Mossoul, la deuxième ville d’Irak, sa province Ninive, Tikrit, d’autres régions de la province de Salaheddine, ainsi que des secteurs des provinces de Diyala et de Kirkouk… Depuis une semaine, les djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) étendent leur zone d’influence en Irak. Le groupe radical essaie également de s’imposer au niveau de la frontière avec la Syrie. Son ambition : créer un Etat islamique à cheval sur les deux pays.

Les djihadistes repoussés à Bakouba…

Les forces de sécurité irakiennes ont chassé des insurgés de cette ville à une soixantaine de kilomètres au nord de Bagdad, où ils avaient brièvement pris le contrôle de plusieurs secteurs, selon des responsables de l’armée et de la police. Des dizaines de personnes sont mortes mardi. Parmi elles figurent au moins 44 prisonniers. D’après le porte-parole du premier ministre, Nouri Al-Maliki, chargé de la sécurité, ces détenus ont été tués par des insurgés. D’autres responsables assurent que les forces de sécurité les ont visés alors qu’ils tentaient de s’évader.

Des soldats kurdes emportant un membre présumé de l’EIIL près de Kirkouk, lundi. | REUTERS/STRINGER/IRAQ

… mais vainqueurs à Tal Afar

Les djihadistes se sont emparés de la plus grande partie de Tal Afar, une ville stratégique, située à 380 kilomètres au nord-ouest de la capitale irakienne sur la principale route vers la frontière syrienne. Les forces favorables au gouvernement détiennent toujours des secteurs de cette enclave chiite de la province majoritairement sunnite de Ninive, a toutefois précisé le numéro deux du conseil de la province.

Les insurgés tentent également de progresser vers Bagdad, où un attentat à la voiture piégée a été perpétré, mardi soir, dans un quartier chiite, faisant au moins sept morts et 20 blessés. Au même moment, les corps de 18 membres des forces irakiennes ont été retrouvés à l’est de la ville sunnite de Samarra (110 km au nord de Bagdad). Il semblerait qu’il s’agisse d’exécutions, les corps portant des impacts de balle dans la tête et dans la poitrine, selon un colonel de la police.

Maliki limoge des officiers

Le premier ministre irakien s’en est pris, mardi soir, à quatre officiers supérieurs des forces de sécurité qui ont échoué à repousser les djihadistes, en les limogeant pour avoir renoncé à leur « devoir professionnel et militaire ». Le commandant en chef responsable de la province de Ninive, la première à être tombée en grande partie aux mains des insurgés, a notamment été démis de ses fonctions.

Un poste-frontière aux mains des rebelles syriens

Hostiles à l’EIIL, des rebelles syriens de l’Armée syrienne libre et du Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, ont pris le contrôle d’Al-Qaëm, selon des officiers de l’armée irakienne. La localité est l’un des trois postes-frontières entre l’Irak et la Syrie. Celui de Rabia, plus au nord, a été abandonné la semaine dernière par les forces irakiennes lors d’une offensive des djihadistes dans la province de Ninive. Il est actuellement contrôlé par les forces kurdes. Le sort du troisième, Al-Walid, au sud-ouest d’Al-Qaëm, n’était pas connu dans l’immédiat.

Du côté syrien de la frontière, à Bassira, dans l’est de la riche province pétrolière de Deir Ezzor, des combats très durs ont opposé des rebelles antirégime et les djihadistes de l’EIIL, a indiqué mardi l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Bagdad accuse l’Arabie saoudite de soutenir les insurgés

Riyad « se range du côté du terrorisme. (…) Nous la tenons responsable des aides financière et morale que les groupes insurgés »>Article original reçoivent », accuse le bureau du premier ministre irakien dans un communiqué publié mardi.

L’Arabie saoudite avait ouvertement accusé lundi M. Maliki d’avoir conduit l’Irak au bord du gouffre par sa politique d’exclusion des sunnites et réclamé la formation d’un gouvernement d’entente nationale. En mars, M. Maliki avait déjà accusé l’Arabie saoudite et le Qatar de soutenir le terrorisme en Irak.

L’ONU dénonce une « menace vitale » pour l’Irak

L’offensive menée depuis une semaine par l’EIIL est une « menace vitale » pour le pays et un danger pour la région, a indiqué l’envoyé spécial de l’ONU à Bagdad, Nikolaï Mladenov, ajoutant que « l’Irak se trouve face au plus grand danger »>Article original pour sa souveraineté et son intégrité territoriale » depuis des années.


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