Qui était Dominique Sabrier, la bénévole retraitée française qui figurait parmi les quatre victimes de l’attaque du musée juif de Belgique, en plein Bruxelles, samedi après-midi.
A la Une. «Dominique, 66 ans, victime française du tueur de Bruxelles» par leparisien
C’est une jolie maison d’architecte de couleur jaune, à Uccle, la banlieue huppée de Bruxelles prisée de riches Français.
Au deuxième étage vivait depuis le mois de mars Dominique Sabrier, une Française de 66 ans, venue avec ses cartons pleins de livres d’art.
Une femme « douce, gentille, particulièrement prévenante », décrit Pierre, son logeur, qui partageait sa boîte à lettres avec elle. Une femme d’une « discrétion incroyable », aussi, dont on ne percevait la présence qu’aux chaussures posées sous le chauffage dans le couloir, où à quelques notes de musique classique qui s’échappaient de son studio.
De cette dame menue, Pierre savait qu’elle travaillait au Musée juif de Bruxelles et qu’elle venait de s’inscrire en droit à l’université.
Hier, il a promis de débrancher sa sonnette, s’attendant à l’affluence que provoquera probablement sa pensionnaire d’ici peu : Dominique Sabrier est morte, victime du tireur du Musée juif, où elle travaillait samedi.
Dix jours auparavant, Dominique revenait d’un voyage en France, pays qu’elle avait quitté en mars. Son appartement de la rue Mademoiselle, dans le XV e arrondissement de Paris vendu, elle s’était installée à Uccle « en attendant de pouvoir acheter quelque chose, se souvient Claude, un ami belge rencontré dans les années 1970.
Nous étions allés à Bruxelles ensemble, elle s’y plaisait tant !
Elle trouvait Bruxelles beaucoup plus calme, alors que le climat de Paris et de la France, un certain antisémitisme, l’inquiétaient de plus en plus, notamment depuis l’affaire Merah.
Au téléphone dernièrement, elle m’avait reparlé de l’attentat de la rue des Rosiers, chez Jo Goldenberg. Pour elle, Bruxelles, c’était un havre de paix… »
Un endroit où poser ses valises après une vie passée entre Genève, Tel-Aviv, Paris, et Bruxelles. Née dans une riche famille de juifs polonais installée en Suisse (sa fille d’une trentaine d’année y vit toujours), Dominique, jeune adulte, part en Israël, s’y marie, étudie, vit au kibboutz. Puis s’installe à Bruxelles, où elle débute sa vie professionnelle d’éditrice.
« Je l’ai embauchée, chez Elsevier, et lui ai confié la branche nature, poursuit Claude, très peiné d’apprendre la nouvelle de sa mort. Elle s’est spécialisée dans les petites bêtes, les plantes. C’était vraiment la bonne copine, on faisait la paire.
Plus tard, c’est elle qui a suggéré le rachat d’Elsevier par Bordas, en France… Quand mon journal a fermé, elle m’envoyait des petites annonces, c’est une fille fantastique. »
Lors de la fusion, elle arrive à Paris, au début des années 1980, où elle écume les musées, les vernissages, « son dada » selon Claude.
Dans l’entreprise, elle travaille avec Thierry, éditeur aussi, qui se souvient d’une « personne à la fois pleine d’angoisses, et généreuse, intéressante ».
A distance d’une grande famille « qui l’effrayait un peu », l’éditrice fait ses armes, dirige des traductions, des ouvrages sur les dinosaures, les poissons, les batraciens, les plantes, les oiseaux.
« Elle était très soigneuse, avec un goût pour les sciences naturelles. Pour traduire un livre sur les papillons, il lui fallait le meilleur lépidoptériste du Muséum », poursuit Thierry.
Annie, ex-collègue de travail avant que Dominique se mette à son compte pour des éditeurs juridiques, a croisé la jeune retraitée « il y a deux mois, au musée d’Art moderne de Paris, je l’ai retrouvée intacte, soignée mais pas sophistiquée.
On s’était promis de se voir bientôt… »
En apprenant la tragédie bruxelloise, Michel, un autre camarade d’édition, avec qui Dominique avait collaboré à un projet d’encyclopédie, a « immédiatement pensé à elle, je vous jure.
Je savais qu’elle était à Bruxelles, et ça lui ressemblait tellement, d’être bénévole… »
Maîtrisant le français, l’anglais, l’italien et l’hébreu, Dominique
« n’avait rien d’une prosélyte, ne militait en rien pour Israël.
NDR : c’est là que le Parisien dérape: militer pour Israël serait un motif légitime d’assassinat ?
Au contraire, poursuit Michel, elle était très critique à l’égard du gouvernement et préoccupée par le sort des Palestiniens ».
Le Parisien.fr Article original
Dominique Sabrier, ancienne éditrice, était installée depuis deux mois en Belgique, et travaillait bénévolement au musée depuis quelques semaines.
Ses amis décrivent une femme discrète, droite, qui avait quitté Paris pour fuir les pesanteurs d’un climat hostile aux juifs.
A Bruxelles, elle avait trouvé un « havre de paix »…
Le Parisien.fr Article original

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il y a un seul pays pour les juifs Les juifs ne peuvent plus vivre en Europe