Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur la question de savoir pourquoi ce conflit dure si longtemps. Ils pensent – à raison – que les paramètres d’un éventuel arrangement doivent être connus. Il se peut qu’Israël n’ait pas exploité de manière optimale certaines fenêtres d’opportunités, mais l’impasse semble globalement du côté palestinien.
Les dirigeants palestiniens dits « modérés » ne le sont que dans le sens où leur pragmatisme les conduit à accepter la réalité de l’Etat d’Israël, tout en la considérant comme temporaire. Cela signifie qu’en attendant qu’Israël disparaisse ils sont disposés à renoncer à la violence et à coopérer au plan économique. Cela permet aux palestiniens de développer leurs institutions et donne aux israéliens une sécurité relative.

Réfugiés Juifs yéménites évacués en direction d’Israël lors de l’opération Tapis Volant (1949-1950)

Mais quand il s’agit d’envisager l’avenir, en d’autres mots d’établir un Etat palestinien indépendant, ces dirigeants sont tétanisés à l’idée de devoir apposer leur signature au bas d’un document stipulant que le conflit est terminé, et que les réfugiés palestiniens ainsi que leurs descendants doivent renoncer à s’établir en Israël.

Il est clair que pour Israël qu’il ne sera jamais question d’admettre le retour de ces réfugiés, parce que cela constituerait un arrêt de mort pour l’Etat Juif. Sachant que cette question constitue une ligne rouge pour Israël, le leadership palestinien l’ignore délibérément afin de s’assurer de ne jamais aboutir à un accord. C’est donc la question des réfugiés palestiniens qui s’avère la plus insoluble de toutes. Mais en la mettant en perspective on s’aperçoit qu’il y a là une illusion d’optique, parce que tout le monde, ou presque, fait mine de croire que la guerre de 1948 n’a fait des réfugiés que d’un côté.


Camp de transit (Israël, 1950).

Quand les intermédiaires les mieux intentionnés veulent s’interposer, ils feignent tous d’ignorer que la guerre israélo-arabe de 1948 a peut-être fait plus de réfugiés juifs que de réfugiés arabes. C’est ce qui ressort de travaux d’intellectuels tels que Shmuel Trigano, Nathan Weinstock ou Stanley Urman, Président de « Justice For Jews From Arab Countries ».

C’est à la lumière des recherches de ce dernier que l’on constate que la Communauté Internationale n’oppose jamais aux revendications palestiniennes l’évidence historique des réfugiés juifs forcés de fuir après 1948 le monde arabe où ils étaient établis parfois depuis plus longtemps que les arabes eux-mêmes.

Après la déclaration d’indépendance d’Israël, les juifs du monde arabes ont été arrêtés, torturés, expulsés, spoliés et parfois assassinés. Des décrets officiels ont été promulgués leur déniant les droits les plus élémentaires. Beaucoup furent expropriés et déchus de leur nationalité. Ce fut le cas notamment en Iraq, en Egypte et en Lybie. En Syrie ils ont été discriminés mais interdits d’émigration. Ces violations des droits de l’homme en écho à la création de l’Etat d’Israël n’ont jamais été prises en compte dans la recherche d’une solution au conflit.


Réfugiés juifs d’Egypte

Au total il y semble y avoir eu 850.000 juifs contraints à s’expatrier hors de dix pays arabes du seul fait de l’hostilité de ces régimes contre Israël. La plupart d’entre eux n’avaient aucun rapport avec le conflit, mais furent néanmoins persécutés parce que juifs. L’Etat d’Israël a intégré ceux qui en exprimé le souhait et leur a accordé la citoyenneté. Le monde arabe, en revanche, à l’exception de la Jordanie, a séquestré les réfugiés palestiniens dans des camps et les utilisent jusqu’à ce jour à des fins politiques.

Depuis sa création en 1968, la Commission des Droits de l’Homme des Nations-Unies a adopté 132 résolutions en faveur des réfugiés palestiniens, mais pas une seule en faveur des réfugiés juifs, pourtant victimes du même conflit. Il y eut de nombreuses tentatives pour attirer l’attention des Nations Unies sur leur sort, mais aucune n’a jamais abouti. Alors qu’il existe dix organisations qui s’occupent des réfugies palestiniens sous les auspices de l’ONU, pas une seule n’a été chargée de s’occuper des juifs.

La Résolution 242 des Nations-Unies stipule que les parties veilleront à une « solution juste du problème des réfugiés », ce qui implique qu’il n’y pas à distinguer entre arabes et juifs. Aucune des personnalités qui ont bien voulu offrir leurs bons offices n’ont jamais pensé à souligner le fait que formulation de la Résolution 242 impliquait qu’il y avait des réfugiés des deux côtés.

Pourtant l’accord de paix avec l’Egypte de 1979, celui avec la Jordanie de 1988, la Conférence de Madrid de 1991, les accords d’Oslo de 1993 et la Feuille de Route de 2003 font toutes allusion aux réfugiés sans spécifier lesquels.

