Washington accuse Téhéran de renforcer al Qaïda en Syrie. Cet article est la suite logique d’un précédent : Double-jeu : Le Front Al Nusra en Syrie orchestré par Téhéran Article original. S’illusionner sur un « conflit sunnite-chi’ite » qui résoudrait les problèmes de l’Occident face au Jihad radical et à l’hégémonie iranienne, ne conduit qu’à oublier les objectifs fondamentaux des plus radicaux des deux camps. Al Qaïda est bien trop utile pour le Général Qassem Souleimani, dans la déstabilisation des monarchies du Golfe, d’Israël ou/et des intérêts américano-européens, pour qu’il n’ait pas appris à en jouer subtilement…

WASHINGTON—L’Administration Obama accuse Téhéran de permettre à des membres de haut-rang d’Al Qaïda d’opérer depuis le territoire iranien pour faciliter le mouvement de combattants sunnites en Syrie.


Al Nusra à Deir el-Zour, Syrie, mercredi. Reuters

Cette assertion provenant du Département du Trésor, jeudi, suggérerait que des éléments du gouvernement ou de l’armée iranienne, soutiendraient, au moins, sur le plan tactique, des groupes du camp opposé dans la guerre civile en Syrie.

Les responsables iraniens, évidemment, démentent, accusant Washington, en retour, de porter préjudice au processus de négociation sur le nucléaire.

Les gouvernements américain, arabes et européens ont accusé, de façon répétée l’unité d’élite de l’armée iranienne, le Corps des Gardiens de la Révolution, ou CGRI, de déployer des soldats en Syrie pour renforcer le régime d’Assad, une information également démentie par l’Iran.

Cela dit, des responsables américains ont aussi accusé, de façon intermittente, Téhéran et le CGRI de collusion avec certains groupes terroristes sunnites , qui sont, historiquement, les ennemis de Téhéran, mais qui combattent aussi les Etats-Unis et leurs alliés, Israël ou l’Arabie Saoudite.

Jeudi, le Trésor a sanctionné trois officiers du CGRI pour avoir apporté leur soutien aux Taliban, un autre groupe Sunnite radical.

L’Iran était sur le point de déclencher une guerre contre les Taliban, en 1998, lorsqu’ils dirigeaient l’Afghanistan, à la suite du meurtre de dizaines de diplomates iraniens dans la ville de Mazar-i-Sharif.

Le Trésor a aussi sanctionné un haut-dirigeant ouzbek, membre d’Al Qaïda, Olimzhon Adkhamovich Sadikov, alias Jafar al-Uzbeki Article original , parce qu’il utilise le sol iranien, afin de transférer des combattants en Syrie. Les Etats-Unis affirment que Jafar fait partie d’un réseau d’al Qaïda opérant depuis l’Iran, mais qui a aussi permis le transfert de combattants au Pakistan et en Afghanistan contre les forces occidentales encore présentes »>Article original» et qu’il agit en pleine connaissance de cause des autorités iraniennes ».

“Ce réseau utilise aussi l’Iran comme point de transit pour transporter ou transférer des financements et des combattants étrangers, à travers la Turquie Article original et soutenir des éléments affiliés à Al Qaïda à l’intérieur de la Syrie », dont le Front Al Nusra.

Le Front al Nusra a émergé comme l’une des milices islamistes sunnites
défiant le régime Assad.

Les responsables américains reconnaissent que la coopération avec Téhéran, à propos de la Syrie, est compliquée, à cause de ce qu’ils pensent être des divisions profondes et significatives au sein même du gouvernement iranien. La politique iranienne en Syrie est entre les mains du CGRI, pas du tout du Président Hasan Rouhani ni du Ministère des affaires étrangères (iranien).

Le Secrétaire d’Etat John Kerry, a tenté de discuter de la Syrie avec Zarif, la semaine dernière, dans les coulisses de la Conférence sur la Sécurité, à Munich, mais Zarif lui a clairement fait comprendre qu’il n’a pas le pouvoir de discuter du conflit syrien avec son interlocuteur américain.

Ces responsables américains avouent restés perplexes, au cours des dernières semaines, devant les tactiques du régime Assad, dans son combat contre ses opposants majoritairement sunnites et Al Qaïda.

