L’Administration Obama a annoncé, mardi 28 janvier, que des milices rebelles syriennes triées sur le volet, recevraient des armes légères américaines, don’t des roquettes anti-tanks, mais pas de missiles anti- aériens. Vendredi 24 janvier, un officier des renseignements israéliens dévoilait que son gouvernement était en train de « repenser » la neutralité de sa politique stratégique, dans la guerre civile syrienne, en raison de la présence massive de 30.000 Jihadistes d’al Qaïda à la frontière syrienne.

Les sources des renseignements et de l’anti-terrorisme de Debkafile pensent que ces révélations viennent s’ajouter à un profond changement dans les politiques non-interventionnistes des deux gouvernements, américain et israélien, dans le conflit syrien. Ces changements d’optique semblent déjà évoluer vers une action conjointe portant sur une incursion limitée sur le sol syrien –non pas grâce au déploiement de leurs propres troupes , mais par l’entremise de milices rebelles syriennes qui ne soient pas associées aux organisations islamistes radicales. La vraie question serait donc de s’assurer de leur motivation à « faire le poids« , tant contre les uns (Al Qaïda) que les autres (Assad-Hezbollah-Iran). On a, pourtant, assisté à des revirements de fronts rebelles anti-islamistes, chassant al Qaïda autour d’Alep, au nord et, d’autre part, à une prise de contrôle territorial des milices kurdes, au nord-est ou Kurdistan syrien… Le pari reste risqué, c’est sans doute pourquoi, il n’est évoqué que marginalement.

Ces rebelles ont déjà pris livraison d’armes américaines et jordaniennes, s’entraînent et reçoivent probablement une assistance logistique, médicale Article original, ainsi que des renseignements de la part d’Israël. Ce serait le point inédit évoqué par l’officier anonyme des renseignements, il y a quelques jours.

S’agissant essentiellement de milices locales, elles ont pour mission de veiller sur deux zones de sécurité en voie de constitution, dans le sud de la Syrie et de repousser les tentatives du Jabhat al Nusra et de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) d’atteindre les frontières jordaniennes et israéliennes.

Le principal objectif de ce plan américain consiste à créer des zones de sécurité, afin de verrouiller ces frontières, aussi bien contre l’avancée des troupes de Bachar al Assad et du Hezbollah, que contre les milices islamistes appartenant à al Qaïda , grâce à des groupes rebelles anti-islamistes locaux, financés et soutenus sur le plan logistique.

Par exemple, Israël continuera d’apporter une assistance médicale et d’évacuer les Syriens blesses, dans le sud syrien – qui reste sa forme la plus visible de soutien, jusqu’à présent. Cette aide a aussi servi de sondage aux renseignements. Elle n’en exclurait pas d’autres, à terme, à condition d’une mise en confiance.

Ce plan a pris environ dix mois pour mûrir, depuis le déploiement de 15 000 hommes des forces spéciales américaines, sur la base aérienne Roi Hussein de Mafraq, en avril 2013. Les unités débarquées ont commencé par transformer certaines parties de la base en installations recevant des instructeurs jordaniens qui mènent des exercices d’entraînement avec des combattants syriens, avant de les renvoyer en Syrie équipés d’armes américaines 5ou moins détectables et réutilisables par la partie adverse? »>Article original.

Deux secteurs sensibles de sécurité se dessinent au sud de la Syrie :

La première enclave, de 45 kms de long et de 75 kms de large, au Sud-Ouest, se découpe entre les frontières israélienne et jordanienne (voir la carte)

La difficulté, dans cette situation en zone de crête sur le territoire druze, tient au fait que les 180 000 hommes des tribus vivant dans 120 villages éclatés, ont jusqu’à présent, pris bien soin de se tenir à l’écart de la guerre civile et d’éviter d’agir contre le régime syrien. Mais les premières preuves d’empiètement d’al Qaïda sur leur territoire a pu persuader les dirigeants druzes de franchir le pas.

S’ils décident, effectivement, de lier leur destin aux rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis, qui contrôlent cette zone de sécurité, cette enclave pourra acquérir une profondeur stratégique et toute cette partie du sud syrien pourra, progressivement, devenir une entité militaire suffisamment puissante, capable de faire front aussi bien aux forces d’Assad qu’à celles d’al Qaïda.

La seconde enclave se déploie plus au nord (voir la carte), pour confier, en définitive, aux milices rebelles syriennes, le contrôle d’une bande de 30 kms de large et d’une profondeur de 60 kms de long, à la frontière syro-israélienne du Golan, qui, avec Quneitra, a une population d’environ 300.000 personnes.

Finalement, les planificateurs américains espèrent relier les deux zones de sécurité pour en faire un sanctuaire sécurisé et un bastion des forces modérées de l’opposition syrienne, sauvegardé de la tourmente environnante par un ferme soutien américain, jordanien et israélien.

DEBKAfile Reportage Exclusif 28 Janvier 2014, 7:17 PM (IST)

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

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