JERUSALEM –Un groupe d’anciens analystes des renseignements militaires, en Israël, qui passent au peigne fin les sites internet jihadistes et d’autres matériaux issus de sources accessibles, ont produit de nouvelles estimations du phénomène croissant d’arrivages de combattants étrangers qui se lancent dans la guerre civile en Syrie.
Aleppo, Syria. (Manu Brabo/AP)

Les données qu’ils ont recueillies suggèrent que le nombre de combattants chi’ites étrangers en Syrie, dans les rangs de Bachar al Assad, pourraient bien dépasser largement le nombre de Sunnites.

Selon cette étude Article original publiée cette semaine, par le Centre Meïr Amit d’information sur les renseignements Article original, à Tel Aviv, il y a actuellement 6 à 7.000 combattants sunnites étrangers guerroyant contre les forces fidèles au Président Bachar al Assad. Le nombre de combattants chi’ites étrangers au sein des troupes d’Assad est estimé à 7 à 8000 miliciens. La Syrie est devenue une plaque tournante exerçant une puissance force d’attraction Article original pour les volontaires pour le Jihad, qui, à cause de leur ferveur religieuse et du financement extérieur, jouent un rôle surnuméraire de force d’appoint, dans le combat pour ou contre le régime Assad, dans ce qui apparaît, certains jours, comme une guerre confessionnelle chi’ite/sunnite par procuration. Les agences occidentales et régionales des renseignements s’inquiètent, tout particulièrement de ce que feront ces jeunes hommes, lorsqu’ils retourneront vers leurs pays d’origine, notamment, en Europe.

On pense que la majorité des combattants sunnites –environ 4.500 – proviennent du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en particulier de Libye, Tunisie et d’Arabie Saoudite. Certains des combattants les plus chevronnés viennent d’Irak , où ils se sont faits les dents en participant à la guérilla et à des campagnes terroristes durant et après l’occupation conduite par les Etats-Unis. Plus d’un millier proviennent d’Europe occidentale, principalement de Belgique, de Grande-Bretagne, de France, de Hollande et d’Allemagne, selon ce rapport. Beaucoup d’entre eux sont des enfants de seconde, et parfois de troisième génération d’immigrés musulmans, en particulier des Européens d’origine marocaine. Plusieurs centaines sont des Tchétchènes.

Les chercheurs ont découvert des preuves de seulement quelques dizaines de recrues venues des Etats-Unis et du Canada. La guerre en Syrie semble, aussi, inspirer la participation de juste quelques poignées de Palestiniens de la Bande de Gaza et de Judée-Samarie/Cisjordanie.

Les experts affirment que, bien loin de l’Afghanistan ou de l’Irak, au cours des 2 précédentes décennies, les mouvements rebelles syriens entraînent des milliers de jeunes gens à combattre.

Pourquoi?

“Parce que ce n’est pas cher et facile d’accès” explique Reuven Erlich, un colonel à la retraite, au sein du directoire des renseignements militaires et, actuel directeur du Centre qui a publié ce rapport. « Vous pouvez y faire le Jihad pour la modique somme d’un billet d’avion pour Istanbul ».

De là, un bus de nuit fait la navette vers la frontière syrienne, où on peut joindre facilement des recruteurs, grâce à des numéros de téléphones portables qui sont largement en circulation .

Erlich se dit impressionné et surpris par la rapidité avec laquelle le nombre de combattants étrangers s’est élevé dans la dernière moitié de 2013.

Ce phénomène est réellement inquiétant, explique t-il, parce que ces jeunes combattants sunnites font précisément partie de ceux qui, typiquement, ne vont pas rejoindre l’Armée Syrienne Libre , plus laïque, plus pro-occidentale, que soutient l’Administration Obama ou des groupes du même genre. Au contraire, ils recherchent le plus souvent, à intégrer des organisations affiliées à Al Qaïda, principalement le Jabhat al Nusra, aussi connu sous le nom de Front al Nusra, et l’Etat Islamique en Irak et au Levant – « qui offrent une nourriture meilleure, de meilleures armes et une idéologie jihadiste ».

“Ils apprennent à combattre, ils deviennent de plus en plus radicaux, plus engagés dans le Jihad et, ensuite, ils retournent à la maison grossir les rangs des Merah potentiels »>Article original , déclare Erlich.

Les chercheurs ont découvert que 7.000 à 8.000 combattants chi’ites étrangers supplémentaires, combattent en Syrie au nom du gouvernement de Bachar al Assad, dont, à n’importe quel moment donné, « plusieurs milliers » de membres du groupe terroriste Hezbollah, basé au Liban.

Les configurations réalisées par les Israéliens recoupent largement d’autres estimations récentes Article original réalisées par des groupes de réflexion ou Think Tank comme l’Institut d’étude des Politiques du Proche-Orient à Washington et le Centre International d’études de la Radicalisation Article original, en Grande-Bretagne.

Erlich et son équipe tirent d’autres conclusions, assez différentes : la majorité des Jihadistes sont des hommes jeunes (moyenne entre 23 et 26 ans), souvent dotés d’un niveau d’éducation décent, mais sans expérience militaire, et c’est ainsi qu’ils commencent leur « service », dans des rôles de soutien logistique, comme coursiers ou messagers et cuisiniers. Ils s’entraînent durant 45 jours et leurs séjours en Syrie sont souvent brefs . Beaucoup repartent vers leur pays d’origine, au bout de trois à six mois.

“Beaucoup viennent durant leurs vacances scolaires ”, explique Erlich.

Certains sont propulsés par la ferveur religieuse, alors que d’autres recherchent l’adrénaline de l’aventure, percevant les rebelles syriens comme des personnages romantiques, selon des comptes-rendus apportés par les combattants racontant leur expérience sur des sites internet, filtrés par les Israéliens.

Mais cela n’a rien d’un pique-nique au printemps. Les Israéliens estiment que 500 à 700 combattants étrangers ont été tués en Syrie. En 2013, également, il y a eu au moins 16 attentats à la bombe menés par des combattants étrangers venus de Jordanie ou d’Arabie Saoudite.

“Nous sommes stupéfaits par la rapidité et la profondeur du phénomène, en 2013, comparé aux chiffres de 2012”, reconnaît Erlich. « Et nous ne sommes pas près d’en voir la fin ».

PAR WILLIAM BOOTH
• 2 janvier 11:53 am

washingtonpost.com/blog Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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