Les Américains ont recueilli des renseignements, au cours des derniers mois, attestant que le régime Assad a acheté du pétrole détenu par l’Etat Islamique au Levant et en Irak, l’une des milices sunnites les plus puissantes dans le Nord de la Syrie, et s’est abstenu de bombarder les quartiers-généraux de ce groupe dans la province de Rakka.

Les responsables US disent ne pas envisager que Damas se soit coordonné avec l’EIIL. Mais certains pensent que Damas cherche à utiliser cette milice pour frapper un peu plus d’autres groupes rebelles, plus fréquentables. L’EIIL combat des groupes d’obédience plus laïque pour le contrôle de Rakka, ou les Kurdes, au Nord-Est. Ainsi, l’Iran et la Syrie joueraient les uns contre les autres, en trouvant des accords partiels avec leurs « pires » ennemis sur le papier.

Les Syriens et les Iraniens n’ont alors plus qu’à démentir ces “tripatouillages” et à accuser les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et la Turquie de soutenir les Jihadistes. Pays contre lesquels, ils pourront continuer de lancer des escouades, alternativement, « chi’ites » ou « sunnites », mais appartenant, clairement au camp de la « révolution islamique » anti-occidentale, anti-israélienne, et contre les pouvoirs arabes traditionnels, jugés trop conciliants avec les valeurs impies. La Turquie d’Erdogan, en plein tumulte politique, s’accorderait avec ses deux puissants voisins, pour contrer ce que le Premier Ministre, frère musulman, considère être un complot contre sa personne, ourdi par les Américains, soutenant Gülen contre lui, et les « Sionistes« , auxquels il voue une haine atrabilaire.

Jay Solomon at jay.solomon@wsj.com
Article original

6 février 2014 7:32 p.m. ET

online.wsj.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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Jean

Evidemment ,les éléments disparates et opportunistes d’ El Qaïda , en tant que Salafistes, sont en réaction contre le Wahhabisme et même contre les Frères musulmans . L’Arabie saoudite incarne la puissance , la rente pétrolière mais aussi la compromission avec l’Occident donc El Qaida la combat et combat les autres monarchies .

L’Iran, d’autre part , n’a jamais été l’ami des maîtres de la Kaaba et a même tenté d’y renverser le pouvoir lors d’un Hadj (Pèlerinage ) en Novembre 79;.

Mais les deux opposants , même ennemis , d’une troisième partie ne sont pas pour autant , entre eux , des alliés fondamentaux.

Car au niveau de la doctrine religieuse musulmane , les Chiites sont considérés comme apostats et ont toujours été méprisés et persécutés par les Sunnites lesquels ont assassiné Hussein fils d’Ali , et dans quelles conditions ,Hussein , descendant mâle du prophète, vraisemblable successeur .

Cela dit, ils peuvent, entre eux , Salafistes et Chiites passer des alliances ponctuelles . Que El Djezira, media du Qatar, qui les combat tous deux , jette de l’huile sur le feu et les présente comme des alliés , cela est n’est que du sophisme, denrée abondante chez les Mahométans , nous n’allons pas suivre ces ânes et porter avec eux , le bonnet , bonnet d’âne !!!!!!!!

L’Allemagne hitlérienne a bien passé un pacte de non agression officiellement avec l’ U.R.S.S. de Staline en Août 1939 (permettant même aux avions allemands de s’entraîner sur des terres soviétiques ).

Mais cela n’a pas attendri Hitler

Et ce pacte , qui a trompé tout le monde , n’a été qu’un chiffon de papier et les Nazis ont préparé la guerre et attaqué la patrie socialiste qu’ils haïssaient aussi profondément qu’ils haïssaient Slaves et Juifs provoquant la curée que nous savons .

Il en sera de même des alliances ponctuelles entre El Qaida et Chiites .

Pourquoi ? Parce qu’ils ont, les uns et les autres, une HAINE réciproque et meurtrière , cristallisée durant des siècles , qu’un bon historien doit intégrer dans ses considérations et analyses

Faire de l’histoire , ce n’est pas se cramponner aux faits , à l’évènementiel mais ne pas céder à une histoire structuraliste et plutôt tenir compte des leçons du passé , faire des rapprochements et comparaisons , tenir compte des idéologies en place et donc des sujets humains et du maximum de facteurs comme nous l’ont ‘enseigné Marc Bloch et les tenants de l’école des Annales