À l’occasion des dernières élections consistoriales, nous avions constaté que Joël MERGUI en habile politicien avait réussi à transformer en obligés la plupart des dirigeants de synagogues. Les résultats du scrutin ont prouvé la validité de cette tactique. Certes, des voix se sont élevées pour contester cette victoire et notre site JFORUM a mené une enquête particulièrement significative puisqu’elle a démontré qu’un millier de personnes n’auraient pas reçu leur carte d’électeur.

Le recours déposé auprès du Consistoire Central de France a été rejeté, car il y aurait eu des retards dans le dépôt de la contestation. Les membres du Conseil du consistoire Central, frileux, n’ont même pas cherché à diligenter la moindre enquête qui aurait permis de lever les doutes sur les nombreuses anomalies dénoncées. Est-ce parce que le président du consistoire Central de France est en même temps président du consistoire de Paris que les membres de l’institution fédératrice n’ont pas souhaité aller plus loin ? On peut légitimement se poser la question, et notre site n’est pas le seul puisque l’EXPRESS, dans sa livraison du 20 novembre 2013, a publiquement fait état d’un non-respect des conditions de participation qui auraient invalidé le scrutin. Toujours est-il qu’en raison du refus du Conseil du Central d’examiner la contestation, le doute demeure sur la validité de ces élections.

Le recours ne suspendant pas l’élection à la présidence de Paris, cette désignation s’est déroulée le 8 janvier 2014, et comme on pouvait s’y attendre, les nouveaux élus de la liste A.J.C. et les inconditionnels de Joël MERGUI ont voté en bloc, en appliquant les consignes de leur chef. On aurait pu espérer un sursaut d’esprit communautaire qui aurait apaisé les esprits et transmis une image de fraternité, ce que la plupart des anciens et des nouveaux souhaitaient dans leur for intérieur, ne serait-ce que pour mettre fin à cette bataille électorale. Il n’en a rien été, et ce que nous ont confirmé plusieurs participants interrogés par JFORUM va bien dans le sens voulu par le nouveau président : désormais tout est verrouillé et tout est entre ses mains et uniquement les siennes. Il aurait pu, par exemple, dans un élan de lucidité, renoncer à se présenter à la présidence et promouvoir la candidature de certains de ses proches: Elie KORCHIA, David AMAR ou Jack-Yves BOHBOT, par exemple. Les membres du Conseil, et par-delà la Communauté dans le sens le plus large, auraient vu un signe de modestie et de relative humilité, puisqu’il demeurait président du Consistoire Central de France, la plus haute fonction pour un laïc dans une institution religieuse juive. Ceux qui pensaient cela se sont trompés, car c’était au-delà de ses forces, la boulimie de puissance n’ayant pas de limites !

D’autres, à l’issue du conseil, y voyaient la confirmation de la méfiance maladive du président Mergui, qui n’épargne pas ses lieutenants les plus fidèles.

Soit ! Il pouvait redevenir président puisqu’il en avait les moyens avec une majorité confortable, qui, du reste, lui assure d’être réélu en 2017, puis, en 2021, 2025, et « ad vitam aeternam », dans la mesure où l’avance prise en nombre d’élus est telle qu’il n’a plus à se faire de soucis pour son trône consistorial.

Mais dans ces conditions pourquoi écraser, briser, rejeter la poignée d’administrateurs qui se sont soulevés contre « le système MERGUI », non par ambition mais uniquement pour défendre nos valeurs de démocratie communautaire ?

Le déroulement de cette séance, au dire des quelques participants que JFORUM a interrogés, s’est passé exactement comme à l’armée où les soldats obéissent au doigt et à l’œil. À chaque proposition de désignation, les membres AJC ont voté unanimement comme un seul homme: accords en bloc pour la présidence, accord en bloc pour la constitution du Bureau, accord en bloc pour la présidence des commissions, accord en bloc pour la délégation au Conseil du consistoire Central.
Moïse COHEN nous a avoué qu’il avait voulu, à l’époque, instaurer des élections uninominales afin que chacun conserve son indépendance et son libre arbitre, même s’il fait partie d’une équipe soudée mais interactive. Dans le cas présent, personne n’ose émettre la moindre opinion personnelle, surtout ceux qui appartiennent au regroupement AJC.

