Un chirurgien israélien qui avait été condamné par un tribunal français pour diffamation dans l’affaire al-Doura, l’enfant palestinien tué en 2000 à Gaza, a accusé lundi, dans une interview à la radio militaire, le gouvernement israélien de ne pas le soutenir.
Le docteur Yéhuda David s’est plaint que le gouvernement israélien ne lui ait « toujours pas versé à ce jour le montant des dépenses pour sa défense », qu’il a évalué à 400.000 shekels (80.000 euros) alors qu’il a engagé une procédure en appel examinée dans les prochaines semaines à Paris.
« Je tiens énormément à retourner à Paris en sachant que le gouvernement israélien est à mes côtés car ce sera une occasion inespérée de démontrer que l’armée israélienne n’a pas tiré sur l’enfant », a-t-il expliqué.
L’affaire al-Doura avait éclaté à la suite d’un reportage de Charles Enderlin, correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, et de son caméraman palestinien, Talal Abou Ramah, tourné dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000, dans les premiers jours de la deuxième Intifada.
Protégé par son père Jamal, Mohammed al-Doura, 12 ans, y perdait la vie lors d’un échange de tirs entre l’armée israélienne et des combattants palestiniens.
Les images de l’enfant devenues emblématiques dans le monde arabe et musulman ont donné lieu à une très vive et longue controverse sur l’origine des tirs, provenant selon les auteurs du reportage d’une position israélienne.
Les adversaires de France 2 soutiennent en revanche qu’il s’agissait d’une « mise en scène » pro-palestinienne.
Toutefois, les autorités israéliennes n’ont pas entamé de poursuites judiciaires contre les journalistes incriminés, ni révoqué leurs accréditations comme le réclamaient les tenants de la thèse d’une machination.
Fin avril, un tribunal correctionnel de Paris a condamné pour diffamation le docteur David qui avait opéré le père de l’enfant, Jamal al-Doura, en 1994.
Il a estimé diffamatoire l’affirmation par le médecin que Jamal al-Doura avait « délibérément menti sur l’origine de ses blessures aux fins de se prêter à une manipulation de l’opinion internationale ».
Le docteur David a affirmé que les blessures de M. al-Doura étaient antérieures à la fusillade filmée par France 2 en 2000.
JERUSALEM , 14 nov 2011 (AFP)
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