Double-jeu : Le Front Al Nusra en Syrie orchestré par Téhéran

0
143

Un agent de liaison important d’Al Qaïda, basé en Iran et connu sous le nom de Yasin al Suri –le Syrien- (alias Ezedin Abdel Aziz Khalil) est, aujourd’hui, plus actif que jamais, dans son rôle de facilitateur des opérations globales d’al Qaïda, d’après des reportages d’Al Jazeera.

Le rôle d’al Suri, en tant qu’homme-ressources d’al Qaïda, à l’intérieur même de l’Iran a, d’abord, été mis à jour par les Départements d’Etat et du Trésor américains, en 2011. En décembre de cette année-là, le Gouvernement américain a offert une récompense de 10 millions de $ Article original pour toute information pouvant mener à la capture d’al Suri.

A la suite des révélations du gouvernement américain, le gouvernement iranien a mis al Suri en détention, selon le principe dit de “la porte tournante”. Cela a conduit Al Qaïda à le remplacer par un autre terroriste chevronné, Muhsin al Fadhli Article original, qui est, provisoirement, devenu le chef du réseau basé en Iran.


Le Koweitien Muhsin al Fadhli

Mais, actuellement, selon des responsables du gouvernement américain, s’exprimant sur al Jazeera Article original, al Suri est de retour dans le grand jeu et même très actif dans la facilitation des opérations d’Al Qaïda en Syrie. Janvier 2014 a été le mois le plus sanglant de toute l’histoire du conflit en Syrie . Environ 6.000 personnes sont mortes, en Syrie, en janvier, alors que le bilan total est, au moins de 136.227 morts, depuis mars 2011.

“En tant que chef, facilitateur des opérations, depuis l’Iran, al-Suri est responsable de la supervision des efforts d’al Qaïda pour transférer des agents très expérimentés et des têtes de réseaux du Pakistan jusqu’en Syrie, d’organiser et de maintenir ouvertes des routes, grâce auxquelles les nouvelles recrues puissent transiter librement jusqu’en Syrie, via la Turquie Article original et d’assister le mouvement des agents extérieurs vers l’Europe et l’Occident » , selon les dires d’un responsable du Département d’Etat, sous couvert de l’anonymat, sur Al Jazeera.

Un responsable du Département du Trésor américain Article original a confirmé ces révélations, selon Al Jazeera. « C’est un agent actif d’al Qaïda, Al Nusra appartient à al Al Qaïda et nous savons qu’il transfère de l’argent et envoie des extrémistes en Syrie, pour rejoindre les éléments d’al Qaïda qui s’y trouvent déjà, aussi je crois que vous pouvez en tirer toutes les conclusions nécessaires », a déclaré le responsable du Trésor.

Al Suri opère sur la base d’un traité passé entre le régime iranien et Al Qaïda, il y a bien des années. Il a commencé à travailler à l’intérieur de l’Iran en 2005.

Ce qui ne semble pas clair du tout, en revanche, c’est pourquoi le gouvernement iranien permet à Al Suri d’agir en tant qu’agent de liaison facilitateur en Syrie. Al Qaïda et l’Iran se trouvent, en apparence, dans les deux camps opposés de la guerre « civile » syrienne.

L’Iran soutient à fond le régime de Bachar al Assad, un allié de longue date des Mollahs, dans ce conflit confessionnel sanglant. Les deux branches officielles d’al Qaïda, dont le Front Al Nusra, autant que les autres alliés d’Al Qaïda, se trouvent de l’autre côté, combattant des agents iraniens, les forces d’Assad et ses supplétifs libanais et irakiens chi’ites. L’Emir d’Al Nusra, Abu Muhammad al Julani, attaque verbalement et régulièrement l’Iran et les Chi’ites en général. D’autres chefs jihadistes d’Al Qaïda ont appelé à des attentats contre les gouvernements dirigés par des Chi’ites Article original en représailles de la situation en Syrie. Et un groupe appartenant à Al Qaïda a revendiqué sa responsabilité Article original dans l’attentat contre l’Ambassade iranienne à Beyrouth, au Liban.

Cependant, le régime iranien, est passé maître dans l’art de la duplicité et semble avoir des raisons inconnues pour garder l’œil sur les opérations d’Al Qaïda, de l’intérieur même de cette mouvance. Al Qaïda, de son côté, a aussi montré sa détermination à vouloir travailler avec l’Iran Article original en de multiples occasions Article original, depuis le début des années 1990, en dépit des divergences théologiques fondamentales, des deux côtés, et parfois, des désaccords véhéments Article original.

Le réseau d’Al Qaïda basé en Iran, un noyau dur en plein développement.

Le gouvernement américain a dévoilé, de façon répétée, les activités du réseau d’Al Qaïda en Iran, dans une série d’accusations pour actes terroristes et dans d’autres dossiers officiels. Et, en mai 2013, le Département d’Etat a remarqué Article original que ce réseau était directement lié aux opérations d’al Qaïda en Syrie .

En juillet 2011, le Département du Trésor américain a établi la liste de plusieurs membres de ce réseau Article original, en stipulant qu’il est dirigé par Al Suri et qu’il opère « dans le cadre d’un accord entre Al Qaïda et le gouvernement iranien ».