On pourrait se demander pourquoi l’Etat d’Israël lui-même n’avance cet argument que de manière discrète. La raison en est vraisemblablement qu’il veut tourner la page en posant que les souffrances des uns valent bien celle des autres, et que chacun doit panser ses blessures, et penser à aller de l’avant.

par Daniel Horowitz, Observateur

Le Monde.Fr

NDLR – Voilà une excellente participation de Monsieur Daniel Horowitz parue sous la rubrique idées du Monde, notre seule remarque porte sur le conflit qui devrait être qualifié d’israélo-arabe, et dont les Palestiniens ne sont qu’une partie de l’enjeu. Le regret tient au fait que c’est encore une voix juive qui est porteuse de ce discours. Mais ne faisons pas la fine bouche, car trop de choses méritent d’être dites et celles-ci en font partie.

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

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Alainlvy

«  » » »Bonjour Monsieur,

Ci-joint le lien :

http://www.lemonde.fr/idees/chroniq

On s’abstiendra de tout commentaire aussi désagréable que le post. Quant aux trackers dans les liens, on ne comprend pas de quoi vous parlez.

Cordialement » » » » »

Merci cousin, Moché Cohen Sabban,faudrait dire a tous ces dirigeants israeliens imbeciles ,par consequent que la question des refugiés « palestiniens » NE SE DISCUTE PAS.
Dans la cas contraire realisons donc une compatabilité « malus bonus » nos hotels …comptes en banque…habitations abandonnées…synagogues dont certains sefarims sont en or incrustés de diamants!….des juifs des pays arabes,contre des terres arides et des « jardins en friche »
NE NOUS OUBLIEZ PAS MESSIEURS LES NEGOCIATEURS.
PAS de discutions avec Bou Mazen ,pas de retour de refugiés et surtout pas de folies compensatoires pecunieres,dont vous nous gavez depuis des lustres!
JUSTICE!!!
Alain Levy
Marseille

yacotito

excellent article en effet. Il nous donnent en effet un argument de poids dans nous échanges avec des interlocuteurs à priori hostiles. Mais peut-on convaincre un drogué de ne pas se shooter, c’est là que réside le problème !

Si Israël vendait des hydrocarbures à prix cassé, cela pourrait rétablir l’impartialité comme par miracle.

Pourriez vous préciser pour les trackers.
qu’est-ce et comment ça marche ?

Armand Maruani

Toutes mes excuses JForum , j’avais inversé mes posts . J’ai trouvé l’article avec le titre de votre message, tout simplement . .

Moshé COHEN SABBAN

Bonjour Monsieur,

Ci-joint le lien:

http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/10/03/les-oublies-du-conflit-israelo-palestinien_1581165_3232.html

On s’abstiendra de tout commentaire aussi désagréable que le post.
Quant aux trackers dans les liens, on ne comprend pas de quoi vous parlez.

Cordialement

KM

Oui effectivement. Mon Grand-Père qui a vécu en Egypte a été expulsé en 1956, avec pour tous bagages 2 valises. Sa maison de 12 pièces a été confisquée et ses comptes en banque bloqués. C’est avec femme, enfants et petits enfants en bas âges qu’ils sont arrivés à ASHDOD, qui n’était alors que des dunes de sable, et ils ont vécu pendant 2 ans sous des tentes dans un camp de transit. Un Kibboutz des alentours leur fournissait eau et vivres. Aucune compensation n’a jamais été donnée par les pays arabes à ces 850 000 Juifs expulsés pour ces biens qui leur ont été confisqués. C’est seuls, armés de leurs courage, qu’ils ont reconstruit leur vie sans broncher et sans aucune aide. Pour ceux qui sont venus en France, je me souviens qu’étant petite, nous allions mes parents et moi aider ces Juifs d’Afrique du Nord débarqués à CRETEIL dans le froid, et c’est uniquement avec l’aide des Juifs et de la Communauté Juive qu’ils ont pu regagner un peu de dignité et non pas l’aide de l’Etat Français.
Point d’allocations, point de logements gratuits, point de manifestations, point de « mort à la France » criés à tout va dans la rue etc. Ils se faisaient tout petits, et n’espéraient qu’une chose, c’est que leurs enfants puissent faire des études, et ce afin d’avoir un métier qui leur permettrait d’avoir une vie décente.

Armand Maruani

Bonjour Patrick ,

Je viens de le lire à l’instant , je vous envoie le lien .

Armand Maruani

Chronique d’abonnés
Les oubliés du conflit israélo-palestinien

par Daniel Horowitz, Observateur
02.10.11

patrick

Désolé mais cet article est totalement introuvable sur le site du « Monde », que ce soit en feuilletant la rubrique « {{idées}} », en faisant une recherche sur « {{les oubliés du conflit}} » ou sur « {{Daniel Horowitz}} » …

A part ça vous pourriez arréter de faire du marketing agressif et de mettre des trackers dans les liens de vos mails, je trouve pas ca très élégant. Pour le reste bonne continuation.