De violents affrontements ont opposé samedi soir au Caire un millier de manifestants se rendant vers le siège de l’armée à des civils favorables à l’institution militaire qui dirige le pays, faisant un nombre indéterminé de blessés, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les manifestants, qui se dirigeaient vers le ministère de la Défense, siège du Conseil suprême des forces armées (CSFA), ont été stoppés en chemin par un barrage de véhicules blindés et de soldats de la police militaire qui ont tiré en l’air pour tenter de les disperser.

Le cortège scandait « à bas le pouvoir militaire » et qualifiait le chef du CSFA, le maréchal Hussein Tantaoui, d' »agent des Américains ».

Des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et des civils pro-armée présents sur le parcours, qui les ont attaqués en jetant des bouteilles.

Les heurts ont ensuite dégénéré en violents affrontements avec des jets de pierres et de cocktails Molotov, sans que l’armée n’intervienne.

Plusieurs personnes blessées ont été évacuées par des ambulances, tandis que le secteur était survolé à basse altitude par un hélicoptère militaire.

Une manifestation identique avait été arrêtée dans la nuit de vendredi à samedi sur le même trajet menant de la place Tahrir au ministère de la Défense et siège du CSFA, l’intance qui dirige le pays depuis la chute du président Hosni Moubarak en février.

Des incidents ont également été signalés dans la nuit de vendredi à samedi dans les grandes villes de Suez et Alexandrie.

L’armée est accusée de freiner les réformes, de ménager les responsables du régime déchu et de chercher à s’incruster au pouvoir.

Le maréchal Tantaoui a cherché à apaiser la situation en confirmant l’engagement, samedi dans une allocution télévisée, de créer les « piliers d’un Etat démocratique défenseur de la liberté et des droits de ses citoyens ».

Il a promis « des élections parlementaires libres et justes, une nouvelle Constitution et l’élection d’un président choisi par le peuple ».

Mais le CSFA a également mis en cause dans un communiqué un groupe pro-démocratie, le Mouvement du 6 avril, accusé de « diviser l’armée et le peuple ». L’armée a également a mis en garde contre tout « complot » visant à déstabiliser » le pays.

Le mouvement, très actif sur internet et qui avait contribué à initier la révolte contre le président Moubarak en janvier dernier, a démenti ces accusations et affirmé qu’il ne faisait qu’exprimer des revendications politiques.

LE CAIRE, 23 juil 2011 (AFP)

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