Le niveau élevé de terrorisme palestinien, au cours des derniers mois, doit être largement attribué aux 19 sites de réfugiés de la Bande Occidentale de Cisjordanie, qui ont totalement basculés hors de tout contrôle de l’Autorité Palestinienne, de son chef Mahmoud Abbas (Abu Mazen) et de ses services de sécurité, selon les sources militaires et contre-terroristes de Debkafile, après une enquête approfondie sur le terrain.

Le près d’un quart de million de Palestiniens vivant dans ces camps est tombé entre les mains de milices armées locales, dirigées par des organisations terroristes, des gangs criminels et des racketeurs armés.

La situation d’aujourd’hui est telle que les forces de sécurité palestiniennes n’osent pas mettre le pied dans ces zones, particulièrement, dans les camps de réfugiés importants de Naplouse (Balata), Tulkarem, Dehaisha – entre le bloc d’implantations du Gush Etzion et Hébron – Askar – à l’Est de Naplouse et Jénine. Le camp de Shoafat, dans la zone municipale de Jérusalem, constitue une autre zone interdite.

Les unités de la sécurité palestinienne craignent d’être accueillies de la même façon que les forces militaires israéliennes, qui ont cessé de pénétrer dans ces camps, après avoir essuyé des rafales d’armes automatiques, des jets de cocktail-molotov et de grenades détenus par des gangs de voyous armés. Il y a aussi eu des tentatives pour capturer des soldats et les prendre comme otages.

Au camp palestinien de Jénine, le 17 décembre, une unité israélienne est arrivée pour arrêter un suspect de terrorisme, et le 19 décembre, une unité d’élite des parachutistes ont conduit leurs véhicules à l’intérieur du camp de Qalqilia. Ces deux forces ont dû se retirer sous un feu nourri et ne sont pas revenues pour régler leur compte aux agresseurs.

Le contrôle des grandes villes de Cisjordanie et des camps de réfugiés dans le même secteur a, théoriquement, été transmis à l’Autorité Palestinienne, dans le cadre d’accords précédents avec Israël. Depuis lors, personne n’a empêché ces camps de stocker d’énormes dépôts d’armes illégales, y compris des roquettes anti-tanks et anti-aériennes, alors que ces milices rivalisaient les unes avec les autres pour avoir l’armement le plus imposant et le plus avancé.

Nos sources des renseignements rapportent que, depuis la troisième semaine de Décembre, ces armes ont commencé à transiter vers les villages palestiniens autour des camps et qu’elles atteignent, désormais, les villes dans des camions de production fermière faisant les livraisons dans les boutiques des villes. De cette manière, les milices locales étendent leur rayon d’action, à partir des camps vers les villes de Cisjordanie sous le contrôle de l’AP, telles que Naplouse, Jénine, Tulkarem, et même dans son fief, à Ramallah et les quartiers de Jérusalem-Est.

Abu Mazen n’a pas, jusqu’à présent, levé le petit doigt pour affirmer son autorité et briser la loi des milices armées, qui s’impose à une large proportion de la population. Il a récemment essayé d’employer le général palestinien chevronné, Hadj Ismaïl, dans ses fonctions de coordinateur des relations entre l’AP et les gouverneurs de province palestiniens, afin de les persuader d’entrer en action et de mettre un frein à ce grabuge.

Cela n’a guère porté ses fruits, parce que les gouverneurs ne prennent plus leurs ordres auprès d’aucun responsable de l’Autorité palestinienne, et en particulier, estiment ne pas en avoir à recevoir d’Abu Mazen.

Debkafile met le doigt sur un étrange paradoxe, voyant les Etats-Unis et Israël conduire des négociations avec le chef d’un appareil de gouvernement, dont l’autorité lui glisse des mains, jour après jour et dont la signature, dans tout accord, n’aurait qu’une valeur modique, quant à sa mise en pratique.

Les parties concernées prétendent ne pas avoir remarqué la situation, pour trois raisons :

1. Le Secrétaire d’état John Kerry, quoi que bien au courant de l’état des lieux, dans les parties contrôlées par l’AP, réalise que le reconnaître jetterait une ombre à ses efforts laborieux pour tâcher de mettre en place des arrangements sécuritaires dans la Vallée du Jourdain et en Judée-Samarie/Cisjordanie. Après le départ de Kerry, à l’issue d’une nouvelle tentative visant à combler le fossé entre les Palestiniens et Israël, une source sécuritaire israélienne a confié à Debkafile, lundi 6 janvier, qu’avant de s’attaquer à la question des frontières, le Secrétaire a besoin de trouver rapidement des solutions à la rupture des conditions de sécurité dans les zones contrôlées par les Palestiniens, sur plus de 90% de la Bande Occidentale, avant qu’elle n’explose.

2. Le gouvernement Netanyahu et son bras armé préfèrent détourner les yeux du chaos qui se propage à l’extérieur des camps de réfugiés et déborde rapidement sur tout le reste de la Cisjordanie, plutôt que d’être montrés du doigt, de façon embarrassante, en train de négocier la paix avec un dirigeant qui n’est pas capable de maintenir l’ordre dans sa propre maison – et a fortiori, dans un état palestinien indépendant.

La sécurité ingérable du futur «  Etat palestinien” permet aux autorités sécuritaires israéliennes de considérer l’élévation de la violence comme aléatoire, plutôt que d’être le fruit d’une organisation terroriste particulière. Cela peut être vrai, techniquement, mais cela ne les tire pas d’affaire pour autant.

3. Abbas ne peut pas se permettre d’admettre sa perte de contrôle dans les camps de réfugiés, parce que cela entraînerait d’exposer que son autorité n’en finit pas de s’éroder, dans la population qu’il espère diriger dans le cadre d’un futur Etat palestinien – et pas seulement, en ce qui concerne le front sécuritaire. Il a aussi perdu le noyau dur de ses partisans dans la plupart des principaux organismes de gouvernement palestinien : le Comité Central du Fatah et le Conseil Central de l’OLP

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski

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