Le chef du Mouvement islamique arabe israélien, cheikh Raëd Salah, arrêté en juin à Londres puis remis en liberté conditionnelle, va faire appel de son extradition vers Israël, décidée par la justice britannique, ont annoncé ses avocats vendredi.
Le 26 octobre, la justice britannique s’était prononcée pour l’extradition de cheikh Raëd Salah, réclamée par Londres. Les autorités britanniques justifient leur demande en affirmant qu’il a eu « un comportement inacceptable » et que son départ « serait propice à l’intérêt public ».
Cheikh Raëd Salah a reçu le droit de faire appel de son extradition, ont annoncé ses avocats vendredi. Aucune date n’a encore été communiquée pour l’audience. Cet Arabe israélien est à la tête de l’aile radicale du Mouvement islamique, une organisation extra-parlementaire, légale en Israël mais très surveillée en raison de soupçons sur ses liens avec le mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza et d’autres mouvements islamistes dans le monde.
La ministre britannique de l’Intérieur Theresa May « n’a jamais réussi à apporter des preuves éventuelles des nuisances (causées par cheikh Salah) (…) qui pourraient justifier que le gouvernement l’empêche de s’exprimer devant des parlementaires, des hommes politiques et le peuple britannique », a estimé l’un de ses avocats, Tayab Ali. Elle « n’a pas non plus réussi à apporter des preuves que les précédentes visites de cheikh Salah en Grande-Bretagne avaient causé des torts à l’ordre public ou aux relations entre les différentes communautés », a-t-il ajouté.
Cheikh Salah, dont le nom figurait sur une liste noire établie par le ministère britannique de l’Intérieur recensant les personnes interdites d’entrée en Grande-Bretagne, avait passé sans encombre le 25 juin les contrôles à l’aéroport londonien d’Heathrow. Il n’avait été arrêté que trois jours plus tard, après avoir donné une conférence à Leicester (centre), et avait été placé en prison en attendant son expulsion vers Israël. Il avait ensuite été remis en liberté conditionnelle mi-juillet par la justice britannique, en attendant une décision sur son expulsion. Selon ses avocats, il n’était pas au courant qu’il était sur une liste de personnes interdites d’entrée au Royaume-Uni.
LONDRES, 11 nov 2011 (AFP)
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