Le réchauffement du climat pourrait particulièrement affecter le cours du Nil au nord de l’Afrique et celui du Limpopo au sud d’ici 2050 et créer des tensions régionales, selon les projections d’un groupe de recherche présentées lundi à un forum international à Pretoria.
Un niveau d’évaporation plus élevé pourrait « réduire le niveau d’eau dans le bassin supérieur du Nil bleu » en Ethiopie, selon l’étude présentée par le CGIAR, le groupe consultatif sur la recherche internationale agricole.
Cela aurait des conséquences au plan régional après des années de tensions suscitées par les projets de l’Ethiopie de construire de nouveaux barrages.
L’étude évoque de sérieuses inquiétudes pour le bassin du fleuve Limpopo en Afrique australe, et le risque de tensions régionales entre les différents pays qu’il traverse : Botswana, Afrique du Sud, Zimbabwe et Mozambique.
« Dans certaines zones du (bassin du) Limpopo, même l’adoption généralisée de systèmes innovants comme l’irrigation par goutte à goutte pourrait ne pas suffire pour pallier l’impact négatif du changement climatique sur la disponibilité de l’eau », a indiqué dans un communiqué Simon Cook, un des scientifiques de l’étude.
« Nous devons nous demander si les stratégies actuelles de développement agricole dans le (bassin du) Limpopo, fondées sur les niveaux actuels de disponibilité de l’eau, sont vraiment réalistes » compte tenu des probablement changements climatiques, a-t-il ajouté.
Les résultats ont été présentés lors du forum international sur l’eau et l’alimentation à Pretoria.
Généralement dans le monde, le réchauffement du climat est susceptible d’augmenter l’évaporation des fleuves ce qui dans la plupart des cas devrait être compensé par davantage de pluies. Mais le changement pourrait s’avérer dramatique dans certains bassins fluviaux métamorphosant des régions humides en régions sèches.
« De tels changements seront un cauchemar à gérer et exigent une plus grande attention aux méthodes d’adaptation et aux projections climatiques de long terme que cela n’a été nécessaire jusqu’à présent », a souligné Alain Vidal, directeur du groupe eau et alimentation du CGIAR.
JOHANNESBURG, 14 nov 2011 (AFP)
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