertitude quant à l’avenir proche qui fait que, à Jérusalem, toutes les antennes sont déployées.

Avec des divergences d’analyse. Pour d’aucuns, les évènements en cours sont une justification à la politique du sur-place quant à la recherche d’un accord avec Damas, pour d’autres, ils représentent une chance de voir un changement radical, dans le bon sens, de la situation instaurée dans le nord du pays par la subordination de Damas à Téhéran.

Mati Ben Avraham, IsraelValley.com

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