Plusieurs mois plus tard, en décembre 2011, les Départements d’Etat et du Trésor ont annoncé une récompense de 10 millions de $ Article original pour toute information aidant à la localisation d’Al Suri. « Le réseau d’Al Suri sert de réseau financier, en recueillant des fonds de donateurs, à travers les pays du Golfe et transfère ses fonds, via l’Iran aux commandements d’Al Qaïda en Afghanistan et en Irak », avait déclaré, à l’époque, Eytan Fisch, le Directeur adjoint des renseignements financiers sur le terrorisme au Département du Trésor. « Le réseau d’al Suri est aussi le noyau dur qui permet à Al Qaïda d’envoyer des agents et des recruteurs du Moyen-Orient vers l’Afghanistan et le Pakistan », ajoutait Fisch.

En février 2012, le Département du Trésor a dénoncé le Ministère Iranien des Renseignements et de la Sécurité (MOIS) Article original comme entité de parrainage du terrorisme pour, entre autres reproches, soutenir Al Qaïda et les opérations d’Al Qaïda en Irak.

Après le remplacement, au moins temporaire, de Yasin Al Suri, à la tête du réseau iranien d’al Qaïda, le Département du Trésor a révélé que son remplacement était un Koweitien nommé Muhsin al Fadhli. Dans un avis de recherche d’Octobre 2012 pour terrorisme Article original, le Trésor a aussi désigné son adjoint comme étant Radi Saker al Wahabi al Harbi, un Saoudien pure jus, qui se trouve sur la liste des terroristes les plus recherchés du Royaume Wahhabite.

Dans ces Rapports par pays sur le Terrorisme en 2012 Article original, le Département d’Etat déclarait : « L’Iran permet à des recruteurs et agents de liaison d’Al Qaïda, Muhsin al Fadhli et Adel Radi Saqr al Wahabi al Harbi, d’opérer à partir d’un foyer principal de facilitation en développement, à travers l’Iran, autorisant ainsi à Al Qaïda à transférer des fonds et des combattants vers l’Asie du Sud et vers la Syrie ».


Adel Radi Saqr al Wahabi al Harbi

Le Réseau Al Qaïda base en Iran organise le “transfert d’agents extérieurs en Europe et en Occident”.

Le responsable du Département d’Etat cité par Al Jazeera affirme que le réseau Al Suri assiste « le mouvement de circulation d’agents d’Al Qaïda vers l’Europe et l’Occident ». Le Long War Journal a renseigné deux cas, ces récentes années, où un complot terroriste en Occident est directement lié aux opérations d’Al Suri en Iran.

Certains des terroristes d’Al Qaïda, sélectionnés pour prendre part à un complot, en 2010, contre des villes européennes Article original ont utilisé le réseau facilitateur d’al Suri, afin de circuler vers et depuis le Pakistan. Ce complot, qui devait impliquer des a ttentats complexes et multiples du style de ceux de Mumbaï , a été déjoué, après quoi les planificateurs et agents traitants de la cellule cell ont pu se réfugier en Iran Article original pour un certain temps.

En avril 2013, les autorités canadiennes ont arrêté deux suspects de terrorisme qui prévoyaient de faire dérailler un train Article original se rendant des Etats-Unis vers le Canada. Le Commissaire-adjoint de la Police royale montée canadienne, James Malizia, a déclaré que le duo avait reçu « un soutien d’éléments d’Al Qaïda localisés en Iran », qui les dirigeaient et les guidaient. Les agents de liaison Article original qui ont soutenu cette opération sont basés Article original dans la ville iranienne de Zahedan, qui est l’un des principaux foyers du réseau d’Al Suri et de ses agents.

Les responsables égyptiens ont découvert encore une autre conspiration, prenant pour cible l’Ambassade américaine au Caire Article original, ainsi que d’autres intérêts occidentaux, qui implique ce même réseau basé en Iran. Ce complot de mai 2013 était directement lié à un terroriste nommé Dawood al Assadi, qui est un des pseudonymes de Muhsin al Fadhli. Les responsables égyptiens ont aussi affirmé que des membres de la cellule responsable du complot étaient en contact avec Muhammad Jamal al Kashef, un subordonné de longue date de l’Emir d’al Qaïda, Ayman al Zawahiri Article original, ainsi qu’avec d’autres membres du réseau de Jamal.

Le réseau d’Al Qaïda en Iran continue d’opérer, en dépit de la Guerre civile en Syrie.

Et, aujourd’hui, selon les sources d’Al Jazeera au sein du Gouvernement américain, le chef de ce réseau est, à nouveau, opérationnel, et ce, plus que jamais.

Par THOMAS JOSCELYN 31 Janvier 2014

Voire aussi : Comment et pourquoi l’Iran manipule Al Qaïda en Syrie Article original

Source : longwarjournal.org Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

Alors que des agents compétents, au sein des diverses administrations américaines font leur travail, de façon intègre, rien n’expliquera, devant l’histoire, comment l’Administration Obama et le Département d’Etat de John Kerry, parfaitement informés de ce double-jeu permanent des mollahs Iraniens et de la Turquie d’Erdogan, membre de l’OTAN, ont ainsi lié les mains de l’Occident et d’Israël, à travers une série d’accords nucléaire et de prétendu “désarmement chimique” pour faciliter le développement du terrorisme d’origine iranienne, prêt à déferler sur l’Europe.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.