Deux civils ont été tués lundi à l’aube par les forces de sécurité à Hama, ville rebelle du centre de la Syrie, où l’armée a lancé dimanche une vaste offensive qui a fait une centaine de morts, a indiqué Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
« Des tirs nourris ont été entendus à l’aube dans le quartier de Hamidiyé à Hama. Deux personnes sont mortes lors des perquisitions des forces de sécurité dans ce quartier », a affirmé M. Abdel Rahmane, indiquant que les deux victimes ont été touchées à la tête.
Cent civils ont été tués dimanche à Hama par des tirs des forces de sécurité qui accompagnaient l’armée lorsqu’elle a pénétré en force dans la ville, selon Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne de défense des droits de l’Homme (LSDDH).
Au total, 139 personnes ont trouvé la mort dimanche à travers la Syrie, touchées par des tirs des forces de sécurité, deux nouveaux morts ayant été recensés près de Hama et un troisième près de Damas, à Kessoua.
« Deux personnes ont été tuées par les milices loyales au régime dans le village de Maar Daftine près de Hama, et une troisième à Kessoua, près de Damas », a affirmé l’OSDH.
Selon la télévision publique syrienne, citant le ministère de l’Intérieur, qui impute depuis le début les troubles à des bandes armées, « huit policiers ont été tués lors d’affrontements dimanche à Hama avec des groupes terroristes armés ».
Ces derniers « ont attaqué des édifices publics et de la sécurité et ouvert le feu sans discrimination dans la ville pour terrifier les habitants », a affirmé la télévision.
« Toutes les informations faisant état de l’entrée de chars dans la ville de Hama sont sans fondement », a-t-elle ajouté, citant une source militaire.
« Des divisions de l’armée ont été attaquées par des groupes terroristes armés à Hama, alors que les soldats tentaient d’ouvrir la route internationale qui relie cette ville aux autres régions. Cette route avait été fermée par ces groupes armés », a assuré la télévision.
Par ailleurs, selon l’OSDH, dans la nuit, à Homs (centre), les forces de sécurité ont « ouvert le feu sur des manifestants dans plusieurs quartiers. A Khaldiyé près de la mosquée al-Nour, les tirs étaient très intenses », selon l’ONG.
Des manifestations nocturnes ont eu lieu dans plusieurs villes après la prière des Tarawih, qui a lieu le soir après la rupture du jeûne durant le ramadan. Ce dernier a commencé lundi, mais la prière des Tarawih débute la veille du premier jour de ce mois sacré.
Dans la région de Damas, des manifestations nocturnes se déroulées à Irbine, à Qoudsaya et à Douma, où des milliers de personnes sont descendues dans les rues malgré une forte présence des forces de sécurité. Les manifestants ont scandé des slogans soutenant les villes de Hama et de Deir Ezzor (est), selon la même source.
A Mouadhamiya, près de Damas, plus de 350 personnes ont été interpellées depuis dimanche. « Les forces de sécurité ont lancé des perquisitions dimanche soir à 23H00 locales. De nombreux jeunes ont fui la ville et les personnes arrêtées ont subi des actes de torture », selon les militants.
Depuis le début de la contestation le 15 mars contre le régime de Bachar al-Assad, la répression a fait quelque 2.000 morts, dont plus de 1.600 civils, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.
NICOSIE, 1 août 2011 (AFP) –
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