Deux civils ont été tués vendredi matin par des tirs des forces de sécurité en Syrie, l’un près de Damas et le deuxième dans le nord-ouest du pays, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Un homme a été tué en tentant de fuir lors d’une campagne d’arrestations menée à Saqba, dans la banlieue de Damas, a expliqué à l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane. « Son corps présentait des traces de coups portés à l’aide de la crosse d’un fusil », a-t-il ajouté.
A Sheikhoun, dans la province d’Idleb (nord-ouest), une femme a été tuée par balle lors d’une opération des services de sécurité, a-t-il ajouté.
« Des dizaines de chars, de véhicules blindés de transport de troupes et des bus civils (ndlr: transportant des agents de sécurité) ont pris d’assaut Khan Sheikhoun à l’aube. Des tirs intenses étaient entendus », a précisé le militant.
Jeudi, la poursuite de la répression de la révolte contre le régime avait fait au moins 16 morts en Syrie.
Mais la contestation ne s’essouffle pas et en plus des défilés quotidiens pendant le ramadan, les militants ont appelé sur Facebook à une forte mobilisation vendredi, autour du slogan « Nous ne nous soumettrons qu’à Dieu ».
Jeudi après-midi, les autorités ont arrêté le président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme, Abdel Karim Rihaoui. Grâce au réseau de militants de la Ligue dans le pays, M. Rihaoui est une source essentielle d’informations pour la presse étrangère, dont les mouvements sont très limités en Syrie.
« Une patrouille des services de sécurité a pénétré dans le café Havana à Damas et a arrêté M. Rihaoui avec une journaliste », a expliqué un militant des droits de l’Homme, Ammar Qorabi.
« M. Rihaoui a été arrêté en vertu de la loi d’urgence, ce qui prouve que cette loi n’a pas été supprimée et que l’Etat manque ainsi à ses promesses de réformes », a affirmé M. Qorabi, chef de l’Organisation nationale des droits de l’Homme.
Parallèlement, la communauté internationale a haussé le ton contre la Syrie.
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ont évoqué jeudi soir la nécessité « d’une transition démocratique » en Syrie, et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a appelé à une intensification de la pression sur le régime de Bachar al-Assad.
Mme Clinton a encouragé la Chine et l’Inde à imposer des sanctions à la Syrie dans le domaine de l’énergie, et la Russie à cesser ses ventes d’armes au régime de Damas.
Le Département d’Etat a aussi indiqué jeudi que l’ambassadeur américain à Damas, Robert Ford, avait rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, pour le mettre en garde contre de nouvelles sanctions et pour appeler les autorités à autoriser la presse à couvrir les manifestations.
Le Canada a pour sa part dénoncé une nouvelle fois jeudi les « actions brutales » et « inadmissibles » du gouvernement syrien.
NICOSIE, 12 août 2011 (AFP)
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