L’ex-patron du FMI, dont le nom est cité à maintes reprises dans le dossier lillois, se retrouve de plus en plus seul.

Les poursuites pénales abandonnées dans le dossier du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn aurait pu, à défaut d’un avenir politique, croire à une retraite dorée. Elle s’est muée en chemin de croix. S’il n’a pas juridiquement été mis en cause dans « l’autre affaire DSK », celle de l’hôtel Carlton de Lille (Nord), l’ex-présidentiable PS y a perdu le peu de crédit qui lui restait, et ses rares amis demeurés fidèles.

Depuis plusieurs semaines, le nom de l’ex-directeur du FMI est abondamment cité dans ce réseau de proxénétisme, dont plusieurs acteurs usaient, semble-t-il, pour nourrir son insatiable appétit sexuel. La révélation de ses frasques a achevé de le déstabiliser.

Ses rares visiteurs récents décrivent un Dominique Strauss-Kahn qui n’est plus que l’ombre de lui-même, y compris physiquement. Son plus fidèle soutien, sa femme depuis plus de vingt ans, Anne Sinclair, pourrait elle aussi s’éloigner de cet homme qu’elle a pourtant soutenu ces derniers mois contre vents et marées. Depuis qu’elle a découvert dans la presse qu’il recevait des prostituées à Washington lors de ses absences, à l’époque où il était encore patron du FMI, le mot divorce n’est plus tabou.

Les comptes communs du couple sont clôturés

D’autant qu’à New York, l’affaire du Sofitel se poursuit au civil. DSK pourrait être condamné à payer des millions de dollars à l’ancienne femme de chambre. Une facture dont Anne Sinclair, selon nos informations, n’a pas l’intention de s’acquitter à sa place. Elle a ainsi récemment clôturé les comptes communs du couple.

Très attentifs à « l’affaire du Carlton », les avocats de Nafissatou Diallo, eux, sont plus que jamais en embuscade, et comptent utiliser d’éventuels éléments à charge dans la procédure française comme autant de preuves devant un tribunal civil américain. « Nous sommes informés quotidiennement de ce qu’il se passe en France », prévient ainsi Douglas Wigdor, l’un des conseils de Nafissatou.

Nicolas Jacquard

Le Parisien.fr

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DSK : la procédure civile peut lui coûter très cher

Blanchi au pénal, Dominique Strauss-Kahn est toujours sous la menace d’un procès civil outre-Atlantique, depuis que les avocats de Nafissatou Diallo ont déposé plainte le 9 août à New York, avec en ligne de mire l’obtention de dommages et intérêts pour leur cliente. Une facture qui pourrait s’élever à au moins 8 M$ (5,90 M€) selon la jurisprudence new-yorkaise.

Prochaine étape : le tribunal du Bronx, qui a été saisi, devra dire si l’ex-directeur du FMI bénéficie ou non d’une immunité liée à son ancienne fonction. « Les conclusions des uns et des autres sont très argumentées, analyse Me Christopher Mesnooh, avocat inscrit aux barreaux de Paris et New York. Le juge pourrait statuer sur ce point avant la fin de l’année. »

Si une telle immunité était retenue, les poursuites cesseraient tout de suite. A l’inverse, en cas de rejet, le magistrat ouvrirait la voie à un éventuel procès, sachant qu’à tout moment les deux parties peuvent négocier un accord.

Fin août, Benjamin Brafman, l’un des avocats de DSK, avait martelé que son client « n’a aucune intention et n’a jamais eu aucune intention, de donner de l’argent » à la plaignante. Rien ne dit que sa position n’évoluera pas. D’ailleurs, Me Christopher Mesnooh voit dans les récentes confidences de DSK, qui se juge « malade », l’esquisse d’une stratégie. « Ces propos ne sont pas neutres. M. Strauss-Kahn est très bien conseillé. C’est une manière d’ouvrir la voie à une atténuation de ses actes par un jury », estime-t-il.
 

Le Parisien.fr

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