Quant aux opposants, qui ne cachent pas leur désaccord sur ces dysfonctionnements patents, que les grands rabbins ne relèvent même pas, il aurait été judicieux et sage de les intégrer dans le nouvel organigramme, pour bénéficier de leur expérience et de leur vision personnelle dans une société juive en pleine effervescence. Le Talmud fourmille d’exemples de rabbins se chamaillant sur tel ou tel point «lechem chamaim», d’autant plus que le débat contradictoire est toujours enrichissant.

Une fois de plus, les règles statutaires ont été bafouées et les nouveaux venus, connaissant mal les statuts et le règlement intérieur, sont mal placés pour contester certaines entorses. Moïse COHEN, encore lui, nous a avoué être revenu, une fois de plus, sur le non-respect de l’article 29 du règlement intérieur, qui stipule que doivent figurer dans la délégation du Consistoire de Paris au conseil du Central, les administrateurs qui n’avaient pas été soumis à réélection, ce qui était le cas pour plusieurs opposants. Mais, bien entendu, il était important pour le président DES Consistoires d’écarter d’emblée d’éventuels contestataires et avec le silence complice des autorités rabbiniques, de s’assurer également au 19 rue Saint-Georges une majorité acquise, en vue des réformes qu’il envisage de mener pour détricoter l’institution consistoriale et rabbinique.

Dans le même esprit, l’article 35 a été violé puisqu’on a attribué la présidence de 3 commissions à des dirigeants communautaires, certes respectables, mais qui n’avaient pas été désignés « en son sein » comme le stipule le règlement intérieur. Et si des aménagements ont pu être décidés dans le passé, ils étaient extrêmement exceptionnels et limités, ce qui n’est pas ici le cas.

Le Consistoire de Paris aurait pu se tourner vers le futur avec dynamisme et dans l’apaisement des tensions nées de la campagne électorale, mais il n’en prend pas le chemin dès lors que les forces vives, même si elles manifestent des opinions différentes, sont muselées et cantonnées à un rôle de simple figuration.

On doit s’attendre à des jours difficiles pour le Consistoire de Paris, condamné à aller de l’avant uniquement avec un capitaine, plus sourd que jamais à toute critique voire à toute proposition. C’est la raison pour laquelle, plusieurs administrateurs nous ont fait part de leur scepticisme, étant désormais muselés et dans l’incapacité de sauver l’institution d’un naufrage, hélas, prévisible.

JFORUM

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barmoha andr

« Drôle d’époque », ou des religieux aux laïcs, tous ceux qui gouttent « au pouvoir », finissent, comme dans le milieu audio visuel et de la politique nationale française, accro comme des drogués.

Alors pourquoi, pour le goût du pouvoir et ce qui va avec….??…

Pourtant il n’y a que, magouilles, corruptions, mensonges, cupidités, affaires de sexe et mœurs qui sont au rendez vous ou dans le voisinage et aucune catégorie est intégralement saine, Hélas.

Mais que font les psy ??….

Ils devrait avoir un examen psychologique et de santé obligatoire avant et après leur mandat par une institution indépendante. André BARMO’HA.

disraeli

{{A quoi bon limiter les mandats au consistoire ? Le premier à avoir violé cette règle a été le rabbin Jo Sitruk.
alors quand l’exemple vient d,en haut …}}

DANIELLE

Joël Mergui le culte de la personnalité !

C’est la constitution du Consistoire qu’il faudrait rajeunir ! pourquoi autoriser de renouveler plus
de 2 mandats ???

La dictature est toujours renversée, un jour ou l’autre, dommage que le peuple Juif perd de son intelligence en vieillisant !!!