Le président du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), Antonio Cassese, a invité jeudi les quatre membres du Hezbollah inculpés dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat en 2005 de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri à comparaître devant le tribunal.
« Leur participation active (à la procédure) demeure la meilleure garantie d’un procès juste et équitable. J’invite par conséquent tous les inculpés à comparaître devant le tribunal », a déclaré M. Cassese dans une lettre ouverte dont une copie a été transmise par courriel à l’AFP.

Les autorités libanaises avaient remis un rapport mardi au TSL expliquant qu’elles n’avaient pas réussi à interpeller les quatre hommes et à leur signifier personnellement l’acte d’accusation dressé contre eux.

Après l’examen de ce rapport, M. Cassese aura la possibilité d’ordonner que l’acte d’accusation, ou une partie de celui-ci, soit signifié aux accusés par le biais d’une annonce publique dans les médias libanais.

Selon le procureur du TSL, Salim Ayyash, 47 ans, Moustafa Badreddine, 50 ans, Hussein Anaissi, 37 ans, et Assad Sabra, 34 ans, membres du Hezbollah, sont responsables de l’attentat à la camionnette piégée qui a provoqué la mort de Rafic Hariri et de 22 autres personnes à Beyrouth le 14 février 2005.

Visés dans l’acte d’accusation déposé le 17 janvier par le procureur Daniel Bellemare et confirmé le 28 juin par le juge de la mise en état Daniel Fransen, les quatre hommes font l’objet de mandats d’arrêt émis par le TSL et d’une « notice rouge » émise par Interpol.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait exclu lors d’un discours début juillet l’arrestation des quatre suspects. Le parti chiite estime que le TSL est un « complot israélo-américain » visant à le détruire en lui faisant endosser le meurtre de M. Hariri.

« Toute allégation selon laquelle nous serions sous l’influence de certains pays est simplement grotesque », a affirmé le président du TSL : « le tribunal ne condamnera jamais personne dont la culpabilité n’aura pas été prouvée au-delà de tout doute raisonnable ».

Les quatre suspects sont notamment poursuivis pour « complot », MM. Ayyash et Badreddine étant en outre accusés, entre autres, de la « commission d’un acte de terrorisme au moyen d’un engin explosif » tandis que MM. Anaissi et Sabra sont poursuivis pour leur « complicité » dans l’assassinat.

Le TSL peut tenir des procès « in absentia », c’est-à-dire par défaut, en l’absence d’un accusé, si son arrestation n’intervient pas dans certains délais.

« La marche vers la justice est inexorable et, dune manière ou dune autre, un procès finira par se tenir », a soutenu M. Cassese.

Le TSL est à l’origine de la crise qui avait fait tomber en janvier le gouvernement d’union de Saad Hariri –fils de Rafic– après la démission des ministres du camp du Hezbollah, soutenu par l’Iran et la Syrie voisine.

Le parti chiite et ses alliés sont majoritaires au sein du gouvernement du nouveau Premier ministre libanais, Najib Mikati.

LA HAYE, 11 août 2011 (AFP)

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