Un groupe radical islamiste a menacé ce samedi de représailles quiconque mènerait des campagnes de vaccination contre la poliomyélite au Nord-Waziristan, une région tribale du Pakistan frontalière de l’Afghanistan, en affirmant que ce genre d’activités servait de «couverture» aux espions américains.Ce groupe, dirigé par Hafiz Gul Bahadur, a précisé que cette interdiction resterait en vigueur tant que se poursuivraient les tirs de drone américains au Pakistan.
Il a expliqué sa décision par l’affaire du Dr Shakil Afridi, le médecin qui, d’après des sources pakistanaises, a aidé la CIA à localiser Oussama ben Laden sous couvert d’un programme de vaccination à Abbottabad, la ville pakistanaise où se cachait le n°1 d’Al Qaida.
Ben Laden a péri dans l’assaut donné par les forces spéciales américaines à sa villa le 2 mai 2011. «Aussi longtemps que dureront les raids de drones au Waziristan, nous maintiendrons notre interdiction des campagnes de vaccination anti-polio», a fait savoir ce groupe, qui serait lié par un pacte de non-agression officieux avec l’armée pakistanaise.
«Les programmes de vaccination servent aussi aux espions à la solde des Etats-Unis qui sont hostiles aux « moudjahhidine » (combattants de la guerre sainte), comme l’affaire du Dr Shakil Afridi l’a montré», a-t-il dit.
D’après un responsable de la sécurité pakistanaise au fait du dossier, ce médecin a dirigé un programme de vaccination à Abbottabad pour pouvoir se procurer l’ADN des enfants d’Oussam ben Laden, qu’il aurait transmis aux services américains traquant le chef d’Al Qaida.
Le Pakistan est l’un des rares pays au monde où sévit encore le virus de la poliomyélite.
17-06-2012/Reuters
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