Les derniers événements d’Ukraine ont provisoirement relâché l’attention de la communauté internationale sur les développements en cours de la crise syrienne, et en particulier sur les combats se déroulant actuellement à la frontière turque. C’est tout juste si une dépêche de presse a relaté que l’armée turque a abattu un chasseur syrien qui y bombardait des rebelles.

L’implication croissante de la Turquie dans ce conflit devrait pourtant constituer un motif supplémentaire de préoccupation. Car si l’objectif conjoncturel d’Ankara d’abattre le régime de Bachar El-Assad est éventuellement conforme aux souhaits des Occidentaux, les méthodes employées devraient susciter la plus grande inquiétude. La Turquie est en effet en passe de devenir l’un des principaux « hubs » régionaux du terrorisme international, loin devant d’autres Etats qui ont pu trainer cette réputation.
Le dernier exemple des pratiques turques en la matière a débuté ce 21 mars. Au petit matin, des islamistes radicaux ont pénétré en territoire syrien à partir de trois bases situées en Turquie pour y attaquer le canton de Kessab. A cet effet, les combattants islamistes identifiés comme appartenant à Jabhat Al-Nosra, récemment rebaptisé Al-Qaïda au Levant, sont nécessairement passés entre les casernements de l’armée turque. Les combats sont encore en cours mais on rapporte de sources sûres que les blessés islamistes ont été rapatriés en Turquie où des soins leur sont prodigués. C’est dans ce contexte qu’est survenu l’épisode de l’avion abattu.
Kessab n’est pas n’importe quel village de Syrie. C’était en vérité la
Plus généralement, l’AKP en général et le Premier ministre Erdogan en particulier ont fait montre ces dernière années d’une singulière
L’ensemble de ces agissements devraient conduire la communauté internationale à condamner le régime d’Ankara et à prendre de sérieuses mesures
Laurent Leylekian – Fabrice Balanche
Laurent Leylekian est analyste politique, spécialiste de la Turquie
Fabrice Balanche est spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO)
Source : atlantico.fr Article original
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