L’engagement de la Turquie contre l’Etat islamique (EI) prend corps. Alors qu’elle débat cette semaine de son engagement au sein de la coalition internationale en lutte contre l’EI, Ankara, la capitale, a massé depuis lundi des chars à sa frontière avec la Syrie.Sur le terrain, les islamistes poursuivent leur progression vers la ville stratégique kurde d’Aïn al-Arab (Kobané en kurde). En Irak, les Kurdes ont lancé ce mardi une triple offensive contre eux. A l’autre bout du globe, l’Australie a procédé ce mardi à une nouvelle arrestation.

Bruits de bottes à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Trois obus de mortier en provenance de la Syrie ont atteint la Turquie lundi. En réaction, Ankara a renforcé lundi son dispositif militaire autour du poste-frontière de Mursitpinar (sud) en y acheminant plus d’une dizaine de chars et de véhicules blindés.

Ces tirs de mortiers sont une conséquence de la pression qu’exerce l’EI sur la ville frontalière syrienne d’Aïn al-Arab. S’ils faisaient sauter ce verrou, les jihadistes contrôleraient une longue bande territoriale continue au nord de la Syrie, le long de la frontière turque. Ils ne sont plus qu’à quelques kilomètres du centre de la ville. La coalition internationale a effectué des frappes dans les environs d’Aïn al-Arab tôt ce mardi, à l’est et à l’ouest de la ville.

L’assaut de l’EI a par ailleurs provoqué l’exode d’environ 160 000 personnes vers la Turquie. En retour, des miliciens du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, ont fait le chemin inverse pour aller prêter main forte à leurs frères syriens assiégés, compliquant encore la donne à la frontière turco-syrienne.

Débat en cours en Turquie. Le débat parlementaire sur l’entrée de la Turquie au sein de la coalition internationale contre l’EI progresse. Un projet de mandat autorisant une intervention turque en Irak et en Syrie est déposé ce mardi et soumis au vote jeudi. Un temps accusée par l’Occident d’avoir financé la montée en puissance de groupes jihadistes, dont l’EI, pour favoriser la chute du président syrien, Bachar al-Assad, la Turquie a plus récemment prétexté le sort de plusieurs dizaines d’otages turcs aux mains de l’EI pour ne pas rejoindre la coalition internationale. Mais le récent voyage du président turc, Recep Tayyip Erdogan, aux Etats-Unis semble avoir changé la donne. «Nous ne pouvons rester en dehors» du combat contre les jihadistes, a-t-il assuré.

Triple offensive en Irak. Les forces kurdes ont lancé ce mardi une offensive sur trois fronts contre les jihadistes de l’EI dans le nord de l’Irak. Les opérations, qui ont débuté avant l’aube, se déroulent au nord de la ville de Mossoul, contrôlée par les jihadistes, au sud de la ville pétrolière de Kirkouk, et contre une autre ville à la frontière syrienne.

Un jihadiste minimise l’impact des frappes aériennes. Un combattant syrien de l’EI interrogé par la chaîne CNN assure que les jihadistes s’étaient «préparés depuis un certain temps» aux frappes aériennes de la coalition internationale. «Nous savions que les radars et les satellites permettaient de connaître l’emplacement de nos bases, alors nous avons des solutions de repli. On nous tire dessus à certains endroits, mais nous progressons dans d’autres. Ces frappes aériennes ne peuvent pas nous arrêter», affirme-t-il. Et alors que la coalition internationale prend pour cible les installations pétrolières et gazières aux mains de l’EI afin de tarir ses sources de financement, l’individu garantit que «nous avons d’autres sources de revenus ; nous n’allons pas nous arrêter à cause de simples pertes de pétrole». «Avec la volonté de Dieu, nous déferons les infidèles», conclut-il.

Arrestation en Australie. Un homme soupçonné de financer un jihadiste américain combattant en Syrie a été arrêté ce mardi en Australie. «Un homme de 23 ans (…) sera poursuivi pour avoir délibérément mis à la disposition d’une organisation terroriste des financements», a déclaré Neil Gaughan, chef adjoint de la police fédérale. Son identité n’a pas été révélée. L’homme est soupçonné d’avoir viré 12 000 $ australiens (environ 8 300 €) à un ressortissant américain qui s’est rendu en Syrie pour y combattre dans les rangs jihadistes. Les enquêteurs craignaient que le suspect n’effectue de nouveaux virements.

[LeParisien.fr

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