La France s’est prononcée lundi pour la mise en oeuvre d’une « transition démocratique » en Syrie, jugeant qu’en raison de la « poursuite des atteintes massives aux droits de l’homme », « le temps de l’impunité est révolu pour les autorités syriennes ».
« Une transition démocratique répondant aux aspirations légitimes de la population syrienne doit être mise en oeuvre », a indiqué Christine Fages, porte-parole adjointe du ministère des Affaires étrangères, lors d’un point presse, voyant dans l’annonce récente par Damas de la tenue d’élections une « manoeuvre dilatoire ».
Condamnant « la poursuite de la répression à grande échelle en Syrie qui aurait fait une cinquantaine de morts hier (dimanche) à Deir ez-Zor et dans la région de Homs », Paris estime que celle-ci ainsi que l’arrestation samedi de Walid al-Bounni, figure de l’opposition démocratique syrienne, « ne permettent pas d’accorder un quelconque crédit aux nouvelles annonces faites par les autorités syriennes concernant la tenue de futures élections libres et transparentes, qui apparaissent ainsi comme une nouvelle manoeuvre dilatoire ».
La France réitère « sa vive préoccupation, fortement exprimée la semaine dernière par le Conseil de sécurité des Nations unies, devant la poursuite des atteintes massives aux droits de l’homme, avec l’usage des chars et les tirs à balles réelles contre la population civile, les arrestations et les tortures », a ajouté la porte-parole adjointe.
« Cette préoccupation est largement partagée par les pays de la région comme l’ont montré les récentes déclarations de la Ligue arabe et le rappel par l’Arabie Saoudite de son ambassadeur à Damas », a-t-elle affirmé.
Pour la première fois depuis le début en mars de la contestation populaire du régime syrien, la Ligue arabe a appelé dimanche les autorités syriennes à mettre « immédiatement » fin aux violences.
Rompant avec la traditionnelle discrétion de sa diplomatie, l’Arabie saoudite a rappelé son ambassadeur pour signifier son exaspération après l’échec de ses contacts avec le régime de Bachar al-Assad pour obtenir un arrêt de la répression.
PARIS, 8 août 2011 (AFP) –
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