L’instabilité et les stratégies arabes l’emportent largement sur le processus de paix.
L’accord Fatah-Hamas n’a rien à voir avec Israël et tout avec la toile de fond tissée par les voisins arabes. Question : les négociations avaient-elles un sens, en faisant « comme si » on pouvait ne pas tenir compte de l’environnement régional?
Par un geste qui en a surpris plus d’un à Washington, l’Autorité Palestinienne, le Fatah de Mahmoud Abbas et leur rival du Hamas ont annoncé avoir passé un accord de réconciliation pour mettre fin à un conflit vieux de 7 ans. Les commentateurs américains et israéliens ont, de façon écrasante, abordé cette nouvelle, sous l’angle de son impact sur des négociations de paix déjà

Certains analystes en ont déduit que la principale motivation Article original du dirigeant palestinien était de mettre la pression sur les Etats-Unis et Israël pour leur
L’acteur central, dans cette sphère, c’est l’Egypte, alliée à l’autre patron de Dahlan, les

Sur cette toile de fond, les acteurs palestiniens et leurs appuis arabes respectifs ont
Cela place le Hamas face à un

En démarrant ces tentatives en décembre de l’an dernier (2013), le Hamas a fait quelques pas en direction de Dahlan, en permettant la rentrée de certains de ses proches associés et en autorisant des associations caritatives dirigées par sa femme d’y opérer. Mais le Hamas n’était pas prêt de laisser les mains libres à Dahlan et Abu Dhabi. Plus important, sa modeste ouverture en direction de Dahlan a eu l’effet escompté sur Abbas, qui a dépêché une délégation à Gaza, pour débuter les discussions sur l’accord de réconciliation, alors que le Hamas, et particulièrement ses cercles dirigeants basés à Gaza, déclarait Article original que tout partenariat avec Dahlan était exclu, et qu’il préférait recoller les morceaux avec Abbas. Il a aussi, très vite, clarifié Article original que si les Emiratis voulaient vraiment injecter de l’argent à Gaza, ils ne pouvaient pas le faire par l’entremise d’intermédiaires –ce qui revenait à dire, par le biais des hommes de Dahlan. Au lieu de quoi, ils devraient le faire sous la supervision d’un comité conjoint de l’ensemble des factions et du Conseil législatif.

De la même manière, Abbas a entravé le transfert d’argent et de salaires aux fidèles de Dahlan à Gaza. Bien que l’Autorité Palestinienne soit à court de liquidités, Abbas a été contraint de dépenser un million de dollars Article original pour parrainer un groupe animant des mariages à Gaza, parce qu’il savait qu’il était financé par Dahlan.
La décision d’Abbas de garder ses distances avec Dahlan a ruiné ses relations avec les EAU et a fait naître des tensions avec l’Egypte d’El Sisi. Lors d’une récente visite au Caire, Abbas s’est pris un savon de la part de Sisi, qui lui aurait dit d’écarter Article original l’idée d’une réconciliation avec le Hamas, de se focaliser sur un rabibochage avec Dahlan en commençant par le réhabiliter au Fatah, ce qu’Abbas a rejeté en bloc, provoquant la colère de Sisi.
Cependant, reconnaissant qu’il s’agissait d’une lutte cruciale, Abbas a couru après Dahlan, sur un autre front : les camps de réfugiés au Liban. Là encore, les œuvres caritatives dirigées par la femme de Dhalan dépensaient de l’argent, et les fidèles de Dahlan constituaient une faction importante dans les camps, tels que Ain al-Helweh. Mais le Liban est un territoire sous le contrôle du Hezbollah et le parti chi’ite est à couteaux tirés avec lui, qu’il perçoivent comme un instrument des Israéliens et de leurs adversaires du Golfe. Dans ce qui sonnait comme un message à Dahlan, un groupe palestinien pro-Hezbollah a assassiné le commandant d’une faction qui avait escorté la femme de Dahlan, lorsque s’était rendue en visite au camp de Mieh Mieh, pour apporter de l’aide, grâce à son organisation de charité. Le quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar a résumé ce message explicitement Article original : « Les hommes de Dahlan ne sont pas admis dans les camps ».

Le Hezbollah et les factions palestiniennes des camps sont récemment parvenus à un accord Article original, qu’on dit parrainé par le Qatar, pour faire en sorte d’empêcher les camps de poser des problèmes sécuritaires au mouvement chi’ite. Dans la mesure où le Qatar semble bien avoir joué un rôle important dans la convergence Hamas-Fatah, il pourrait aussi étendre ce rôle au Liban, de façon à assurer une entente entre
Tout ceci ne signifie pas qu’Abbas va bientôt se réinstaller à Gaza ni permettre au Hamas de renforcer ses positions dans la Bande occidentale de Cisjordanie/Judée-Samarie. En fait, il est évident, depuis la signature de l’accord, que le problème crucial du contrôle sur les services de sécurité n’apparaît pas clairement sur les radars d’aucun des deux partis. La convergence entre Abbas et le Hamas, même si elle n’était que temporaire et limitée, se situe sur un domaine plus spécifique : pour Abbas, il s’agit de repousser la tentative du Caire et d’Abu Dhabi d’installer Dahlan à ses dépens ; pour le Hamas, d’obtenir une meilleure marge de manœuvre avec l’Egypte.
Les commentaires faisant suite à l’annonce de cette réconciliation se demandent si le gouvernement israélien ou le Secrétaire d’Etat John Kerry sont responsables de l’enterrement de 1ère classe des négociations de paix. Le Président Obama a même fustigé les dirigeants des deux camps pour leur manque de volonté à prendre des décisions douloureuses requises pour parvenir à la paix. Il y a une tendance prononcée au solipsisme nombrilisme »>Article original, de la part des analystes et diplomates américains, détaillant chaque geste des acteurs régionaux, à travers le prisme de leurs propres priorités. Ce que la convergence tactique d’Abbas et du Hamas – et la toile de fond des puissances politiques arabes dans laquelle tout ceci se déroule – révèle, c’est que les acteurs régionaux se préoccupent de problèmes d’importance bien plus fondamentaux pour eux. La raison pour laquelle les négociations ont échoué, c’est, simplement, que les politiques régionales arabes sont la priorité, et pas du tout, le processus de paix.
Tony Badran est chercheur à la Foundation for Defense of Democracies. Il tweete à : @AcrossTheBay.
now.mmedia.me Article original
Adaptation : Marc Brzustowski
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