Le 19 avril 1943, alors qu’au même moment, le ghetto de Varsovie se soulève contre la machine de guerre hitlérienne, 1.636 Juifs du camp de Malines (Belgique) embarquent à bord du convoi XX qui part vers Auschwitz-Birkenau. Il s’agit du seul convoi de déportés juifs qui ait été attaqué dans le but d’en libérer les détenus.Et ce, grâce à trois jeunes résistants bruxellois. Au final, un déporté sur sept parviendra à s’échapper de ce train.

Le XXème convoi est un convoi particulier.

Il s’agit d’un train exceptionnellement long et composé, pour la première fois, de wagons à bestiaux.

Lors des transports précédents, des wagons de troisième classe avaient été utilisés dont il était éventuellement possible de s’évader par les fenêtres.

A partir du XXème convoi, les portes sont hermétiquement closes.

Le train, convoyé par les SS, est attaqué par trois jeunes résistants, Youra Livchitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau, armés seulement de deux pistolets.

Ils réussissent à arrêter le convoi, à ouvrir plusieurs wagons à bestiaux et à distribuer de l’argent à 231 déportés qui arrivent à prendre la fuite.

23 furent tués, 95 furent repris et 113 échappèrent à la mort.

Youra fut arrêté sur dénonciation et fusillé en février 1944, Robert et Jean survécurent à la guerre.

19-04-2013/ GNI Article original


Caserne Dossin à Malines

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L’opération

Le vingtième convoi part de Malines le 19 avril 1943.

Pour la première fois, les wagons de troisième classe ont été remplacés par des wagons à bestiaux.

Un wagon supplémentaire a été ajouté avec 18 hommes et une femme: le Sonderwagen, dans lequel prennent place des résistants et les « évadés » de précédents convois.

Celui-ci emporte 1 631 juifs, au nombre desquels 262 enfants.

Parmi ceux-ci figure le plus jeune bébé qui sera déporté de Belgique à Auschwitz : Suzanne Kaminski, née le 11 mars 1943 (no 215, alors âgée de 39 jours).

Le no 584 du même convoi XX est porté par Jacob Blom.

Né le 7 août 1842, il est le doyen des déportés de Malines.

Non moins de 231 Juifs du transport vont s’en évader avant qu’il ne passe en Allemagne.

Dans le virage de Boortmeerbeek, trois partisans armés d’un seul pistolet, de sept cartouches et d’une lampe-tempête recouverte d’un papier rouge parviennent à immobiliser le train.

Il s’agissait de:

Youra Livchitz, « Georges » dans la Résistance. Jeune médecin, c’est lui qui a recruté le « commando » ;Jean Franklemon ;Robert Maistriau.

Une fois le train arrêté, la Schutzpolizei, postée en tête du train et à l’arrière, ouvre le feu.

Malgré la fusillade, les trois hommes parviennent à ouvrir un premier wagon, dont s’échapperont 17 personnes.

Au final, 231 déportés prirent la fuite : 23 furent tués et 95 furent repris par la suite et déportés à Auschwitz.

113 personnes échappèrent donc à la mort, dont Simon Gronowski.

Il avait 11 ans lorsqu’il sauta du convoi, où resta sa maman.

Sa sœur, en raison de sa nationalité belge nouvellement acquise, fera partie du convoi XXIIB et disparaîtra également à Auschwitz.

Ses souvenirs sont publiés par les Éditions Pire sous le titre de« L’enfant du 20e convoi.»

Avec une adaptation pour les enfants de primaire : «Simon, le petit évadé.»

Simon Gronowski deviendra un brillant avocat.

L’un des wagons intéressait particulièrement les trois hommes parce qu’il contenait des membres de la Résistance juive. 6 ou 7 parvinrent à s’évader.

Leur rassemblement ne doit rien au hasard. Eva Fastag, au camp de regroupement ((de) Sammellager) de Malines, a « trafiqué » les listes à cet effet.

Enfin, il convient de signaler la conduite courageuse du machiniste Albert Dumon.

Ce cheminot a compris que des déportés tentaient de recouvrer la liberté et il a appliqué volontairement à la lettre la réglementation ferroviaire entre Tirlemont et Tongres (la ligne qu’il couvrait) : mise au pas de la locomotive pour les franchissements de passages à niveau, ralentissements dans les courbes, arrêt d’une demi-heure à Borgloon en attendant une signalisation adéquate et arrêt complet lors d’un signal rouge…

Cette attitude non dénuée de risques (refuser de conduire un train de déportés était sanctionné par une exécution immédiate) a permis à de très nombreux passagers de sauter d’un train qui roulait à vitesse modérée et, par conséquent, de ne pas se rompre le cou.

Malheureusement, selon Albert Dumon, la nuit était claire et les Allemands postés sur le train pouvaient voir distinctement les déportés qui s’enfuyaient.

Ceux qui eurent la présence d’esprit de se jeter au sol évitèrent pour la plupart les balles allemandes.

Hélas, les victimes étaient nombreuses à gésir le long des voies, comme Dumon s’en aperçut lorsqu’il ramena la locomotive (sans les wagons) à la gare de Tirlemont. 3

Régine Krochmal, une infirmière de 18 ans, membre de la Résistance, parviendra à s’échapper à l’aide d’un couteau à pain aux environs de Haacht.

Elle et Simon Gronowski survivront à la guerre.

Les préparatifs

Hertz Jospa, Mauritz Bolle et Roger Van Praag, membres du Comité de Défense des Juifs (CDJ) étudièrent la possibilité de monter une action pour arraisonner un convoi de déportation.

Les risques étaient énormes, y compris ceux de représailles.

Mais le CDJ n’avait pas les moyens de mener à bien ce type d’action. Finalement, Youra Livchitz s’empara du projet pour le mener à son terme.

C’est dans l’atelier de Marcel Hastir, au 51 de la rue du Commerce, à Bruxelles, que l’attaque fut planifiée.

Youra Livchitz avait déployé toute son énergie pour convaincre l’Armée belge des partisans de monter l’attaque, le Front de l’Indépendance avait décliné l’offre en raison de la charge logistique d’une telle planification.

Ils ne furent finalement que trois à monter l’opération.

Le 23 avril, ils quittèrent, à vélo, la place Meiser par la chaussée d’Haecht en direction de Boortmeerbeek.

Dans leurs sacoches, quatre tenailles, une lampe-tempête et un 6,35 mm4.

L’arme avait été fournie par Richard Altenhoff, l’un des fondateurs du Groupe G, qui devait être le «quatrième homme» mais il ne prendra finalement pas part à l’attaque.

Après l’attaque

Youra Livchitz, en compagnie de son frère Alexandre, fut arrêté sur dénonciation le 23 juin 1943.

Ils seront tous deux fusillés à une semaine d’intervalle en février 1944. Robert Maistriau et Jean Franklemon survécurent à la guerre.

Commémoration


Stèle commémorative de l’attaque du 20e convoi.

Une stèle commémorative est inaugurée en 1993 près de la gare de Boortmeerbeek en souvenir de cet acte de résistance et des personnes déportées.

Wikipédia

TAGS: Shoah Belgique Malines Auschwitz Youra Livchitz

Résistance Juives Caserne Dossin Simon Gronowski

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