LA BAT MITSVAH : FAUT-IL VRAIMENT UN DEBAT ?

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Il n’y a pas si longtemps, accomplir sa Bat Mitsvah à la synagogue allait de soi.

Cette période semble révolue dans certaines de nos synagogues, où le rabbin en place proscrit purement et simplement pareille cérémonie, qui ne serait, d’après lui, qu’un « ersatz «  de bar mitsvah.

Pas question d’une cérémonie dans la synagogue, pas question que la fillette chante en public quelques airs liturgiques ou encore qu’elle traduise certaines prières ou même qu’elle prononce un discours, même si chez elle, à la maison toute la famille entonne des airs juifs traditionnels du Chabbat.

Résultat : une fête artificielle sans aucune spiritualité, de jeunes juives, déçues d’être considérées comme inférieures à leurs frères, amères d’être obligées de célébrer leur majorité religieuse dans le salon d’un grand hôtel ou même, comble du comble, dans une discothèque !

C’est en pratiquant de la sorte, qu’on rate le moment symbolique de ce passage où la fillette devient une jeune fille responsable de ses actes et de son avenir religieux. Certes, tout le monde est d’accord pour reconnaître que les commandements ne sont pas les mêmes pour un garçon que pour une fille, et que la Bat Mitsvah n’est pas une Bar Mitsvah, mais il faut savoir reconnaître que les filles d’aujourd’hui ont les mêmes aspirations à la connaissance que les garçons.

Chacun devrait s’avouer ravi de constater que l’ensemble de la famille, garçons et filles, soient motivés par l’amour du judaïsme. Heureux les rabbins qui ont compris le sens et la portée de la Bat Mitsvah, ce carrefour de la maturité spirituelle de la jeune fille qui comprend d’où elle vient et où elle va.

Il ne faudrait pas que certains esprits imbus de certitudes tranchantes, transforment en un vœu dérisoire ce souci légitime des familles de voir chacun de ses membres prendre conscience de l’importance de son rôle dans la transmission de notre tradition.

Ce débat est actuel car la plupart des présidents de communautés souhaitent que la bat mitsvah s’instaure de façon officielle dans leur synagogue. Formons le vœu que s’apaise ce vent d’intégrisme et que des guides spirituels,conscients et éclairés, sachent redonner à ce moment privilégié qu’est la Bat Mitsvah, la place qui lui revient, contribuant ainsi à former de futures épouses, pleinement conscientes des valeurs juives qu’elles devront un jour transmettre à leurs enfants.

Moise COHEN

Président d’Honneur du Consistoire de Paris

1 COMMENT

  1. Atteindre sa majorité est un moment important et il est bon de le partager avec sa communauté, pour les filles comme pour les garçons. Si le changement est plus intense pour les garçons (tephilins, minyan) il n’est pas négligable pour les filles. Il est excellent qu’elles fassent leur dvar thora à la synagogue.

    Je veux croire que les faits rapportés sont anecdotiques et ne concernent que quelques rabbins épars.

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