Les Etats-Unis se sont refusés jeudi à parler de début de guerre civile en Syrie, contestant l’évaluation faite par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Les propos de M. Lavrov accusant l’opposition syrienne de faire courir au pays le risque d’une « guerre civile » sont le résultat d’une « évaluation erronée », a affirmé Mark Toner, un porte-parole du département d’Etat.
Pour Washington, la situation est celle du « régime Assad menant une campagne de violence, d’intimidation et de répression contre des manifestants innocents ». « Nous ne voyons pas cela comme une guerre civile », a insisté M. Toner.
Le ministre russe, représentant d’un gouvernement allié de longue date à la Syrie, a livré son analyse en réponse à une question sur l’attaque mercredi d’un centre des services secrets syriens à l’entrée de Damas par « l’Armée syrienne libre », une force d’opposition armée.
Selon un haut responsable américain parlant sous couvert de l’anonymat, parler de guerre civile « joue en faveur » du président syrien Bachar al-Assad, qui assimile la contestation de son régime à l’action d’un « mouvement terroriste contre le gouvernement ».
L’administration Obama avait dit mercredi rejeter la violence à la fois de la part du pouvoir et de l’opposition, en jugeant que les actions armées de cette dernière aidaient de fait le régime de Damas.
« Nous voyons de la violence et nous pensons qu’elle entraîne le pays sur une pente dangereuse », a commenté jeudi la source américaine, mais ce sont les crimes du régime « qui ont exacerbé la situation et mené à cela ».
Moscou refuse que le régime de Bachar al-Assad soit condamné par les Nations unies en raison de la répression sanglante d’un mouvement de contestation depuis le mois de mars.
Face à l’impasse au Conseil de sécurité de l’ONU — où la Russie dispose d’un droit de veto –, les Etats-Unis soutiennent une résolution de la France, de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne pour condamner la répression syrienne à l’Assemblée générale de l’organisation.
L’Amérique, a réitéré M. Toner jeudi, « espère » que la Russie « va réaliser qu’il est impossible qu’Assad demeure un dirigeant crédible aux yeux de son peuple, après avoir tué tant de gens ».
WASHINGTON, 17 nov 2011 (AFP)
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