Le texte, qui donnerait la possibilité aux médecins de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale, doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les prochains jours.
L’adoption par le gouvernement israélien d’un texte visant à légaliser l’euthanasie suscite depuis quarante-huit heures une levée de boucliers au sein du monde ultraorthodoxe. Ce «projet de loi sur la mort par prescription médicale», rédigé par le député centriste Ofer Shelah, donnerait aux médecins la possibilité de prescrire un traitement létal à un malade en phase terminale.
Il doit faire l’objet d’un premier examen par la Knesset dans les tout prochains jours.
Ce projet de loi a vocation à compléter les dispositifs déjà existants de lutte contre l’acharnement thérapeutique. Selon la version approuvée par le cabinet de Benyamin Nétanyahou, il s’appliquera aux patients de plus de quinze ans qui, atteints d’une maladie incurable, manifesteront le souhait d’abréger leurs souffrances de façon répétée, à quinze jours d’intervalle et en présence d’un témoin. Deux médecins seront amenés à se prononcer sur chaque projet d’euthanasie.
Selon le quotidien Yediot Ahronoth, ce texte divise les soignants. L’ex-président du comité d’éthique de l’Association médicale israélienne (AMI), Avinoam Reches, s’y est déclaré favorable, affirmant vouloir «donner à ces êtres humains des outils pour qu’ils n’en soient pas réduits à se suicider de façon horrible».
Leonid Eidelman, l’actuel président de l’AMI, a pour sa part déclaré: «Il n’appartient pas au médecin de mettre un terme à la vie de ses patients de façon artificielle. Ce n’est pas ainsi que nous avons été formés.»
Sitôt le projet de loi dévoilé, c’est toutefois au sein du monde religieux que les positions les plus tranchées se sont exprimées.
Le député orthodoxe Yaako Asher, cité par le quotidien Makor Rishon, a mis en garde: «Le gouvernement israélien vient de franchir une nouvelle ligne rouge et de poursuivre sa guerre contre les valeurs du judaïsme en s’attaquant au caractère sacré de la vie».
Son collègue Menahem Eliezer Mozes, également élu sur les listes du parti Judaïsme-Torah unifiée, a renchéri: «Il est terrifiant de se souvenir qu’il y a 70 ans tout juste, ce sont les Allemands qui, les premiers, envisagèrent de tuer les handicapés, les malades et les personnes âgées.»
La virulence du propos s’explique en partir par le contentieux qui oppose les formations orthodoxes au parti centriste Yesh Atid, à l’origine du projet de loi. Fort des 19 sièges sur 120, qu’il a remportés lors des dernières législatives, ce mouvement dirigé par l’ex-présentateur de télévision Yaïr Lapid s’est promis de remettre en cause certains avantages dont bénéficie le monde religieux. Au grand dam des orthodoxes, il a notamment fait adopter une loi mettant fin à l’exemption de service militaire dont ils bénéficient depuis 1948.
Compte tenu de cet antagonisme, mais aussi de leur opposition fondamentale à l’euthanasie, il est vraisemblable que la trentaine de parlementaires religieux feront tout pour bloquer l’adoption du texte controversé par la Knesset. Selon Denis Charbit, professeur de sociologie à l’Université ouverte d’Israël, il n’est cependant pas certain qu’ils obtiennent gain de cause à moyen terme.
«Il existe en Israël un décalage entre une majorité de la société plutôt progressiste sur les questions sociétales, explique-t-il, et un parlement qui tend à prendre en compte l’opposition exprimée par les religieux. Les grandes avancées en matière d’accès à l’avortement ou de droit des couples homosexuels se font traditionnellement par le biais de jurisprudences de la Cour suprême plutôt que sous forme de loi. Si le texte sur l’euthanasie devait être rejeté par la Knesset, il serait donc tout à fait imaginable que les hauts magistrats prennent la responsabilité d’en autoriser la pratique dans certaines circonstances.»
INTERNATIONAL – Par Cyrille Louis – Le Figaro
Article original
L’euthanasie, du grec ancien « eu » (bon) et « thanatos » (mort), désigne l’acte médical consistant à provoquer intentionnellement la mort d’un patient afin de soulager ses souffrances physiques ou morales considérées comme insupportables, soit en agissant à cette fin, soit en s’abstenant d’agir. On distingue communément à cet égard l’ « euthanasie active » de l’ « euthanasie passive ». L’euthanasie doit être distinguée du « suicide médicalement assisté » qui consiste, pour le corps médical, à donner au patient les moyens de mettre fin à sa vie.
Le point de vue sur l’euthanasie des différentes religions les plus pratiquées
La religion Catholique : L’Euthanasie s’oppose au 6ème commandement » Tu ne tueras point « . L’Euthanasie est donc interdite. Cependant, l’Eglise catholique refuse l’acharnement thérapeutique mais autorise les soins palliatifs. En effet, dans le cathéchisme il est dit : “2277.Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe (…) est moralement irrecevable.” “2278. La cessation des procédures médicales onéreuses, périlleuses, extraordinaires ou disproportionnées avec les résultats attendus, peut être légitime. On ne veut pas ainsi donner la mort; on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher. Les décisions doivent être prises par le patient (…).”. Néanmoins l’Eglise catholique permet que l’on puisse, dans certains cas, passer, à travers les soins palliatifs avec le refus de l’acharnement thérapeutique, à une faible euthanasie passive.
Le protestantisme : Même s’il existe un grand nombre d’Eglises protestantes, il n’existe pas de déclaration commune sur l’euthanasie en France. D’autre part, dans les pays anglo-saxons (où le protestantisme est plus important) les chrétiens protestants y sont plus favorables.
L’Islam : Dans la religion islamique, l’Euthanasie est interdite car elle est jugée comme meurtre par le médecin. Il est dit sans nuance “ Il est interdit de donner la mort si ce n’est à bon droit ” (c’est-à-dire la peine de mort pour les criminels).
Le Judaïsme : “Le respect de la vie humaine est absolu, inconditionnel. C’est dieu qui donne vie. La Talmud dit : celui qui détruit une vie, même d’un instant, c’est comme s’il détruisait l’univers entier. Il est donc défendu de faire quoi que ce soit qui puisse hâter la fin d’un agonisant.” du Rabbin GUGGENHEIM. Mais, le renoncement à des actes médicaux manifestement sans espoir, donc l’euthanasie passive est acceptée, et doit se distinguer de l’euthanasie active.
Le bouddhisme : Dans cette religion, le premier acte négatif à ne pas commettre est la supression d’une vie. Mais l’euthanasie reste une question délicate, en effet les réponses sont à nuancer lorsque l’on parle d’euthanasie passive ou active.
![]() |
![]() |








































