JERUSALEM, 21 juillet 2010 (AFP)
Israël s’est engagé à limiter l’usage de munitions au phosphore blanc et les victimes civiles dans les futurs conflits, selon un rapport présenté cette semaine au secrétaire général de l’ONU sur l’opération meurtrière menée fin 2008-début 2009 dans la bande de Gaza.
« Le chef d’état-major de l’armée israélienne (Gaby Ashkenazi) a ordonné qu’une doctrine claire soit élaborée et que des ordres soient donnés sur la question des différentes munitions contenant du phosphore », précise ce rapport de 37 pages transmis par le ministère israélien des Affaires étrangères au bureau de Ban Ki-moon.
« Ces instructions sont actuellement appliquées », assure aussi le document qui affirme que l’armée a apporté des modifications dans sa doctrine de combats « en vue de réduire le nombre de victime civiles et les dommages causés aux propriétés privées ». « L’armée israélienne a adopté de nouvelles procédures destinées à renforcer la protection des civils lors des combats dans les zones urbaines », ajoute le rapport en indiquant qu’un « officier chargé des affaires humanitaires » serait intégré dans chaque unité combattante en commençant au niveau du bataillon.
Israël a été la cible de critiques dans le monde à la suite du nombre de civils tués et l’usage de munitions au phosphore lors de l’opération « Plomb durci » lancée fin 2008 dans la bande de Gaza en réponse aux tirs de roquettes des islamistes du Hamas, qui contrôlent ce territoire, vers les localités du sud de l’Etat hébreu.
Selon les services de santé palestiniens, ainsi que des ONG de défense des droits de l’Homme, 1.400 Palestiniens ont été tués, dont 320 mineurs (NDLR Chiffre non vérifié), durant l’opération, tandis que 13 Israéliens ont trouvé la mort.
Pour sa défense, l’armée israélienne a affirmé avoir fait son maximum pour éviter des « dommages collatéraux » parmi les civils. Interrogé par l’AFP, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Yigal Palmor a précisé que ce rapport constituait une « deuxième mise à jour basée sur les différentes enquêtes menées par l’armée ».
« Nous souhaitons ainsi prouver que nous agissons en pleine transparence et que nous souhaitons collaborer avec l’ONU et la communauté internationale », a-t-il ajouté. Selon lui, ce document « n’a rien à voir avec le rapport Goldstone qui est basé sur des auditions publiques de personnes sélectionnées par le Hamas alors que notre rapport prend en compte des témoignages d’Israéliens et de Palestiniens ».
Le rapport du juge Richard Goldstone, mandaté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, a accusé Israël et des groupes palestiniens d’avoir commis des crimes de guerre pendant l’opération « Plomb durci » et recommandé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) si l’Etat hébreu refuse d’ouvrir une enquête « crédible ».
Israël a rejeté les conclusions de ce rapport. Les munitions au phosphore blanc s’enflamme au contact de l’oxygène contenu dans l’air et brûle à des températures très élevées.
L’exposition à ce produit toxique peut se révéler fatale. Il peut provoquer des brûlures de la peau et endommager le foie, le coeur ou les reins. Son emploi dans des zones habitées est réglementé par le protocole III de la Convention sur les armes classiques de 1980 « sur l’interdiction ou la limitation des armes incendiaires », auquel Israël n’a pas souscrit.

TEXTE DE REFERENCE
Protocole III sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi des armes incendiaires
Le Protocole III sur l’interdiction ou la limitation de l’emploi des armes incendiaires (comme les bombes au phosphore ou au napalm) 12″>Article original, signé le 10 octobre 1980 et entré en vigueur le 2 décembre 1983, compte 93 États parties 13″>Article original.
Ce Protocole interdit l’utilisation des armes incendiaires contre des civils ou contre des cibles militaires situées à l’intérieur de concentrations civiles.. Restriction importante, le texte ne couvre que les armes utilisées intentionnellement pour incendier une cible mais pas celles qui les enflamment de manière collatérale. Ainsi, aux termes du Protocole, les dispositifs utilisant du phosphore blanc pour ses propriétés fumigènes ou éclairantes peuvent être utilisées 14″>Article original.
Les États-Unis ont ratifié ce 3ème protocole le 21 janvier 2009.
Par LAHAV HARKOV JP
le ministère des Affaires étrangères publie un rapport. Il apporte une réponse aux conclusions controversées de la commission Goldstone, relatives à l’opération Plomb durci.
D’après le document, Israël s’engage à minimiser les pertes civiles lors des prochaines guerres. En outre, l’armée israélienne a mis en place un certain nombre de changements opérationnels dans sa politique de combat. Elle s’engage à restreindre l’utilisation de phosphore blanc et à adjoindre un spécialiste humanitaire à chacune de ses unités de combat. De nouvelles règles relatives à la propriété civile seront également appliquées.
Restriction de l’utilisation de phosphore blanc
Le rapport, intitulé « Gaza : opérations et investigations. Deuxième mise à jour », mentionne également les enquêtes criminelles impliquant les soldats de l’armée israélienne ainsi que les investigations sur les violations présumées du droit international, sous la direction du juge à la retraite, Yaacov Turkel.
« De nombreuses enquêtes ont conduit à des résultats appréciables, en particulier ces derniers mois », spécifie le rapport. Quarante sept enquêtes sont en cours, sur des incidents relatifs à l’opération de décembre 2009. Deux soldats ont été inculpés pour avoir mis en danger les jours d’un Palestinien mineur, un troisième est quant à lui soupçonné d’avoir tué un civil.
Le rapport traite par ailleurs d’un incident durant lequel les forces de défense israéliennes auraient créé des écrans de fumées contenant du phosphore blanc dans un complexe de l’UNRWA, organisation humanitaire des Nations unies. Trois personnes auraient été blessées, et d’importants dégâts matériels auraient été déplorés. L’enquête reconnaît que les dommages ont été plus étendus que ce que l’armée avait prévu. « Tsahal a immédiatement imposé des restrictions sur les munitions contenant du phosphore blanc, à proximité de sites sensibles. » Des restrictions qui ont été observées jusqu’à la fin de l’offensive à Gaza. « Tsahal est en train d’établir des restrictions permanentes pour l’emploi de munitions contenant du phosphore blanc dans les zones urbaines », fait savoir le document.
Le rapport de 37 pages a été remis lundi au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Aucune réaction n’a encore été enregistrée.
![]() |
![]() |






































